31.8.17

Ana Mor trouve lions


  Encore des lions, mais pas que...
  Divers éléments m'ont conduit à associer l'affaire Rose-Croix au Lion Caché, essentiellement la geste lupinienne, et notamment La Comtesse de Cagliostro (1923), où Joséphine Balsamo se présente en 1894 comme fille de Cagliostro, née le 29 juillet 1788. Arsène, alors Raoul, tombe fou amoureux d'elle malgré ses 106 ans, et délaisse sa "fiancée" Clarisse, enceinte de ses oeuvres, ce qui semble une allusion directe à Clarissa Harlowe de Richardson, dont l'édition des romans en 18 volumes sera au coeur de l'intrigue de La lettre d'amour du roi George (1928), où Lupin, sous le nom Jim Barnett, retrouve la lettre perdue pour les Lovendale, nom que je sais depuis peu signifier "vallée des lions".
  C'est ce texte qui m'a conduit il y a 21 ans aux formules ROMANAMOR et LOVENOVEL, et plus récemment en mai à ROM ANA MOR, prélude à un filon qui ne semble pas près de se tarir.

  En achevant le billet précédent, la relecture du billet sur Hoban m'a fait redécouvrir ce qui m'y avait mené, l'assimilation des lettres bornant l'alphabet ogham, Beth et Jodha, aux colonnes du Temple de Salomon, Boaz et Jakin, ou encore aux animaux Vache et Lion.
  Les lettres J et B symbolisent pour les Francs-Maçons ces colonnes Jakin et Boaz, et on peut imaginer des intentions ésotériques de Leblanc, avec les intiales JB de Joséphine Balsamo ou de Jim Barnett, par exemple, ou RC pour le couple Raoul-Clarisse. Quelles qu'eussent été ses intentions, c'est un fait que cette piste ésotérique a fait florès, avec notamment les romans ésotériques de Raoul de Warren. Le premier d'entre eux, écrit en 1947, fait intervenir Cagliostro en personne en 1944, avec un enquêteur nommé Raoul Cernin, un nom composé à partir de deux avatars lupiniens, initiales RC comme Rose-Croix.

  J'ai par ailleurs montré ici que le trio Plantard-Cherisey-Sède semblait s'être inspiré de Leblanc pour alimenter leurs recherches pseudo-historiques, avec notamment l'apparition de la formule Ad Lapidem Currebat Olim Regina dans l'affaire castelrennaise, énigme imaginée par Leblanc dans La Comtesse de Cagliostro. La solution est l'acronyme Alcor, plus petite étoile de la Grande Ourse. Les ours obsédaient Plantard et Cherisey, et ce dernier a imaginé un Sceau de Salomon à l'échelle de la France, centré sur Saint-Ursin.

  J'en arrive à une récente découverte. Le vrai Cagliostro a passé les dernières années de sa vie emprisonné à la forteresse de San Leo, où il est mort le 26 août 1795, il y a 222 ans.
  La forteresse est bâtie sur un roc abrupt, avec une première enceinte délimitée par trois tours rondes, deux grandes tours rondes, à gauche et au milieu ci-contre, et une petite tour, le torroncino, à droite. La bâtisse construite sur la place d'armes compte, elle, trois tours quadrangulaires.

  Deux fois trois tours pour un lion sanctifié (et le billet du 6 août m'a fait découvrir la commune de naissance de JH Fabre, Saint-Léons), ceci m'éveille maints échos, avec les châteaux triangulaires de Wewel et Sisak découverts grâce au jeu biblique Babel Sesak et aux lions polonais et tokharien lwew et sisak.
  Il y a encore le château de Montalban que Sinoué a imaginé triangulaire pour les besoins de l'intrigue de son Livre de saphir, au centre d'un Sceau de Salomon (SdS) à l'échelle de l'Espagne, avec des rôles majeurs pour le León et pour Babel. J'ai insisté à maintes reprises sur ces triangulations, jusqu'au précédent billet.

  Alors Wewelsburg promis à devenir le centre de l'empire SS, Sisak symbole de la résistance croate aux nazis, Saint-Ursin au coeur du SdS hexagonal, Montalban au coeur du SdS ibérique, ça porte à se demander ce qu'on pourrait faire du Saint-Léon ultramontain...
  Je remarque d'abord que Saint Ursin est fêté le 9 novembre, et Saint Léon le 10... Par ailleurs l'autre prisonnier célèbre de San Leo a été en 1844 Felice Orsini, lequel tenterait en 1858 d'assassiner Napoléon III (le nom Orsini a pour origine "ours", tandis que le nom corse Napoleone est souvent relié au "lion"). Avant d'être détrôné par le lion, l'ours a été considéré comme le roi des animaux.

  Je ne vois pas comment construire un SdS autour de San Leo, et j'ai eu l'idée d'étudier les localisations des lieux concernés, en y incluant Babil et Cessac, qui n'ont d'autre particularité (jusqu'ici) que d'être des toponymes ressemblant furieusement à BBL-SSK, et d'être proches dans un même département (33!). Cessac est sur la latitude N 44° 44'.
  La disposition des 7 lieux m'a fait les relier à la manière dont sont reliées les étoiles de la Grande Ourse, que j'ai superposée à la même échelle. J'ai aussi fait figurer le schéma des abbayes normandes donné par Leblanc, quelque peu différent de la constellation.
  C'est avec cette constellation que les ressemblances sont les plus patentes : en plaçant les étoiles extrêmes sur Wewel et Montalban, les alignements Wewel-Sisak et Ursin-Leo se confondent pratiquement avec les axes Dubhe-Merak et Megrez-Phekda, les côtés de la "casserole". Certes Sisak et San Leo sont bien plus loin sur ces alignements.
  La proximité d'Alioth avec le groupe Babil-Cessac est remarquable.
  La plus grande distorsion opérée par Leblanc concerne précisément Alioth, très éloignée de sa position réelle pour pouvoir correspondre à Saint-Wandrille. La brisure qui s'ensuit est proche de la brisure Babil-Cessac de mon tracé. Par ailleurs le jeu de Leblanc avec Jumièges correspondant à Mizar, se confondant presque avec Alcor, pourrait aussi être rapproché de la proximité Babil-Cessac.

  Il me semble encore utile de rappeler que, pour les nazis, Wewelsburg était la pointe d'une lance dirigée vers le Nord, en grec Arktos, l'Ours. L'axe Merak-Dubhe, se confondant ici avec Sisak-Wewel, est utilisé pour repérer l'étoile Polaire. Dubhe est l'arabe pour "ours" qui correspondrait à un lion renversé, lewew.

  La comtesse de Cagliostro a un serviteur fidèle qui l'assiste dans toutes ses entreprises, Léonard.

  Avant de passer à autre chose, je rappelle que ce billet commentait diverses fictions sur Cagliostro, notamment le Château de Cagliostro, une aventure du Lupin japonais, Rupan III.

  En enquêtant sur Lovendale-Loewental, j'ai découvert un recueil de nouvelles récent (2014) de Tatiana de Rosnay, Café Lowendal. La nouvelle-titre montre une écrivaine à succès, Gabrielle, contactée par Victoria, ancienne maîtresse d'un homme qu'elle a aussi aimé, aujourd'hui disparu. Victoria fait part à Gabrielle de son désir d'écrire et lui demande des conseils; Gabrielle s'y prête, malgré la naïveté des pages que lui propose Victoria. Leurs conversations lui donnent l'idée d'un roman sur l'homme qu'elles ont aimé, roman qui rencontre un grand succès, mais la subtile Victoria l'avait insidieusement manipulée, et elle avait avant leur rencontre écrit et déposé à la Société des Auteurs une nouvelle très proche du roman de Gabrielle...
  A noter que la plus célèbre Victoria est la reine d'Angleterre, petite-fille de George III, alors que les Lovendale appartiendraient aussi à cette lignée royale, par leur aïeule Dorothée qui a conservé les preuves de sa liaison avec George IV dans les romans de Richardson.

  Je rappelle que c'est le roman Mör de Johana Gustawsson qui m'a fait découvrir, via les frères Coeur-de-Lion, le suédois lejon, puis le norvégien løven, "lion", et conduit à comprendre enfin le sens de Lovendale.
  Les recherches associées m'ont mené au film finnois Le coeur d'un lion, où un néo-nazi raciste devient amoureux d'une fille qui a un enfant noir. Ceci l'amène à réviser ses positions, et à se fâcher avec ses anciens amis, notamment son demi-frère Harri. Je doute que ce nom ait été choisi d'après l'hébreu ha-ari, "le lion" (voir le billet précédent).

  Nous avons revu récemment la série Believe, en français, que nous avions déjà vue en VO début 2014. C'est comme Touch l'histoire d'un enfant qui a des dons paranormaux divers, et qui est aidé par son père d'une part pour donner une application pratique à ses visions, d'autre part pour échapper aux méchants qui veulent exploiter ces dons à des fins mauvaises.
  Cette nouvelle vision a permis des découvertes ou redécouvertes, ainsi la guest star du premier épisode est Rami Malek, dont j'ignorais tout en 2014, mais qui a  fourni le titre d'un billet d'août 2016, L'ami Marek. Malek y joue ici le médecin Terry, qui veut abandonner sa profession, et Bo essaie de l'en dissuader en lui faisant valoir qu'il a guéri la chanteuse Senga, ce qui ne dit rien au docteur. C'est que Bo ne maîtrise pas assez ses dons pour dater ses visions, et que l'événement n'est pas encore survenu. Terry va changer d'avis lorsque les urgences accueillent la chanteuse Agnes...

