15.8.17

Manon parraina gran mowe


no hay caminos, hay que caminar

  Retour au Lion Caché du pénultième billet et aux lions plus apparents.
  Il est plutôt conseillé d'avoir quelques souvenirs de ce que j'ai partagé sur Quaternité depuis mars, au plus bref:
- la découverte dans Formules n° 9 (2005) de la grille de 81 lettres de Cyril Epstein, et de sa colonne centrale anagramme de NOM-PRENOM.
- la découverte dans El Ferrocarril de Santa Fives (2011) de la grille de 90 lettres de Robert Rapilly, et de sa colonne centrale anagramme de NOM-PRENOM (+I).
- ces 81 et 90 m'évoquent au premier chef le personnage ELISABETH LOVENDALE, à l'origine en 1996 de ma première trouvaille importante dans la littérature française récente, et je m'aperçois que LOVEN et DALE apparaissent dans la grande grille du SONÈ (en 2 carrés totalisant 100 lettres) publié dans le même numéro de Formules, ma première participation à la revue, comme celle d'Epstein, ou celle de Rapilly qui y était aussi présent pour trois grilles.
- je comprends enfin que Lovendale est une forme du nom Loewenthal, "vallée des lions", alors que le mot "lion" dans différentes langues a une part royale dans maints billets de Quaternité

- notamment dans celui-ci, avec l'étrange roman où Russell Hoban montre son héros Pilgermann paver un terrain de "lion caché", un motif que j'ai légèrement modifié pour y caser les 271 lettres d'un texte composé à partir des 81-90-100 lettres des grilles de Cyril, Robert, et moi.

  Le billet précédent m'a permis de relier Jung-Haemmerli (valeurs 52-84) aux lettres LO-VEN de ma grille, qui, dans le texte décodé, ont les rangs (42+10=52)-(36+15+33=84).
  Le rapport 52/84 se simplifie en 13/21, couple fibonaccien qui semble me poursuivre, et l'identification de loven dale à "vallée des lions" me conduit à revenir à un cas repéré en 2012.

  Il s'agit du roman de Carlos Ruiz Zafón, Le jeu de l'ange (2008 pour la parution originale), dont une relecture m'a conduit à entrevoir des niveaux de complexité insoupçonnés à première lecture.
  La narration y suit David Martin, jeune auteur atteint d'une grave maladie. Il semble conduit à conclure un pacte avec le Diable, lequel le guérit en échange d'un livre que David doit lui écrire. David emménage dans la "maison de la Tour", où a vécu auparavant un autre écrivain ayant conclu un pacte semblable, Diego Marlasca, aux mêmes initiales que lui. Quelques détails, comme la conclusion du chapitre 19 de la 3e partie, amènent à douter de la fidélité de cette narration.

  Ce n'est pas mon problème ici. J'avais remarqué que David retrouve le couple Marlasca, Diego qui vit désormais sous l'identité Ricardo Salvador, 21 rue de la Lleona, et sa femme Alicia, qui habite 13 route de Vallvidrera. Ceci prend une autre tournure sachant que les mots catalans lleona et vall signifient "lionne" et "vallée". Il y a de plus une histoire de lettres cachées dans le roman, non pas les 18 lettres du roi George cherchées par les Lovendale, mais une "vingtaine" de lettres de la femme aimée de David, Cristina Sagnier (anagramme reginas, "reines"), cachées par la secrétaire de David, amoureuse de lui.

  Dans le même billet, le lleona catalan m'avait fait mentionner une découverte récente, due à un hasard sur lequel je ne reviens pas, celle des 5 majuscules LEONA achevant l'identifiant d'une illustration d'un des billets de janvier 2011 en hommage à mon ami Jean-Pierre Le Goff.
  Il s'agissait d'une vignette de l'album Demi-tour de Boilet-Peeters où Jean-Pierre Le Goff, lequel avait rencontré Boilet pour son album Le rayon vert, avait inspiré celui-ci pour le personnage caricatural d'André-Marie Le Goff dans Demi-tour (devenu André-Marie Arisu dans la version 2.0).
  Blogger attribuait alors aux images des identifiants en 4 parties de 11-10-11-11 caractères, et la dernière partie est 6_TfDmLEONA, ce qu'on peut en principe vérifier en plaçant le pointeur sur l'image.