  J'avais commenté ici les ressemblances entre l'épisode 3 de Believe, Origin, et l'épisode 2 de Touch, 1+1=3, où Jake permet au prêteur sur gages Arnie Klepper de retrouver sa fille. Dans Believe, Bo retrouve le fils perdu de Leona Delkash chez un prêteur sur gages. Une Leona, "lionne", et un intermédiaire des retrouvailles entre Arnie et sa fille est le chien Lyov, "lion" en russe (que j'avais renversé en Voyl, le premier disparu de La Disparition de Perec). Je n'ai jamais jusqu'ici relié cette Leona aux lettres LEONA apparues dans l'identifiant d'une illustration de Quaternité, voir notamment le précédent billet.
  Si j'avais scindé le titre de la série en BEL-IEVE, Bel dieu de Babel et IEVE dieu de Jérusalem, je n'y avais pas encore remarqué la séquence LIEV, autre forme slave de "lion"

  Une totale surprise fut le 13e et dernier épisode de la série, qui n'a eu qu'une saison. Nous n'avions pas vu cet épisode, Perception, qui n'avait pas fait partie de la diffusion originale aux USA. Son scénario s'écarte de la trame générale de la série, et c'est tout à fait bizarre qu'il y ait eu aussi un 13e et dernier épisode à part de la 1e saison de Touch, The road not taken, dont le scénario s'écarte aussi de la trame générale de la série.
  A part ça, les deux épisodes ne semblent avoir en commun que de se passer dans une petite ville où tout le monde se connaît. Je donne quelques détails supplémentaires sur le billet consacré aux deux séries, mais je reviens sur un point important. L'épisode de Touch a un titre doublement significatif, puisqu'il montre Martin Bohm passer par hasard dans la petite ville d'Oregon où il a débuté dans le journalisme, et y retrouver sa petite amie d'alors, Beth (!) Young (!), mariée avec deux enfants, Sam (voir Sam en Beth) et Mia. Il imagine ce qu'aurait pu être sa vie s'il était resté sur les lieux, cette "route non prise", mais l'épisode fait partie d'une voie scénaristique qui a vraisemblablement été abandonnée lorsque la production a imposé certains critères pour la seconde saison.


  Le nombre clé de l'épisode est 67, mais ce nombre ne fait pas partie de la "Suite d'Amelia", formée des 25 nombres clés des 25 autres épisodes des deux saisons, ce qui souligne le statut particulier de cet épisode. Au bureau du journal où a jadis travaillé Martin, Jake coche les 6 et les 7 sur un calendrier, ce qui peut faire apparaître ici 627, le nombre fétiche de JJ Abrams, producteur de Believe (il est né un 27 juin, 6/27 à l'américaine). Mais son rôle semble être faible sinon inexistant dans la scénarisation, où n'apparaissent pas de jeux chiffrés comme dans Lost ou Fringe.
  Dans 10 Cloverfield Lane, film produit par JJ Abrams, apparaît un 6:27 au début, fin d'un appel téléphonique qui a commencé à 6:26 pm.
  S'il faut préciser, il est exceptionnel que soient tournés des épisodes qui ne feront pas partie de la diffusion normale d'une série, épisodes qui coûtent des millions de dollars, et il est déjà fabuleux que cette exception concerne deux séries aux sujets très proches. Il devient ahurissant que l'épisode de Touch en 2012 fasse apparaître la séquence 627 qui est le nombre fétiche de JJ Abrams, producteur de Believe en 2014.

  Ceci pour en venir à mes propres nombres fétiches, parmi lesquels 4444. Lorsque j'ai découvert le 8 septembre 2008 le motif 4-1 de la vie de Jung autour du 4/4/44, le nombre 4444 m'est devenu extrêmement significatif, et j'ai été ensuite attentif aux éventuelles occurrences de ce nombre, notamment sur les plaques minéralogiques.
  Malgré une certaine attention, n'allant tout de même pas jusqu'à faire le tour des parkings pour examiner tous les véhicules, le nombre guetté n'est apparu que le 15 août 2010 (706 jours après le 8/9/2008), à Quinson, peu après l'écriture du billet Forever Jung où il était question du nombre 627 dans le film Forever Young, dont JJ Abrams avait écrit le scénario.

  La seconde immatriculation 4444 repérée est venue le 10 janvier 2012, pour une voiture croate rencontrée au carrefour des D907 et N85. Je l'ai suivie jusqu'à Digne où j'ai pu la photographier. Ceci se passait 513 jours après la première 4444, un nombre qui ne m'éveillait alors aucun écho particulier.

  Rien ensuite pendant plus de 5 ans, mais je suis beaucoup moins attentif maintenant aux plaques minéralogiques, et depuis 3 ans j'habite à côté du village d'Esparron, où je vois beaucoup moins de voitures qu'à Mézel.
  Jusqu'à ce 23 août 2017, où en sortant du parking de l'Intermarché de Riez, je dus jeter un oeil à droite pour vérifier qu'aucune voiture n'arrivait, et la voiture qui était garée au bout de la rangée était une allemande OD ** 4444. Je n'avais pas d'appareil photo avec moi pour capturer l'événement qui, à ce stade, n'avait rien d'époustouflant, mais tout a changé lorsque j'ai regardé les dates des précédentes rencontres. Du 10/2/2012 au 23/8/2017 il y a 2052 jours, et 2052 c'est 4 fois 513, un nombre qui m'est devenu important en janvier 2015.
  Mon premier billet esparronnais, meshane maqom, m'a en effet conduit à une découverte unissant les noms anglais des 8 premiers nombres de la suite de Fibonacci:
ONE+ONE+TWO+THREE+FIVE+EIGHT = 13x21 (=273)
1x1x2x3x5x8  = THIRTEEN+TWENTYONE (=240)
  On peut encore écrire, avec les nombres soulignés correspondant aux valeurs de leurs noms :
1+1+2+3+5+8 + 13+21 = 1x1x2x3x5x8 + 13x21 = 513

  Ainsi les dates des trois immatriculations 4444 forment un motif journalier 1-4, avec un nombre unitaire qui m'est significatif, alors que le motif journalier 4-1 autour du 4/4/44 m'avaient aussi livré un nombre unitaire connu, 6272.

  Cette dernière voiture 4444 est arrivée 3 jours après notre vision de l'épisode spécial de Believe, ce qui m'a conduit à revoir l'épisode spécial de Touch, et à y remarquer les jours 26-27 cochés par Jake (mêmes chiffres que 6272).

  Je note aussi que mon précédent billet était daté du 15 août, pas par hasard pour l'Assomption de Marie, mais je ne pensais pas du tout alors à ma première vision d'une voiture 4444 le 15 août 2010.

  Le fait que la dernière voiture soit allemande n'est pas non plus sans écho. Son immatriculation débutant par OD indique une provenance de Bad Oldesloe, petite ville à 270 km du Wewelsburg. La voiture croate ŠI venait de Šibenik, à 200 km de Sisak. Si je suis revenu à maintes reprises sur Wewel-Sisak, ce présent billet apporte quelques innovations, faisant notamment intervenir trois lieux en France.

  Le 25 août passage à Manosque où une librairie avait en devanture un nouveau NEO, La gloire des maudits, dont la date de parution officielle est le 23 août.
  La 4e de couv' m'a convaincu d'acheter l'ouvrage, lequel semblait traiter d'imposture littéraire démasquée par l'héroïne, Gabrielle Valoria, un nom m'évoquant les deux protagonistes de Café Lowendal, Gabrielle accusée de plagiat par Victoria...
  Et il y a du Léon dans l'affaire... En 1915 Sidonie Porel s'est attribuée la seule paternité d'un roman qu'elle avait écrit avec son amant Léon Drameille, qu'elle pensait mort à la guerre. 40 ans plus tard, alors que Sidonie est devenue la première dame des lettres françaises, présidente du jury Goncourt, Léon ne peut supporter qu'on parle d'elle pour le Nobel, et il propose début 1955 à Gabrielle d'enquêter sur Sidonie pour déboulonner son image.
  Si l'imposture littéraire n'est finalement pas l'objet principal du roman, j'y trouve une autre curiosité "léonine" qui me rappelle le jeu fibonaccien 34-21 vu dans un autre roman de NEO. Sidonie meurt fin 1955, et le roman débute par une nécrologie signée Robert Kemp, signalant son admission en 34 à l'académie Goncourt, au fauteuil de Léon Hennique. Or ce LEON est mort le 25 décembre 35 (NOEL !), et son successeur a été nommé en 36, Léo (!) Larguier.
  Pourquoi cette date de 34 alors? et y a-t-il une raison pour laquelle le roman se passe entièrement en 55? Sidonie précise en 55 qu'elle est membre depuis 21 ans du jury, qu'elle préside depuis 44.

  Sidonie est couramment nommée Sido dans le roman, et j'avais presque aussitôt après avoir vu la voiture allemande OD ** 4444 pensé à la croate ŠI 4444 **, et aux notes Si Do.
  Un autre personnage de première importance du roman est Mila... Ses deux dernières parties, La romancière et L'ombre, désignent les personnages Sido et Mila. Rémi (moi) aura sans doute à en reparler.

  J'avais d'autres lions à l'esprit en débutant ce 232e billet, auquel j'ai trouvé rapidement un titre de valeur 232, à partir du mot REVOLUTIONS anagrammatisé en TROUVE LIONS. Il restait à trouver quelque chose de valeur 62 pour arriver à 232, et il s'est imposé ANA MOR puisque c'est le roman MÖR de johANA qui m'a conduit aux formes scandinaves du "lion".
  Je ne savais pas alors que le billet me conduirait à la Grande Ourse, et une autre anagramme de REVOLUTIONS est ON VIT L'OURSE.

  Le billet meshane maqom, exposant l'harmonie 513 des 8 premiers nombres de Fibonacci, m'avait fait mentionner mon 170e billet, Rêvolutions, pour le partage voyelles/consonnes 65/105 (ou 13/21) du nom PIERRE GOUILLARD (IEEOUIA/PRRGLLRD) du constructeur de notre nouvelle maison, identique à celui de REVOLUTIONS (EOUIO/RVLTNS).
  Rêvolutions m'avait conduit à constater que la suite 65-105-170 devenait en base 4 les palindromes 1001-1221-2222, cas particulier d'une loi générale décrite par la suite OEIS A245323.
  Le premier nombre de cette suite, 4, doit être écrit en système unaire pour avoir la forme FFFF (un nombre de rang impair dans la suite de Fibonacci répété 4 fois). S'il existait un système "quaternaire", où la base 4 serait représentée par 4 et non par 10, alors le nombre décimal 340 (2 fois 170) serait 4444 dans cette base quaternaire (4 fois 64 + 4 fois 16 + 4 fois 4 + 4 fois 1). La voiture ci-dessus est photographiée lors d'un rallye en octobre 61, quatre mois après la mort de Jung, et j'y note les lettres D-A correspondant au motif 4-1.
  340 est aussi la valeur dans l'alphabet numéral hébreu des lettres S-M, de rangs 21-13. Je termine et poste ce billet à l'une de mes dates fétiches, le 31/8 qui est aussi le 21/13 du calendrier pataphysique.

  Note: après avoir posté et vérifié ce billet, j'ai regardé ma boîte mèl, et j'avais un courrier reçu à 8:39 de Pierre Alliot, me demandant de mettre sur son site Spidimmo notre maison de Mézel, dont j'ai pourtant retiré en juin l'annonce sur Le Bon Coin, car un compromis de vente a été signé. Alliot m'évoque Alioth, une étoile de la Grande Ourse, et associé à Pierre une pierre sculptée par Jung à 83 ans, avec la légende Ursa movet molem, "L'ourse bouge la masse".

15.8.17

Manon parraina gran mowe


no hay caminos, hay que caminar

  Retour au Lion Caché du pénultième billet et aux lions plus apparents.
  Il est plutôt conseillé d'avoir quelques souvenirs de ce que j'ai partagé sur Quaternité depuis mars, au plus bref:
- la découverte dans Formules n° 9 (2005) de la grille de 81 lettres de Cyril Epstein, et de sa colonne centrale anagramme de NOM-PRENOM.
- la découverte dans El Ferrocarril de Santa Fives (2011) de la grille de 90 lettres de Robert Rapilly, et de sa colonne centrale anagramme de NOM-PRENOM (+I).
- ces 81 et 90 m'évoquent au premier chef le personnage ELISABETH LOVENDALE, à l'origine en 1996 de ma première trouvaille importante dans la littérature française récente, et je m'aperçois que LOVEN et DALE apparaissent dans la grande grille du SONÈ (en 2 carrés totalisant 100 lettres) publié dans le même numéro de Formules, ma première participation à la revue, comme celle d'Epstein, ou celle de Rapilly qui y était aussi présent pour trois grilles.
- je comprends enfin que Lovendale est une forme du nom Loewenthal, "vallée des lions", alors que le mot "lion" dans différentes langues a une part royale dans maints billets de Quaternité

- notamment dans celui-ci, avec l'étrange roman où Russell Hoban montre son héros Pilgermann paver un terrain de "lion caché", un motif que j'ai légèrement modifié pour y caser les 271 lettres d'un texte composé à partir des 81-90-100 lettres des grilles de Cyril, Robert, et moi.

  Le billet précédent m'a permis de relier Jung-Haemmerli (valeurs 52-84) aux lettres LO-VEN de ma grille, qui, dans le texte décodé, ont les rangs (42+10=52)-(36+15+33=84).
  Le rapport 52/84 se simplifie en 13/21, couple fibonaccien qui semble me poursuivre, et l'identification de loven dale à "vallée des lions" me conduit à revenir à un cas repéré en 2012.

  Il s'agit du roman de Carlos Ruiz Zafón, Le jeu de l'ange (2008 pour la parution originale), dont une relecture m'a conduit à entrevoir des niveaux de complexité insoupçonnés à première lecture.
  La narration y suit David Martin, jeune auteur atteint d'une grave maladie. Il semble conduit à conclure un pacte avec le Diable, lequel le guérit en échange d'un livre que David doit lui écrire. David emménage dans la "maison de la Tour", où a vécu auparavant un autre écrivain ayant conclu un pacte semblable, Diego Marlasca, aux mêmes initiales que lui. Quelques détails, comme la conclusion du chapitre 19 de la 3e partie, amènent à douter de la fidélité de cette narration.

  Ce n'est pas mon problème ici. J'avais remarqué que David retrouve le couple Marlasca, Diego qui vit désormais sous l'identité Ricardo Salvador, 21 rue de la Lleona, et sa femme Alicia, qui habite 13 route de Vallvidrera. Ceci prend une autre tournure sachant que les mots catalans lleona et vall signifient "lionne" et "vallée". Il y a de plus une histoire de lettres cachées dans le roman, non pas les 18 lettres du roi George cherchées par les Lovendale, mais une "vingtaine" de lettres de la femme aimée de David, Cristina Sagnier (anagramme reginas, "reines"), cachées par la secrétaire de David, amoureuse de lui.

  Dans le même billet, le lleona catalan m'avait fait mentionner une découverte récente, due à un hasard sur lequel je ne reviens pas, celle des 5 majuscules LEONA achevant l'identifiant d'une illustration d'un des billets de janvier 2011 en hommage à mon ami Jean-Pierre Le Goff.
  Il s'agissait d'une vignette de l'album Demi-tour de Boilet-Peeters où Jean-Pierre Le Goff, lequel avait rencontré Boilet pour son album Le rayon vert, avait inspiré celui-ci pour le personnage caricatural d'André-Marie Le Goff dans Demi-tour (devenu André-Marie Arisu dans la version 2.0).
  Blogger attribuait alors aux images des identifiants en 4 parties de 11-10-11-11 caractères, et la dernière partie est 6_TfDmLEONA, ce qu'on peut en principe vérifier en plaçant le pointeur sur l'image.

  Alors que je rapprochais ceci de la rue LLEONA où habite Diego Marlasca, d'initiales DM significatives dans le roman, je n'avais pas vu que les caractères précédant LEONA dans l'identifiant étaient Dm.
  J'ai scanné l'image sur le premier Demi-tour, mais j'aurais aussi bien pu le faire sur la version 2.0, qui ne diffère que par quelques détails dans les bulles, où notamment Le Goff est devenu Arisu, prononciation japonaise de "Alice". Les responsables de cette modification en 1999, lors de l'édition japonaise de Demi-tour, ne pouvaient savoir que la fille de Jean-Pierre se prénommait Alice, et encore moins que le nom Arisu serait repris dans la réédition française de 2010, alors qu'Alice était devenue tuteur légal de son père, atteint d'Alzheimer.
  Je n'avais pas songé en 2012 à Alicia femme de Diego, ni à son nouveau prénom, Ricardo, alors que Ricardou était convoqué dans le même billet.
  Je n'avais pas pensé non plus que Jean-Pierre, né le 2 août 1942, était du signe du Lion.

  Le japonais ari, 蟻, signifie "fourmi", coïncidence déjà signalée avec Jean-Pierre auteur de L'écriture des fourmis, mais l'hébreu ari signifie "lion", rencontré dans le billet Naccipolis en diagonale dans une autre grille avec H-ARY, הארי, ha ari, "Le Lion", acronyme désignant le kabbaliste Isaac Luria.
  Je me souviens avoir été frappé dans ma lointaine jeunesse par le fourmilion, insecte qui creuse des entonnoirs pour piéger les fourmis, dont il est friand. Ce qu'en dit Fabre est disponible en ligne.

  Je rappelle que le nom en 18 lettres Elisabeth Lovendale, avec le N en 14e position, m'a conduit au motif 13-1-4, se traduisant en lettres par M-A-D, Marlasca-Alicia-Diego?