  Alors que je rapprochais ceci de la rue LLEONA où habite Diego Marlasca, d'initiales DM significatives dans le roman, je n'avais pas vu que les caractères précédant LEONA dans l'identifiant étaient Dm.
  J'ai scanné l'image sur le premier Demi-tour, mais j'aurais aussi bien pu le faire sur la version 2.0, qui ne diffère que par quelques détails dans les bulles, où notamment Le Goff est devenu Arisu, prononciation japonaise de "Alice". Les responsables de cette modification en 1999, lors de l'édition japonaise de Demi-tour, ne pouvaient savoir que la fille de Jean-Pierre se prénommait Alice, et encore moins que le nom Arisu serait repris dans la réédition française de 2010, alors qu'Alice était devenue tuteur légal de son père, atteint d'Alzheimer.
  Je n'avais pas songé en 2012 à Alicia femme de Diego, ni à son nouveau prénom, Ricardo, alors que Ricardou était convoqué dans le même billet.
  Je n'avais pas pensé non plus que Jean-Pierre, né le 2 août 1942, était du signe du Lion.

  Le japonais ari, 蟻, signifie "fourmi", coïncidence déjà signalée avec Jean-Pierre auteur de L'écriture des fourmis, mais l'hébreu ari signifie "lion", rencontré dans le billet Naccipolis en diagonale dans une autre grille avec H-ARY, הארי, ha ari, "Le Lion", acronyme désignant le kabbaliste Isaac Luria.
  Je me souviens avoir été frappé dans ma lointaine jeunesse par le fourmilion, insecte qui creuse des entonnoirs pour piéger les fourmis, dont il est friand. Ce qu'en dit Fabre est disponible en ligne.

  Je rappelle que le nom en 18 lettres Elisabeth Lovendale, avec le N en 14e position, m'a conduit au motif 13-1-4, se traduisant en lettres par M-A-D, Marlasca-Alicia-Diego?

  Plus récemment est apparu dans mon cheminement le motif 13-1-21, se traduisant par les lettres mères hébraïques M-A-S, mais j'ai montré peu de scrupules à faire intervenir les formes MAS ou SAM dans notre alphabet.
  Un personnage secondaire du roman est la maîtresse de Diego Marlasca, Irene Sabino, dont le vrai nom est Maria Antonia Sanahuja, M.A.S.
  David Martin la rencontre alors qu'enquêtant sur Diego, lequel passait pour mort, il est venu voir sa tombe. Elle l'agresse avec un rasoir, et lui trace sur la poitrine une étoile à 6 branches.
  Pourquoi? on n'en saura rien, et dans le domaine diabolique c'est plutôt le pentacle qui est convoqué. Toujours est-il que l'étoile à 6 branches est appelée Etoile de David (ou Sceau de Salomon).

  Précisément, ce billet Uno más, Sam m'a conduit à représenter dans une Etoile de David les lettres mères A-M-S et leurs correspondances atbash B-Y-T, formant l'écriture développée de la lettre bet, "maison" ou "mas" ai-je été tenté de préférer, en Provençal d'adoption.
  Je ne sais comment je n'ai pu y penser alors, puisque ce schéma était directement inspiré du Livre de saphir de Sinoué, où le lion et la province de León interviennent dans un Sceau de Salomon à l'échelle de l'Espagne, mais, sachant que le lion se dit simba dans diverses langues africaines, j'aurais pu chercher s'il existait des formes telles que simbat, ou mieux encore tsimba, qui en lettres hébraïques formerait un parfait palindrome par atbash:
TSIMBA <> ABMIST
  Eh bien on rencontre les deux formes, et j'apprends ici que ce Tsimba est un lion blanc, et que les indigènes vénèrent les lions blancs qui seraient pour eux des anges envoyés par les Dieux.
  C'est le Jeu de l'ange qui a conduit David rue de la Lleona pour y rencontrer un Salvador qui n'a rien d'un "sauveur", car il trame (ou semble tramer) en cette année 1930 la mort de David.
  En 1930, un autre Ricardo, l'Argentin Ricardo Vacarezza, a des rêves obsessionnels qui le conduisent à consulter une psy jungienne et, indirectement, Jung lui-même, dans le roman de Sinoué Des jours et des nuits, lu le 31 août 2008, quelques mois après la parution de El Juego del Angel, premier roman espagnol à avoir eu un tirage initial d'un million d'exemplaires.