  Plus récemment est apparu dans mon cheminement le motif 13-1-21, se traduisant par les lettres mères hébraïques M-A-S, mais j'ai montré peu de scrupules à faire intervenir les formes MAS ou SAM dans notre alphabet.
  Un personnage secondaire du roman est la maîtresse de Diego Marlasca, Irene Sabino, dont le vrai nom est Maria Antonia Sanahuja, M.A.S.
  David Martin la rencontre alors qu'enquêtant sur Diego, lequel passait pour mort, il est venu voir sa tombe. Elle l'agresse avec un rasoir, et lui trace sur la poitrine une étoile à 6 branches.
  Pourquoi? on n'en saura rien, et dans le domaine diabolique c'est plutôt le pentacle qui est convoqué. Toujours est-il que l'étoile à 6 branches est appelée Etoile de David (ou Sceau de Salomon).

  Précisément, ce billet Uno más, Sam m'a conduit à représenter dans une Etoile de David les lettres mères A-M-S et leurs correspondances atbash B-Y-T, formant l'écriture développée de la lettre bet, "maison" ou "mas" ai-je été tenté de préférer, en Provençal d'adoption.
  Je ne sais comment je n'ai pu y penser alors, puisque ce schéma était directement inspiré du Livre de saphir de Sinoué, où le lion et la province de León interviennent dans un Sceau de Salomon à l'échelle de l'Espagne, mais, sachant que le lion se dit simba dans diverses langues africaines, j'aurais pu chercher s'il existait des formes telles que simbat, ou mieux encore tsimba, qui en lettres hébraïques formerait un parfait palindrome par atbash:
TSIMBA <> ABMIST
  Eh bien on rencontre les deux formes, et j'apprends ici que ce Tsimba est un lion blanc, et que les indigènes vénèrent les lions blancs qui seraient pour eux des anges envoyés par les Dieux.
  C'est le Jeu de l'ange qui a conduit David rue de la Lleona pour y rencontrer un Salvador qui n'a rien d'un "sauveur", car il trame (ou semble tramer) en cette année 1930 la mort de David.
  En 1930, un autre Ricardo, l'Argentin Ricardo Vacarezza, a des rêves obsessionnels qui le conduisent à consulter une psy jungienne et, indirectement, Jung lui-même, dans le roman de Sinoué Des jours et des nuits, lu le 31 août 2008, quelques mois après la parution de El Juego del Angel, premier roman espagnol à avoir eu un tirage initial d'un million d'exemplaires.

  J'avais découvert Sinoué le 2 août précédent, 66e anniversaire de Jean-Pierre Le Goff, lequel subissait déjà les premières atteintes d'Alzheimer. Ses Silences de Dieu, lutte entre Dieu et Diable se partageant le Nombre d'or, m'avaient conduit à lire d'autres Sinoué, à commencer par Le Livre de saphir qui était déjà en ma possession, mais je n'ai pas été frappé alors par son Sceau de Salomon à l'échelle de l'Espagne avec un rôle majeur pour le León, centré sur un château triangulaire.
  J'en avais tout oublié lorsque mes recherches jungiennes m'ont conduit en janvier 2009, via le docteur Haemmerli (marteau), aux jeux atbash du chapitre 51 de Jérémie, BBL-SSK (Babel et son codage Sesach) et YWH-MPÇ (les 3 lettres du Tétragramme et le marteau assimilé à Babel); le coeur(lion) hébreu LB(YA) m'a ensuite mené, via les lions polonais LWeW et tokharien SiSaK, aux châteaux triangulaires Wewel et Sisak, que j'ai superposés en un Sceau de Salomon.
  Tout est bon dans le lion.

  J'ai par ailleurs vu les ressemblances de structure entre Le Livre de saphir et Deuils de miel, de Thilliez, en 34 chapitres et 1 épilogue. Sauf que les 34 chapitres de Thilliez résultent d'une erreur de numérotation dans la collection Rail Noir, et mon caractère obsessionnel m'a fait lire tous les volumes de la collection, pour y découvrir deux autres erreurs de chapitrage parmi les 22 premiers volumes.
  Les erreurs sont dans les volumes 13-21-22, rangs des lettres MST dans l'alphabet hébreu, dont les inverses atbash sont YBA, rangs ou valeurs identiques, 10-2-1, somme 13.
  Ceci m'a fait considérer les 3 ensembles atbash de 3-3 lettres, permettant une répartition selon les Fibonacci 13-21-34:
ABY-TSM = 13-740 = 753
YWH-MPÇ = 21-210 = 231
BBL-SSK = 34-620 = 654
  La combinaison des 3 ensembles fournit le total 1638 = 3x546 ou encore 6x273. Je connais bien ces nombres, notamment 273 = 13x21, ainsi un jeu basé sur des combinaisons trilittères de valeurs 13, 21 et 34 = 13+21 conduit à une moyenne avec leurs atbash de 273 = 13x21...
  J'ai représenté ces résultats ici en utilisant les 18 triangles extérieurs du "Lion Caché" de Russell Hoban:
  En haut de gauche à droite en jaune les valeurs des lettres des combinaisons ABY-YWH-BBL, en mauve les totaux pour chaque combinaison.
  En bas de droite à gauche en jaune les valeurs des lettres des correspondances atbash TSM-MPÇ-SSK, en mauve les totaux pour chaque combinaison.
  Au centre le total 1638 = 6x273.

  Je remarque aujourd'hui que dans ce "lion caché" se cachait un autre lion, TSYMBA.
  Les deux autres triplets atbash,
YWH-MPÇ et BBL-SSK
totalisent les valeurs
231 + 654 = 885,
or 885 est la valeur dans notre alphabet des 81 lettres de la grille de Cyril, dont il donne pour lecture horizontale:
Gare opéra iwan. Manon roman pria à Wagner égrène main reine roi, mariage mir. Moon woman M. IO imprime
  Un découpage 231-654 est tout à fait possible, car sont essentiels dans la grille les prénom et nom Manon et Wagner, lesquels apparaissent dans la courte séquence formant un énoncé cohérent (ou presque):
Manon roman pria à Wagner

  Ces 5 mots et 21 lettres ont pour valeur 231, ils sont suivis de 47 lettres de valeur 521 (et précédés de Gare opéra iwan. = 133).
  Une séquence de 21 lettres de valeur 231 n'est pas quelconque car 231 est la somme des 21 premiers nombres. Il en allait de même avec les 18 lettres d'ELISABETH LOVENDALE, de valeur 171, somme des 18 premiers nombres.

  Ceci m'a donné envie d'en trouver une anagramme pour titrer ce billet qui se trouve être le 231e de Quaternité, et je suis arrivé à Manon parraina gran mowe, en pensant à la chanson Wimoweh qui est une déformation du zoulou Uyi Mbube, "Toi Lion"
  La chanson fut importée aux USA par l'ethnomusicologue Alan Lomax, lequel la transmit à Pete Seeger qui en fit Wimoweh. Je m'amuse de cet Alan alors que Nala est l'épouse du roi lion Simba dans les films de Disney, où la chanson Wimoweh est reprise, ce qui a permis aux ayants droit de l'auteur Solomon Linda de toucher enfin quelques subsides, 44 ans après la mort de Solomon (un Sceau a dû conclure l'arrangement).
  Tiens SIMBA = 44, et NALA = 28, 44/28 représentant le partage doré optimal de la somme 72.

   La chanson a été aussi un tube en France en 1962, année de la mort de Solomon Linda, avec la version d'Henri Salvador. J'avais illustré le billet S.N.C.F.Q.D. avec la pochette du 45 tours, pour le titre de la seconde face, mais avec quelques arrières-pensées puisqu'il était aussi question dans le billet de Léon et Léa, personnages de la collection Rail Noir.
  Je m'émerveille encore plus aujourd'hui de cette rencontre LION/SNCF, puisque les poèmes de Cyril et Robert sont ferroviaires. Je pense aussi à Marlasca/Salvador, habitant rue de la Lleona, puis rejoignant l'ENFER (je songe à l'anagramme RENFE des Ferrocariles d'Espagne) dans l'incendie de la maison de la Tour.

  Le seul mot non trivial que j'ai repris de la grille de Cyril est OPERA, parce que c'était une quasi-obligation, selon ma décision de faire apparaître dans chaque branche du Lion Caché une des combinaisons ouvrant les coffiots de Siniac.
  La 2e branche du Lion, la seule qui se lit "normalement" sur la figure proposée plus haut, était donc

א cadre pardi, ménélas mage nu, plan OPERA, ino maman boche
 
  Après coup, je me suis avisé qu'elle pouvait se lire aussi, en ne déplaçant qu'une lettre, sans contrevenir aux contraintes choisies:

א cadre pardi, ménélas magen, ulpan OPERA, ino maman boche

  Deux mots hébreux sont apparus, d'abord magen, dont la séquence était déjà présente. Ce mot signifie "bouclier", et il est particulièrement usité dans l'expression magen david, désignant ce que nous nommons "étoile de David". La "Croix"-Rouge est ainsi en Israël le Bouclier de David Rouge (comme en Islam le Croissant Rouge).
  Ensuite venait "U plan" que j'ai modifié en ulpan, substantif issu du verbe eleph, s'écrivant ALP comme la lettre aleph א, et signifiant "apprendre". Un ulpan est un cours accéléré d'hébreu essentiellement destiné aux nouveaux immigrants en Israël.

  Les nombres 231 et 654 m'évoquent quelques recherches récentes sur les nombres composés des chiffres 1-2-3, ou des chiffres 4-5-6, avec d'éventuelles correspondances entre eux, puisque les couples 1-6, 2-5, et 3-4 sont complémentaires sur le dé, une sorte d'atbash réduit à 6 éléments. Au passage je note que le nom de la lionne de Disney, nala, signifie "chance" en swahili. Dans le Livre de saphir, 3 des triangles composant un Sceau de Salomon ont été découverts au royaume de León, et les 3 autres seront découverts dans les royaumes de Castille, Aragon, Murcie, ce qui m'a conduit à la représentation ci-dessus.
  J'ai remarqué que les 3 couples complémentaires apparaissaient pour CARL (=34) JUNG (=52), mort en 61.

  Ceci m'amène à un final digne de ce 15 août, Assomption de Marie.
  Nous sommes encore pour quelques semaines en l'an 5777 du calendrier hébraïque, usuellement simplifié en 777.
  2017 est aussi l'année où un pitre est arrivé à la Maison-Blanche, le 20 janvier, âgé de 70 ans, 7 mois, 7 jours (Trump est né le 14 juin 1946, ce qui mènerait plutôt à 70 ans, 7 mois, 6 jours, mais admettons la possibilité).
  Ce double 777 n'est de toute façon qu'un signe supplémentaire pour ceux qui voient le retour du Christ annoncé pour le 23 septembre prochain (ou la Fin du monde selon d'autres); de toute manière je ne vais pas en tenir compte, mais j'ai le sentiment que les croyances peuvent influer sur la "réalité", pour autant qu'on puisse définir le réel, aussi j'invite à tourner 7 fois sa foi dans sa tête avant de croire à quoi que ce soit.

  Le point de départ est donc la prophétie des 4 lunes de sang, initiée en 2008 par Mark Biltz, pour lequel les 4 lunes rousses aux équinoxes de 2014 et 2015 signifiaient le Retour du Christ le 23 septembre 2015, peu avant la dernière d'entre elles (le 28 septembre). Si le phénomène de lune rousse n'est pas rare, la tétrade l'est plus, et Biltz voyait des événements marquants s'être produits lors des 3 seules autres tétrades survenues depuis 500 ans.
  Le verset 2,31 de Joël (YHWAL) vient à l'appui de la thèse: La lune se changera en sang, avant que vienne le grand et terrible jour de YHWH. Heureusement que les prophètes à la petite semaine ignorent souvent l'atbash, sinon ils auraient pu avancer l'argument que 2,31 ferait allusion à 231, valeur des 3 lettres YHW du Tétragramme et de leurs correspondances atbash MÇP.

  Début 2014, le pasteur opportuniste John Hagee a exploité le filon en publiant Four Blood Moons, qui a été un bestseller mais j'imagine qu'il n'a pas dû s'en vendre beaucoup d'exemplaires après le 23 septembre 2015, le Retour de Jésus ayant été fort discret.

  20 fois sur le métier... Les exégètes ont reconsidéré la question, et pris en compte les 1260 jours de l'Apocalypse (chapitre 12,6). Or le début du chapitre est  
Un grand signe parut dans le ciel : une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête.
  La femme est en train d'accoucher mais un dragon l'attaque et Dieu la met à l'abri pendant 1260 jours.
  1260 jours après la première lune de sang (en fait 1257, et l'aplomb avec lequel cette affirmation est assénée porte à considérer avec circonspection la suite), le 23 septembre 2015 réunit toute une série de signes:
- La femme représentée par la constellation de la Vierge aura, lorsque le soleil passera à côté d'elle, sa tête surmontée des 9 étoiles de la constellation du Lion, et d'un rare alignement de 3 planètes, Mercure, Mars et Vénus.
- La lune se situe alors aux pieds de la Vierge.
- La planète Jupiter vient de passer 9 mois dans le giron de la Vierge, et se décide à en sortir ce 23 septembre.
- Il est remarqué que la conception de ce Jésus astral à coïncidé avec Noël, naissance du premier Jésus.
- Une comète a menacé le bébé, mais Dieu a détourné sa trajectoire...

  Bien qu'une telle configuration soit assurée unique dans l'histoire (encore que selon un pasteur elle soit aussi apparue lors de la naissance d'Adam), le 23 septembre prochain je m'en foutrai autant que Brassens la veille (Un 22 septembre au diable vous partîtes...) J'imagine qu'on nous trouvera alors une autre date de retour du Messie, 1260 jours après le Signe semble judicieux (3 mars 2021).
  On trouvera en ligne diverses interprétations du "Sign of the Woman" : 13,8 millions de résultats aujourd'hui, parmi lesquels je note celui-ci qui fait intervenir le nombre d'or (et qui a l'avantage d'être court).

  Naïvement, je pense au "Signe WANMOR", l'écriteau CHATEAU WANMOR rencontré lors d'une balade le 14 septembre 2015 qui se trouvait être le premier jour de l'an 5776 du calendrier hébreu, peu avant la dernière des 4 lunes rousses. Deux mois plus tard, les coïncidences de la collection ferroviaire Rail Noir m'amenaient au motif 21-1-13, avec "un en plus" correspondant doublement à WANMOR.
  Sans ce "Signe WANMOR", je n'aurais sans doute pas prêté attention à la grille de Cyril Epstein en février dernier, où il m'a semblé voir scintiller ces lettres WANMOR.
  La grille de 2005 contient l'expression MOON WOMAN, bien avant que le "Signe de la Femme" foulant la lune ait été repéré. Au-dessus de WOM il y a un E permettant de composer MOWE, le Lion et ses 9 étoiles. Le N précédant WOM fait partie de la colonne INANNAMAR, lue Ishtar-Mar(duk), mais, puisque Inanna-Ishtar était le nom babylonien de Vénus, je suis tenté de voir dans cet alignement VENUS-MAR(s). Un MER pour MER(cure) est proche...
  La Manon de la grille fait référence à la Vierge Marie, pour Cyril (du grec kyrios, "seigneur").

  Il est aussi spécialement question des constellations du Lion et de la Vierge dans Pilgermann de Russell Hoban. De fait un autre aspect du Hidden Lion, le Lion Caché, est la Willing Virgin, la Vierge Consentante, et le motif formé par les triangles est inspiré par ce que Pilgermann voit dans le ciel. Il insiste étrangement sur 3 étoiles situées entre la Vierge et le Lion, ce qui offre quelque écho aux supputations récentes sur la couronne de 12 étoiles...

  Hier 14 août, alors que j'abordais la question du double 777, un membre du forum Synchronicity a posté un message sur une coïncidence 777-21 à la loterie.

  J'avais d'autres développements léonins en réserve, ce sera pour plus tard, mais il vient de me revenir comment je suis arrivé à Russell Hoban. Des considérations sur l'alphabet gaélique ont conduit Guy Trévoux à homologuer les lettres l'encadrant, Beth et Jodha, à Boaz et Jachin, les colonnes du temple de Salomon.
  Comme il les fait correspondre aussi à la vache et au lion, j'ai cherché sur la toile "jachin"+"lion", et les premières réponses concernaient The Lion of Boaz-Jachin and Jachin-Boaz, de Hoban.
  Et voici que j'ai associé les "colonnes" de Cyril au Lion Caché de Hoban...

6.8.17

Un Ricard, ou le Jean


  Au cours de l'écriture du précédent billet m'est venu le 23 juillet un frappant prolongement de la coïncidence repérée il y a 5 ans, le 24 juillet ai-je rapporté dans le billet Diagonales (anagramme "saga de lion", puisqu'il s'agit des premiers jours du signe du Lion).
  En 1969 Ricardou a publié Les lieux-dits, dont la table des chapitres est formée de 8 titres en 8 lettres, les noms des villages traversés par les protagonistes du roman, dont la disposition en carré permet de lire en diagonale le 4e nom, BELCROIX.

B a n n i è r e
B e a u f o r t
B e l a r b r e
B e l c r o i x
C e n d r i e r
C h a u m o n t
H a u t b o i s
M o n t e a u x


  Or, en 1998, j'ai imaginé dans mon projet de roman intitulé Novel Roman une autre table des matières formant un carré de 11x11 lettres, offrant en diagonale ROSENCREUTZ, l'allemand pour ROSE-CROIX.
  Je ne savais alors rien de Ricardou, ni de ses Lieux-dits, et ma seule inspiration était les hétérogrammes de Perec, parfois surcontraints par des diagonales isogrammes.
  En 2012 il ne m'est pas venu à l'esprit que Les lieux-dits était un exemple emblématique du Nouveau Roman, dont Ricardou était un théoricien, auteur notamment en 1973 de l'essai Le Nouveau Roman, où il donnait quelques clés de ses propres textes, notamment la diagonale BELCROIX des Lieux-dits (où le jeu est en fait explicite).
  Ainsi, Les lieux-dits, Nouveau Roman, et mon projet Novel Roman, utilisent tous deux une table des chapitres formant un carré dont la diagonale fait apparaître un mot finissant par CROIX.