  J'avais découvert Sinoué le 2 août précédent, 66e anniversaire de Jean-Pierre Le Goff, lequel subissait déjà les premières atteintes d'Alzheimer. Ses Silences de Dieu, lutte entre Dieu et Diable se partageant le Nombre d'or, m'avaient conduit à lire d'autres Sinoué, à commencer par Le Livre de saphir qui était déjà en ma possession, mais je n'ai pas été frappé alors par son Sceau de Salomon à l'échelle de l'Espagne avec un rôle majeur pour le León, centré sur un château triangulaire.
  J'en avais tout oublié lorsque mes recherches jungiennes m'ont conduit en janvier 2009, via le docteur Haemmerli (marteau), aux jeux atbash du chapitre 51 de Jérémie, BBL-SSK (Babel et son codage Sesach) et YWH-MPÇ (les 3 lettres du Tétragramme et le marteau assimilé à Babel); le coeur(lion) hébreu LB(YA) m'a ensuite mené, via les lions polonais LWeW et tokharien SiSaK, aux châteaux triangulaires Wewel et Sisak, que j'ai superposés en un Sceau de Salomon.
  Tout est bon dans le lion.

  J'ai par ailleurs vu les ressemblances de structure entre Le Livre de saphir et Deuils de miel, de Thilliez, en 34 chapitres et 1 épilogue. Sauf que les 34 chapitres de Thilliez résultent d'une erreur de numérotation dans la collection Rail Noir, et mon caractère obsessionnel m'a fait lire tous les volumes de la collection, pour y découvrir deux autres erreurs de chapitrage parmi les 22 premiers volumes.
  Les erreurs sont dans les volumes 13-21-22, rangs des lettres MST dans l'alphabet hébreu, dont les inverses atbash sont YBA, rangs ou valeurs identiques, 10-2-1, somme 13.
  Ceci m'a fait considérer les 3 ensembles atbash de 3-3 lettres, permettant une répartition selon les Fibonacci 13-21-34:
ABY-TSM = 13-740 = 753
YWH-MPÇ = 21-210 = 231
BBL-SSK = 34-620 = 654
  La combinaison des 3 ensembles fournit le total 1638 = 3x546 ou encore 6x273. Je connais bien ces nombres, notamment 273 = 13x21, ainsi un jeu basé sur des combinaisons trilittères de valeurs 13, 21 et 34 = 13+21 conduit à une moyenne avec leurs atbash de 273 = 13x21...
  J'ai représenté ces résultats ici en utilisant les 18 triangles extérieurs du "Lion Caché" de Russell Hoban:
  En haut de gauche à droite en jaune les valeurs des lettres des combinaisons ABY-YWH-BBL, en mauve les totaux pour chaque combinaison.
  En bas de droite à gauche en jaune les valeurs des lettres des correspondances atbash TSM-MPÇ-SSK, en mauve les totaux pour chaque combinaison.
  Au centre le total 1638 = 6x273.

  Je remarque aujourd'hui que dans ce "lion caché" se cachait un autre lion, TSYMBA.
  Les deux autres triplets atbash,
YWH-MPÇ et BBL-SSK
totalisent les valeurs
231 + 654 = 885,
or 885 est la valeur dans notre alphabet des 81 lettres de la grille de Cyril, dont il donne pour lecture horizontale:
Gare opéra iwan. Manon roman pria à Wagner égrène main reine roi, mariage mir. Moon woman M. IO imprime
  Un découpage 231-654 est tout à fait possible, car sont essentiels dans la grille les prénom et nom figurent Manon et Wagner, les apparaissent dans la courte séquence formant un énoncé cohérent (ou presque):
Manon roman pria à Wagner

  Ces 5 mots et 21 lettres ont pour valeur 231, ils sont suivis de 47 lettres de valeur 521 (et précédés de Gare opéra iwan. = 133).
  Une séquence de 21 lettres de valeur 231 n'est pas quelconque car 231 est la somme des 21 premiers nombres. Il en allait de même avec les 18 lettres d'ELISABETH LOVENDALE, de valeur 171, somme des 18 premiers nombres.