  J'admets que la coïncidence est difficile à admettre, et je ne peux prouver que tout ce que je savais en 1998 du Nouveau Roman se limitait à Butor et Robbe-Grillet. La suite va montrer qu'il ne s'agit que d'un cas parmi tout un faisceau de coïncidences dont certaines sont tout à fait vérifiables.
  Ceci me contraint à bien des redites, avec quelques éléments nouveaux.

  C'est donc en octobre 1996 que j'ai découvert Elisabeth Lovendale, personnage de Maurice Leblanc qui cherche la 14e lettre d'amour du roi George, parmi 18, ce qui m'a conduit à considérer les lettres 1-13 et 15-18, AM et OR, plus N, opposé de l'AMOR... Puis j'ai vu que cette lettre N était aussi la 14e des 18 lettres du nom de la dame, précédée des lettres LOVE... Puis j'ai vu que N-AMOR et N-LOVE étaient les anagrammes de ROMAN et NOVEL...
  Après quelques timides tentatives d'intéresser le monde à ces découvertes, j'ai décidé en 1998 d'en faire un roman, inspiré par la trame des Dents du tigre de Leblanc. Une formidable fortune est à partager entre les héritiers Roussel, mais ceux-ci sont assassinés les uns après les autres...
  Ce serait devenu dans mon intrigue la fortune du milliardaire André-Valentin Monlorné qui, parce qu'il avait connu une seconde jeunesse grâce à un médicament miraculeux, le VERANOMNOL, avait décidé de partager ses milliards entre toutes les personnes dont les noms selon l'état civil étaient les anagrammes de celui du produit.
  Les héritiers potentiels mouraient les uns après les autres, dès le premier jour de cette année 1908, choisie parce que j'avais relié l'affaire du 14e parmi 18 aux Rose-Croix, avec le fondateur de l'ordre étant supposé avoir vécu de 1378 à 1484, 13 et 14 fois 106, tandis que L'aiguille creuse débute le 16 avril 1908, 18 fois 108, par la mort supposée de Lupin en ce Jeudi saint, date privilégiée chez les Rose-Croix.

  Après quelques morts, l'Etat faisait appel au fameux détective Honoré de Valmondada, qui n'empêchait pas l'hécatombe de continuer.
  Il y avait bien entendu 18 héritiers, et un climax pour le 14e, Norman Love, propriétaire du Vélo Mannor, une auberge accueillant les cyclotouristes en Normandie (au moins une autre anagramme était associée à chaque héritier).
  Valmondada ne pouvait éviter la mort de Norman dans la nuit du 16 avril, et interrogeait ensuite les occupants du Vélo Mannor, notamment Hiacchos Trikkala, un traducteur très recherché pour son don à élaguer des pavés ennuyeux devenant ainsi des succès de librairie. Ainsi Valmondada consultait une de ses traductions, Un cercueil s'ouvrira, originellement en 34 chapitres que Trikkala avait réduits à 11, et Valmondada découvrait la table, que je donne ci-dessous sous forme du carré qu'il fallait deviner:

R A I S O N A U T E L
Y O U S I R E L T A N
E T S U S A L O R I N
U L C E R A T I O N S
E O N I N T R U S L A
N E L U I C A S T O R
L A D U N E R O S I T
Q U I S O R T E L A N
E S P O I R A L U N T
E B R I S U N A L T O
L O I U N E S T R A Z


  C'était donc un hétérogramme avec dans chaque ligne la série ESARTULINO + un joker, la grande diagonale offrant ROSENCREUTZ, croisant avec ARSENELUPIN en diagonales brisées. Par ailleurs ELLERYQUEEN apparaît sous forme d'anagramme dans la 1ère colonne.
  J'étais fier des jeux gématriques permettant de découper la valeur 1604 de la grille, année d'ouverture du tombeau de Rosencreutz, en 1484, date de sa mort, et 120 (Post CXX annos patebo).
  Les gématries 171 (ELISABETH LOVENDALE) et 106 étaient par ailleurs présentes à profusion, avec notamment le nom du détective, en 18 lettres avec un N en 14e position (et les lettres NOVELROMAN, + les initiales HdV lupiniennement significatives). MONLORNE était un exemple de 106. Il y avait encore du 134 comme ARSENE LUPIN avec MAXIM DUFRAX, bandit qui détournait les 18 wagons contenant l'héritage, mais restituait le 14e contenant des titres non négociables.

  Le synopsis de Novel Roman était complet dans ma tête, mais en avril 1999 j'ai rencontré JB Pouy, lequel m'a proposé de participer à la nouvelle collection "intello-populaire" qu'il avait imaginée.no code in the Spanish translation J'ai préféré suivre cette voie assurée, confiant que le succès de Sous les pans du bizarre me permettrait ensuite de trouver facilement un éditeur pour Novel Roman. Hélas sa principale réussite fut d'attirer l'attention d'un éditeur catalan, Diagonal (!), qui en publia une traduction dont je n'ai jamais eu d'écho de sa réception locale.

  Sous les pans du bizarre exploitait aussi des jeux sur la 14e lettre, mais celle de l'alphabet latin, O. Sa dernière partie avait 5 chapitres, 10-11-12-13-14, auxquels j'avais donnés des titres homophones des lettres correspondantes: Cas, Elle..., ...aime, Haine, Oh!
  Le contenu du chapitre Cas posait un problème que j'ai résolu en en faisant une parenthèse dans le récit, avec un poème formant 60 devinettes du type L'ami Caouette de Gainsbourg, mais ma première pensée a été pour un vers des Nouvelles Impressions d'Afrique, de Roussel, Combien change de force un mot selon les cas!, dont j'ai fait l'introduction de mon poème.
  Bien que j'aie consulté Roussel avant de me livrer à l'exercice, je ne me suis pas aperçu que le vers était en fait Combien change de force un mot suivant les cas!, avec un "suivant" qui aurait été bien plus adéquat, puisque mes cas étaient cas-lamar, cas-tastrophe, etc.

  Ceci serait anecdotique s'il n'était paru dans le n° 3 de Formules, imprimé en avril 1999, l'étude théorique La contrainte corollaire, de Ricardou, sa première participation à la revue. Il y proposait un RAPT, un Récrit Avisé Par la Textique, d'un extrait de La Disparition, mais il s'y était glissé un malencontreux "selon", contrevenant à la contrainte principale, le lipogramme en E.
  Ricardou a consacré 15 pages à justifier cette "inadvertance" dans le numéro suivant de Formules, imprimé en avril 2000, après donc la composition de mes Cas. Il avait d'abord écrit "suivant", puis, reprenant son texte sur épreuves, il avait jugé "selon" plus texticien...
  Retour sur l'affaire dans le n° 5, avec une descente en flamme de la textique par le perecologue Bernard Magné, et une réponse non moins virulente de Ricardou, sa dernière participation à la revue.

  Tous ces textes sont accessibles sur le site de Formules, en ligne où à télécharger.

  J'ai commenté cette affaire "selon-suivant" en juin 2012, mais j'ignorais alors la diagonale BELCROIX de Ricardou, et n'ai donc pu voir cette inquiétante succession:
1998: j'imagine une table des chapitres en carré dont la diagonale livre ROSENCREUTZ, ignorant que Ricardou avait fait de même en 1969, pour faire apparaître la diagonale BELCROIX.
1999: j'abandonne ce projet Novel Roman pour écrire Sous les pans du bizarre où, d'une façon qui m'est toujours incompréhensible, le "suivant" d'un vers de Roussel est devenu "selon"; quelques mois plus tôt, Ricardou avait opéré la même substitution, avec de plus graves conséquences.

  Il s'y ajoute des liens numérologiques que j'approfondirai plus loin. Pour l'heure, je remarque que les valeurs numériques de SELON-SUIVANT, 65-106, ont pour somme 171, le nombre d'ELISABETH LOVENDALE qui m'a conduit au jeu NOVEL ROMAN et à sa "novélisation". Or les premiers numéros de Formules donnaient les adresses de ses deux directeurs, Bernardo Schiavetta à Paris, et Jan Baetens à Leuven (Louvain), 171 Parkstraat.
  Ces premiers numéros étaient en outre imprimés par l'imprimerie Acco, à Leuven, dont le premier nom connu est Loven... Non, ça ne signifie pas "lion", mais "forêt près du marais", paraît-il, ce qui n'empêche pas la ville d'avoir un lion sur ses armoiries, plutôt qu'une forêt.
  Je pense bien sûr à ma seule contribution poétique à Formules, le SONÈ du numéro 9 (imprimé à Clamecy), où j'ai découvert le mois dernier une diagonale LOVEN absolument imprévue, croisant avec DALE tout aussi fortuit.