  Ceci m'a donné envie d'en trouver une anagramme pour titrer ce billet qui se trouve être le 231e de Quaternité, et je suis arrivé à Manon parraina gran mowe, en pensant à la chanson Wimoweh qui est une déformation du zoulou Uyi Mbube, "Toi Lion"
  La chanson fut importée aux USA par l'ethnomusicologue Alan Lomax, lequel la transmit à Pete Seeger qui en fit Wimoweh. Je m'amuse de cet Alan alors que Nala est l'épouse du roi lion Simba dans les films de Disney, où la chanson Wimoweh est reprise, ce qui a permis aux ayants droit de l'auteur Solomon Linda de toucher enfin quelques subsides, 44 ans après la mort de Solomon (un Sceau a dû conclure l'arrangement).
  Tiens SIMBA = 44, et NALA = 28, 44/28 représentant le partage doré optimal de la somme 72.

   La chanson a été aussi un tube en France en 1962, année de la mort de Solomon Linda, avec la version d'Henri Salvador. J'avais illustré le billet S.N.C.F.Q.D. avec la pochette du 45 tours, pour le titre de la seconde face, mais avec quelques arrières-pensées puisqu'il était aussi question dans le billet de Léon et Léa, personnages de la collection Rail Noir.
  Je m'émerveille encore plus aujourd'hui de cette rencontre LION/SNCF, puisque les poèmes de Cyril et Robert sont ferroviaires. Je pense aussi à Marlasca/Salvador, habitant rue de la Lleona, puis rejoignant l'ENFER (je songe à l'anagramme RENFE des Ferrocariles d'Espagne) dans l'incendie de la maison de la Tour.

  Le seul mot non trivial que j'ai repris de la grille de Cyril est OPERA, parce que c'était une quasi-obligation, selon ma décision de faire apparaître dans chaque branche du Lion Caché une des combinaisons ouvrant les coffiots de Siniac.
  La 2e branche du Lion, la seule qui se lit "normalement" sur la figure proposée plus haut, était donc

א cadre pardi, ménélas mage nu, plan OPERA, ino maman boche
 
  Après coup, je me suis avisé qu'elle pouvait se lire aussi, en ne déplaçant qu'une lettre, sans contrevenir aux contraintes choisies:

א cadre pardi, ménélas magen, ulpan OPERA, ino maman boche

  Deux mots hébreux sont apparus, d'abord magen, dont la séquence était déjà présente. Ce mot signifie "bouclier", et il est particulièrement usité dans l'expression magen david, désignant ce que nous nommons "étoile de David". La "Croix"-Rouge est ainsi en Israël le Bouclier de David Rouge (comme en Islam le Croissant Rouge).
  Ensuite venait "U plan" que j'ai modifié en ulpan, substantif issu du verbe eleph, s'écrivant ALP comme la lettre aleph א, et signifiant "apprendre". Un ulpan est un cours accéléré d'hébreu essentiellement destiné aux nouveaux immigrants en Israël.

  Les nombres 231 et 654 m'évoquent quelques recherches récentes sur les nombres composés des chiffres 1-2-3, ou des chiffres 4-5-6, avec d'éventuelles correspondances entre eux, puisque les couples 1-6, 2-5, et 3-4 sont complémentaires sur le dé, une sorte d'atbash réduit à 6 éléments. Au passage je note que le nom de la lionne de Disney, nala, signifie "chance" en swahili. Dans le Livre de saphir, 3 des triangles composant un Sceau de Salomon ont été découverts au royaume de León, et les 3 autres seront découverts dans les royaumes de Castille, Aragon, Murcie, ce qui m'a conduit à la représentation ci-dessus.
  J'ai remarqué que les 3 couples complémentaires apparaissaient pour CARL (=34) JUNG (=52), mort en 61.

  Ceci m'amène à un final digne de ce 15 août, Assomption de Marie.
  Nous sommes encore pour quelques semaines en l'an 5777 du calendrier hébraïque, usuellement simplifié en 777.
  2017 est aussi l'année où un pitre est arrivé à la Maison-Blanche, le 20 janvier, âgé de 70 ans, 7 mois, 7 jours (Trump est né le 14 juin 1946, ce qui mènerait plutôt à 70 ans, 7 mois, 6 jours, mais admettons la possibilité).
  Ce double 777 n'est de toute façon qu'un signe supplémentaire pour ceux qui voient le retour du Christ annoncé pour le 23 septembre prochain (ou la Fin du monde selon d'autres); de toute manière je ne vais pas en tenir compte, mais j'ai le sentiment que les croyances peuvent influer sur la "réalité", pour autant qu'on puisse définir le réel, aussi j'invite à tourner 7 fois sa foi dans sa tête avant de croire à quoi que ce soit.

  Le point de départ est donc la prophétie des 4 lunes de sang, initiée en 2008 par Mark Biltz, pour lequel les 4 lunes rousses aux équinoxes de 2014 et 2015 signifiaient le Retour du Christ le 23 septembre 2015, peu avant la dernière d'entre elles (le 28 septembre). Si le phénomène de lune rousse n'est pas rare, la tétrade l'est plus, et Biltz voyait des événements marquants s'être produits lors des 3 seules autres tétrades survenues depuis 500 ans.
  Le verset 2,31 de Joël (YHWAL) vient à l'appui de la thèse: La lune se changera en sang, avant que vienne le grand et terrible jour de YHWH. Heureusement que les prophètes à la petite semaine ignorent souvent l'atbash, sinon ils auraient pu avancer l'argument que 2,31 ferait allusion à 231, valeur des 3 lettres YHW du Tétragramme et de leurs correspondances atbash MÇP.

  Début 2014, le pasteur opportuniste John Hagee a exploité le filon en publiant Four Blood Moons, qui a été un bestseller mais j'imagine qu'il n'a pas dû s'en vendre beaucoup d'exemplaires après le 23 septembre 2015, le Retour de Jésus ayant été fort discret.

  20 fois sur le métier... Les exégètes ont reconsidéré la question, et pris en compte les 1260 jours de l'Apocalypse (chapitre 12,6). Or le début du chapitre est  
Un grand signe parut dans le ciel : une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête.
  La femme est en train d'accoucher mais un dragon l'attaque et Dieu la met à l'abri pendant 1260 jours.
  1260 jours après la première lune de sang (en fait 1257, et l'aplomb avec lequel cette affirmation est assénée porte à considérer avec circonspection la suite), le 23 septembre 2015 réunit toute une série de signes:
- La femme représentée par la constellation de la Vierge aura, lorsque le soleil passera à côté d'elle, sa tête surmontée des 9 étoiles de la constellation du Lion, et d'un rare alignement de 3 planètes, Mercure, Mars et Vénus.
- La lune se situe alors aux pieds de la Vierge.
- La planète Jupiter vient de passer 9 mois dans le giron de la Vierge, et se décide à en sortir ce 23 septembre.
- Il est remarqué que la conception de ce Jésus astral à coïncidé avec Noël, naissance du premier Jésus.
- Une comète a menacé le bébé, mais Dieu a détourné sa trajectoire...

  Bien qu'une telle configuration soit assurée unique dans l'histoire (encore que selon un pasteur elle soit aussi apparue lors de la naissance d'Adam), le 23 septembre prochain je m'en foutrai autant que Brassens la veille (Un 22 septembre au diable vous partîtes...) J'imagine qu'on nous trouvera alors une autre date de retour du Messie, 1260 jours après le Signe semble judicieux (3 mars 2021).
  On trouvera en ligne diverses interprétations du "Sign of the Woman" : 13,8 millions de résultats aujourd'hui, parmi lesquels je note celui-ci qui fait intervenir le nombre d'or (et qui a l'avantage d'être court).