  L'étape suivante, et pas "selone", a encore un rapport immédiat avec ma période NOVEL ROMAN. Le 26 novembre 1998, je travaillais à une nouvelle approche du nom Lovendale, comparé au séducteur Lovelace de Clarissa Harlowe, en écoutant France-Culture et les Jeudis littéraires où Pascale Casanova recevait Jean Lahougue pour son nouveau roman, Le domaine d'Ana, et pour le livre complémentaire, Ecriverons et liserons en vingt lettres, donnant les Clés du Domaine...
  J'achetais les deux livres le lendemain, et les dévorais aussitôt. Lahougue signale dans le second certaines coïncidences qui ont émaillé la rédaction du premier, ainsi, alors que le prénom de l'héroïne du roman n'était pas arrêté, il fut contacté par une thésarde espagnole du nom d'Ana Roman, dont le prénom répondait parfaitement aux exigences du roman.

  Le Roman fut aussi à l'honneur le soir du 28 novembre 1998, avec la première diffusion du second épisode de Louis la Brocante, série qui comptera 44 épisodes. Louis Roman y achetait pour une bouchée de pain la collection presque complète de l'édition "au phare" des Voyages Extraordinaires, or Le domaine d'Ana est basé sur Voyage au centre de la terre.
  Il manquait un volume parmi les 47, que Louis trouve dans le tiroir secret d'un meuble, ce qui m'évoquait le volume manquant parmi les 18 de Richardson dans la nouvelle de Leblanc. Et dans ce volume manquant est aussi retrouvé un document, un testament olographe.
  On voit dans l'épisode la  boutique d'antiquités de l'ex-femme de Louis, vue de l'intérieur, soit NAMOR.M...
  Deux jours plus tard, Arte diffusait Haut, bas, fragile, film où Rivette suit trois jeunes femmes, Ninon, Louise et Ida, dont ne sont donnés au générique que les prénoms. Seule Louise donne son nom complet, Louise Loven, mais l'orthographe de ce nom n'est pas précisée, Lovaine, Loewen..., l'accent prononcé de son père suggérant une origine slave. Quoi qu'il en soit, Louise découvre dans un tiroir secret d'un meuble des lettres de sa mère, contenant des révélations sur le père Loven...
  Ainsi, à deux jours de distance, les programmes TV montraient Louis Roman et Louise Loven (ou autre orthographe) trouvant des documents cachés dans des tiroirs secrets... Aujourd'hui je fais le lien entre ANA ROMAN et la diagonale du grand carré du SONÈ, où je lis AVA LOVEN (ici après rotation de 180°).

  J'ai écrit à Lahougue toute mon admiration pour son roman, dont, incidemment, il y avait une critique dans le Formules n° 3, où Ricardou donnait sa Contrainte corollaire, avec son "selon" malvenu. Le même numéro présentait L'Anna, d'Eric Clémens, dont le titre est inspiré par "l'analogie" qui a été aussi une source de Lahougue, via Le Mont analogue de Daumal.
Note du 2/10: en allant consulter l'extrait PDF donné par la page ci-dessus, j'ai découvert que L'Anna d'Eric Clémens débutait par une première partie L'enquête, dont les premiers mots sont L'attaque... J'ai aussitôt commandé le roman.
  Je transmettais aussi à Lahougue quelques commentaires qui l'enthousiasmèrent, et il m'offrit deux de ses livres parus aux Impressions Nouvelles de Benoît Peeters, le roman La doublure de Magrite (1987) et le recueil de nouvelles La ressemblance (1989). Les Impressions Nouvelles ont par ailleurs réédité L'Anna d'Eric Clémens en 2004 (et divers textes de Ricardou).
 
  La dernière nouvelle du recueil me plut particulièrement, Histoire naturelle, prétendu contenu des dernières notes de Jean Henri Fabre, la semaine de sa mort, du 5 au 11 octobre 1915. Fabre y analyse l'étrange comportement de la fourmi Atta bellifera F., dont le mimétisme la pousse à se cacher en imitant les craquelures de son environnement.
  Les notes s'arrêtent au 11 octobre, date de la mort de Fabre. Suit une analyse de Norman Hill, à comprendre "mont normand", hougue, lequel a repéré que la dernière phrase concluant chaque jour, semblant contredire ce qui précède, est formée de mots déjà apparus selon une logique péremptoire, 1er mot de la 1ère phrase, 2e de la 2e, etc., comme si la dernière phrase était une lecture diagonale de ce qui la précédait.
  Norman Hill en déduisait que les fourmis, obéissant à leur deux caractéristiques, le mimétisme et la marche diagonale, avaient conclu à leur manière chaque page du carnet de Fabre, ce qui lui semblait corroboré par l'écriture plus pâle de la dernière ligne.
  Un dernier commentaire balaye l'exégèse de Hill, attribuant le jeu à Fabre lui-même. Seule l'analyse de l'original pourrait dissiper les doutes, mais
Hélas, la lumière a eu raison de l'écrit, désormais irrémédiablement effacé.
  Les 12 mots de cette dernière phrase de la nouvelle sont issus selon la même logique des 12 phrases mettant en doute l'exégèse de Norman Hill...

  Mes premières analyses avaient rapproché la logique diagonale d'Atta de celle médiale d'Ana, car dans le roman de 1998 ce sont les lectures médiales qui sont privilégiées, du chapitre dans le livre, de la phrase dans le chapitre, du mot dans la phrase, de la lettre dans le mot.
  En turc ata signifie "père", et ana "mère". En araméen ata signifie "toi", et ana "moi".

  Au passage, sur la fiche Fabre j'ai VU SAINT-LEONS, commune qui l'a vu naître, or VUSAINT LEONS est l'anagramme exacte de SUIVANT SELON.
  Léons est ici pour Léonce, prénom dérivé du latin leo, "lion".

  La nouvelle est évidemment inspirée par l'expression "écriture de fourmi", et l'affaire rebondit lorsque je fis la connaissance de Jean-Pierre Le Goff, grâce à la publication de Sous les pans du bizarre. JPLG, inspiré par AS Byatt dont il a été aussi question sur Quaternité, a réalisé avec une myrmécologue une expérience conduisant à faire réellement écrire des fourmis.
  J'en parle ici, avec un climax: l'expérience a eu lieu le jour (ou presque) où j'ai découvert dans une brocante La bibliothèque de Villers, de Benoît Peeters, que j'ignorais alors être l'éditeur du recueil de Lahougue. Dans cette longue nouvelle ou ce court roman, Peeters joue avec les 5 lettres du mot LIVRE.

  L'étape suivante tourne à un vertige que je n'ai pu exploiter complètement le 6/6/12, date de publication du Grand Jeu Hanalogue, où j'étudiais Lahougue en parallèle avec Daumal, ce qui m'était l'occasion d'évoquer pour la première fois la controverse Ricardou-Magné sur le RAPT de La Disparition.
   Par un hasard temporel, j'enchaînais sur Les formiciens, roman dont m'avait parlé phrère Laurent, découvert la veille dans son édition EONS. Dans une annexe il était question du genre de fourmi Ana, ce qui m'évoqua le jeu Ana-Atta.
  Une recherche fourmi "ana" ne confirme pas l'existence du genre Ana, et j'ai appris depuis que c'était une mauvaise lecture d'Atta, probablement due à un logiciel d'OCR, mais ma recherche m'avait alors conduit à une nouvelle de 1983 de Yolande Villemaire, Une fourmi flottait dans sa margarita, que j'aurais probablement manquée dans une recherche actuelle car le lien est aujourd'hui dans la 18e page de résultats, alors qu'il était en 2012 dans la 1ère.

  Alors que c'était l'erreur Ana pour Atta qui m'avait conduit à la nouvelle de Villemaire, il est ahurissant qu'il y soit question du mot ATTA, apparaissant dans un rêve de la jeune Dana Khan, et sa mère lui dit que c'est le nom d'un personnage du roman de Ricardou Les lieux-dits

  Je me suis alors ébaubi de ce retour à Ricardou, mais n'ai fait de recherche sur son roman que le mois suivant, apprenant alors sa diagonale BELCROIX, où "bel" est interprété selon le latin bellum, "guerre". Il devenait alors évident que la fourmi Atta bellifera de Lahougue, se déplaçant en diagonale, était inspirée par Ricardou, et une note précise d'ailleurs que le traducteur américain de Fabre, Norman Hill, a aussi traduit Les lieux-dits.
  Il en a donc été question dans le billet Diagonales de juillet 2012, mais j'y ai manqué notamment que le traducteur de BELCROIX du français vers l'américain est Norman Hill, alors que ma diagonale ROSENCREUTZ venait d'un traducteur de l'américain vers le français, rencontré chez Norman Love. Comme déjà dit, l'interprète imaginé par Lahougue est la transposition de son nom normand, et mon Norman Love est une anagramme de NOVEL ROMAN; l'épisode faisait diverses allusions au Norman Bates de Psychose.
  Si hill est un "mont", le dale de Lovendale est une "vallée"... Le "mont" apparaît en outre à deux reprises parmi les "lieux-dits" de l'autre Jean, avec Chaumont et Monteaux, où se conclut le roman.

  En cherchant s'il existait un document montrant Ricardou et Magné réunis, j'ai trouvé cette photo du colloque de Cerisy 1980, autour de Ricardou avec lunettes noires et chien. Magné y est en bas à gauche, et j'ai eu la surprise d'y trouver aussi Yolande Villemaire, en haut à droite. Sur la photo originale figure aussi Claudette Oriol-Boyer, grande amie de Lahougue, souvent présente au sommaire de Formules.
C'était Jean Ricardou, c'était Bernard Magné,
L'un prônait la textique et l'autre en ricanait,
L'un tenait pour "selon", et l'autre pour "suivant",
Mais ni l'autre ni l'un aujourd'hui n'est vivant.