  Naïvement, je pense au "Signe WANMOR", l'écriteau CHATEAU WANMOR rencontré lors d'une balade le 14 septembre 2015 qui se trouvait être le premier jour de l'an 5776 du calendrier hébreu, peu avant la dernière des 4 lunes rousses. Deux mois plus tard, les coïncidences de la collection ferroviaire Rail Noir m'amenaient au motif 21-1-13, avec "un en plus" correspondant doublement à WANMOR.
  Sans ce "Signe WANMOR", je n'aurais sans doute pas prêté attention à la grille de Cyril Epstein en février dernier, où il m'a semblé voir scintiller ces lettres WANMOR.
  La grille de 2005 contient l'expression MOON WOMAN, bien avant que le "Signe de la Femme" foulant la lune ait été repéré. Au-dessus de WOM il y a un E permettant de composer MOWE, le Lion et ses 9 étoiles. Le N précédant WOM fait partie de la colonne INANNAMAR, lue Ishtar-Mar(duk), mais, puisque Inanna-Ishtar était le nom babylonien de Vénus, je suis tenté de voir dans cet alignement VENUS-MAR(s). Un MER pour MER(cure) est proche...
  La Manon de la grille fait référence à la Vierge Marie, pour Cyril (du grec kyrios, "seigneur").

  Il est aussi spécialement question des constellations du Lion et de la Vierge dans Pilgermann de Russell Hoban. De fait un autre aspect du Hidden Lion, le Lion Caché, est la Willing Virgin, la Vierge Consentante, et le motif formé par les triangles est inspiré par ce que Pilgermann voit dans le ciel. Il insiste étrangement sur 3 étoiles situées entre la Vierge et le Lion, ce qui offre quelque écho aux supputations récentes sur la couronne de 12 étoiles...

  Hier 14 août, alors que j'abordais la question du double 777, un membre du forum Synchronicity a posté un message sur une coïncidence 777-21 à la loterie.

  J'avais d'autres développements léonins en réserve, ce sera pour plus tard, mais il vient de me revenir comment je suis arrivé à Russell Hoban. Des considérations sur l'alphabet gaélique ont conduit Guy Trévoux à homologuer les lettres l'encadrant, Beth et Jodha, à Boaz et Jachin, les colonnes du temple de Salomon.
  Comme il les fait correspondre aussi à la vache et au lion, j'ai cherché sur la toile "jachin"+"lion", et les premières réponses concernaient The Lion of Boaz-Jachin and Jachin-Boaz, de Hoban.
  Et voici que j'ai associé les "colonnes" de Cyril au Lion Caché de Hoban...

6.8.17

Un Ricard, ou le Jean


  Au cours de l'écriture du précédent billet m'est venu le 23 juillet un frappant prolongement de la coïncidence repérée il y a 5 ans, le 24 juillet ai-je rapporté dans le billet Diagonales (anagramme "saga de lion", puisqu'il s'agit des premiers jours du signe du Lion).
  En 1969 Ricardou a publié Les lieux-dits, dont la table des chapitres est formée de 8 titres en 8 lettres, les noms des villages traversés par les protagonistes du roman, dont la disposition en carré permet de lire en diagonale le 4e nom, BELCROIX.

B a n n i è r e
B e a u f o r t
B e l a r b r e
B e l c r o i x
C e n d r i e r
C h a u m o n t
H a u t b o i s
M o n t e a u x


  Or, en 1998, j'ai imaginé dans mon projet de roman intitulé Novel Roman une autre table des matières formant un carré de 11x11 lettres, offrant en diagonale ROSENCREUTZ, l'allemand pour ROSE-CROIX.
  Je ne savais alors rien de Ricardou, ni de ses Lieux-dits, et ma seule inspiration était les hétérogrammes de Perec, parfois surcontraints par des diagonales isogrammes.
  En 2012 il ne m'est pas venu à l'esprit que Les lieux-dits était un exemple emblématique du Nouveau Roman, dont Ricardou était un théoricien, auteur notamment en 1973 de l'essai Le Nouveau Roman, où il donnait quelques clés de ses propres textes, notamment la diagonale BELCROIX des Lieux-dits (où le jeu est en fait explicite).
  Ainsi, Les lieux-dits, Nouveau Roman, et mon projet Novel Roman, utilisent tous deux une table des chapitres formant un carré dont la diagonale fait apparaître un mot finissant par CROIX.