  J'en viens à un peu plus pointu, avec d'abord une analyse chiffrée d'Histoire naturelle.
  La nouvelle a en exergue une citation de Fabre, explicite, en 13 mots: Sa courbure, dans une certaine étendue, se confond avec celle de leur devis.
  Suivent 27 phrases de présentation, s'achevant sur une autre citation explicite de Fabre, encore en 13 mots: Ainsi qu'une série d'échos qui s'éveillent l'un l'autre.
  Cette dernière citation se lit aussi selon le procédé diagonal dans les 13 premières phrases de la présentation, tandis que la citation en exergue est produite par les 13 phrases suivantes.

  Viennent ensuite les 7 derniers jours de Fabre, en 29-26-27-27-26-29-22 phrases, mais la dernière phrase est inachevée, Ma main reste propre cependant, et mes meubles demeurent : elles ont fui hors de ma maison, suggérant que Fabre est mort sur ces mots.
  De fait, ces 16 mots se déduisent des 16 premières phrases du 11 octobre, mais il y a 5 autres phrases qui livrent les mots elles ne m'achèveront pas. Le récit de la journée montre Fabre au bord du délire, voyant les fourmis avoir envahi sa maison et imité son environnement, si bien qu'il imagine qu'en passant la main sur ses meubles ceux-ci disparaîtront et qu'il n'en restera qu'une encre noirâtre sur ses doigts. La phrase finale contredit cette crainte, mais l'absence de fin à la phrase finale la contredit à son tour...

  Puis viennent 48 phrases semble-t-il non codées, énonçant la théorie de Norman Hill, théorie mise en doute dans les 13 dernières phrases, mais le fait que la dernière phrase soit à nouveau obtenue selon le procédé diagonal amène à douter de la mise en doute...

  Toujours est-il que le coeur de la nouvelle, le texte attribué à Fabre, compte 185 phrases complètes et 1 inachevée. Or 185 est le nombre moyen de phrases par chapitre du Domaine d'Ana, soigneusement déterminé à partir des nombres générateurs 3 et 5:
3 + 5 = 8; 3 x 5 = 15;
8 est le milieu de 15, en conséquence 185 est un nombre privilégié.
  Un seul chapitre du Domaine a 185 phrases, j'ai égaré mes notes et ne sais plus lequel, en conséquence il faudra attendre pour des analyses comparatives (car lorsque ces phrases ont un nombre impair de mots, le mot central fait partie du roman'.)

  En comptant la phrase inachevée, on a 186 phrases, un nombre cité à maintes reprises pour le couple grec Kranion/Golgotha, "crâne" et la transcription grecque du mot araméen pour "crâne". Les valeurs des mots grecs sont 301/186, rapport doré optimal.
  Un "crâne 186" pour la mort de Fabre serait adéquat, et j'ai évoqué à mi-mot un 301 plus haut, pour l'inscription au seuil du tombeau de Rosencreutz, Post CXX annos patebo. Les inscriptions à l'intérieur du tombeau totalisent la valeur 1303 (selon l'alphabet latin) et
post annos patebo + CXX = 181 + 120 = 301,
le tout donnant 1604, l'année de découverte du tombeau, avec un "crâne 301" encore adapté à la circonstance.

  Le total des phrases pour la nouvelle, hormis exergue et notes, est de 273 complètes plus une incomplète. J'ai eu maintes occasions de m'intéresser à 273, produit de 13 et 21, les nombres de Fibonacci qui semblent me poursuivre avec obstination.
  3 phrases codées ont un statut particulier, la citation en exergue, correspondant aux phrases 14 à 26, l'autre citation de Fabre achevant la présentation, correspondant aux phrases 1 à 13, et la phrase inachevée concluant les notes de Fabre, dont les 16 mots correspondent aux 16 premières phrases des 21 du 11/10.
  Les deux premières phrases ont toutes deux 13 mots, la dernière 16 ou 21, ce qui peut conduire aux couplages 26-16 (les phrases effectives), ou 13-21 (les décodages effectifs obtenus pour les dernières phrases de la présentation et des notes de Fabre).

  Ce n'est qu'à l'été 2001 que j'ai commencé à m'intéresser au nombre d'or et aux séries additives. En 1998 mon intérêt pour les lettres ESARTULINO à la base des hétérogrammes de Perec était leur valeur 134 identique à celle d'ARSENE LUPIN, et c'est ceci qui m'avait incité à composer la table des chapitres de Un cercueil s'ouvrira, allusion à The Greek Coffin Mystery, by Ellery Queen, en 21 et 13 chapitres dont les titres en un seul mot déroulent cet acrostiche.
  En 2005 je me suis avisé que le découpage de ces 10 lettres les plus fréquentes en français donne
AEIOU / LNRST = 51/83, découpage d'or de 134 qui est encore en rapport d'or avec les 16 autres lettres, de valeur 217.
  Par ailleurs j'avais baptisé un des personnages de Sous les pans du bizarre d'une anagramme d'ARSENE LUPIN, et c'était
IRENE / LAPNUS = 51/83.

  Première curiosité dorée pour le couple litigieux "selon-suivant",
SELON / SUIVANT = 65/106, partage doré optimal de la somme 171. Je rappelle que les nombres 106, 171, et 134, avaient gouverné les noms des protagonistes de Novel Roman, en dehors des anagrammes du titre.
  La seconde curiosité est que les 5 voyelles rimbaldiennes apparaissent dans "selon-suivant", avec ce découpage voyelles/consonnes,
AEIOU / LNNSSTV = 51/120.
  La structure du recueil Alphabets détermine une répartition en 11 et 5 "chapitres",
BCDFGHJKMPQ = 97 et VWXYZ = 120,
"double coupe d'or" qui établit un lien entre les suites additives 51-83-134-217 et 23-37-60-97.
MAXIM / DUFRAX = 60/74 imaginé pour Novel Roman est l'exemple précédent de double coupe d'or dans cette suite 23-37-60-97.
  Je pense aux 120 ans séparant la mort de Rosencreutz, et à la valeur du nom du prof de Laval,
JEAN LAHOUGUE = 30 + 90 = 120.

  L'aval me rappelle la diagonale AVALOVEN du SONÈ, et l'éditeur EONS des Formiciens, dont l'erreur Ana pour Atta m'a aiguillé vers le nom Atta chez Ricardou via Villeneuve.
  Le roman de Raymond de Rienzi a une histoire, car ce serait à cause de lui que Céline aurait raté le Goncourt en 1932, année qui se trouve être celle de la naissance de Ricardou, comme celle de Truffaut, dont j'ai glosé ici la mort à 52 ans, en (19)84, rapprochée du couple 52/84 (13/21) de JUNG-HAEMMERLI. Ricardou a trépassé à 84 ans.

  Le couple 52-84 est aussi apparu pour la diagonale LOVEN du SONÈ. En prenant les rangs des lettres dans le texte final
Au paradis on attend l'exil, en à-pic au sens avéré. Relève Eve (...)
on obtient pour les syllabes
L+O = 42+10 = 52, et
V+E+N = 36+15+33 = 84.
  La moyenne 68 est précisément la valeur de LOVEN qui permet, en extrayant l'oeuf intérieur,
LN / OVE = 26/42 = 13/21.

  Le titre de ce billet a pour valeur 171, avec un possible réarrangement en 65-106 correspondant à SELON-SUIVANT:
UN JEAN - LE RICARDOU = 65-106.

  A ce propos il y a une curiosité dont il existe des traces, car c'était encore l'époque du snail mail, sinon de l'écriture de fourmi.
  Début 1999 j'ai souscrit un abonnement de 3 numéros à Formules, à un tarif préférentiel. C'était pour les numéros 3-4-5, les nombres du triangle de Pythagore, mais je n'ai pas reçu le n° 3, lequel contenait l'article La contrainte corollaire de Ricardou. J'ai écrit à Bernardo Schiavetta, lequel m'a renvoyé un exemplaire, mais il n'est pas arrivé non plus; il n'y a pas eu de 3e essai...
  J'ai bien reçu ensuite les numéros 4 et 5, avec la justification de Ricardou puis la controverse Magné-Ricardou, mais c'était après l'écriture des Cas des Pans, où j'avais aussi fait la bourde selon pour suivant durant l'été 99. J'habitais loin de Paris et il n'y avait pas encore de forum Perec en ligne, et je crois n'avoir appris l'inadvertance de Ricardou qu'avec le n° 5, car ses leçons de textique sont plutôt rébarbatives... Je n'ai de toute manière pas fait alors le lien avec ma propre bévue.

  L''impression de Formules à Louvain me rappelle une publication louvaniste imaginée par Perec dans La Vie mode d'emploi, le Bulletin de l'Institut de Linguistique de Louvain,  mentionné à maintes reprises:

  Je me suis émerveillé de la citation sauvage de Cristal qui songe à cet endroit précis, et il faut connaître le roman pour savoir que les insectes en question y sont des fourmis.