  J'admets que la coïncidence est difficile à admettre, et je ne peux prouver que tout ce que je savais en 1998 du Nouveau Roman se limitait à Butor et Robbe-Grillet. La suite va montrer qu'il ne s'agit que d'un cas parmi tout un faisceau de coïncidences dont certaines sont tout à fait vérifiables.
  Ceci me contraint à bien des redites, avec quelques éléments nouveaux.

  C'est donc en octobre 1996 que j'ai découvert Elisabeth Lovendale, personnage de Maurice Leblanc qui cherche la 14e lettre d'amour du roi George, parmi 18, ce qui m'a conduit à considérer les lettres 1-13 et 15-18, AM et OR, plus N, opposé de l'AMOR... Puis j'ai vu que cette lettre N était aussi la 14e des 18 lettres du nom de la dame, précédée des lettres LOVE... Puis j'ai vu que N-AMOR et N-LOVE étaient les anagrammes de ROMAN et NOVEL...
  Après quelques timides tentatives d'intéresser le monde à ces découvertes, j'ai décidé en 1998 d'en faire un roman, inspiré par la trame des Dents du tigre de Leblanc. Une formidable fortune est à partager entre les héritiers Roussel, mais ceux-ci sont assassinés les uns après les autres...
  Ce serait devenu dans mon intrigue la fortune du milliardaire André-Valentin Monlorné qui, parce qu'il avait connu une seconde jeunesse grâce à un médicament miraculeux, le VERANOMNOL, avait décidé de partager ses milliards entre toutes les personnes dont les noms selon l'état civil étaient les anagrammes de celui du produit.
  Les héritiers potentiels mouraient les uns après les autres, dès le premier jour de cette année 1908, choisie parce que j'avais relié l'affaire du 14e parmi 18 aux Rose-Croix, avec le fondateur de l'ordre étant supposé avoir vécu de 1378 à 1484, 13 et 14 fois 106, tandis que L'aiguille creuse débute le 16 avril 1908, 18 fois 108, par la mort supposée de Lupin en ce Jeudi saint, date privilégiée chez les Rose-Croix.

  Après quelques morts, l'Etat faisait appel au fameux détective Honoré de Valmondada, qui n'empêchait pas l'hécatombe de continuer.
  Il y avait bien entendu 18 héritiers, et un climax pour le 14e, Norman Love, propriétaire du Vélo Mannor, une auberge accueillant les cyclotouristes en Normandie (au moins une autre anagramme était associée à chaque héritier).
  Valmondada ne pouvait éviter la mort de Norman dans la nuit du 16 avril, et interrogeait ensuite les occupants du Vélo Mannor, notamment Hiacchos Trikkala, un traducteur très recherché pour son don à élaguer des pavés ennuyeux devenant ainsi des succès de librairie. Ainsi Valmondada consultait une de ses traductions, Un cercueil s'ouvrira, originellement en 34 chapitres que Trikkala avait réduits à 11, et Valmondada découvrait la table, que je donne ci-dessous sous forme du carré qu'il fallait deviner:

R A I S O N A U T E L
Y O U S I R E L T A N
E T S U S A L O R I N
U L C E R A T I O N S
E O N I N T R U S L A
N E L U I C A S T O R
L A D U N E R O S I T
Q U I S O R T E L A N
E S P O I R A L U N T
E B R I S U N A L T O
L O I U N E S T R A Z


  C'était donc un hétérogramme avec dans chaque ligne la série ESARTULINO + un joker, la grande diagonale offrant ROSENCREUTZ, croisant avec ARSENELUPIN en diagonales brisées. Par ailleurs ELLERYQUEEN apparaît sous forme d'anagramme dans la 1ère colonne.
  J'étais fier des jeux gématriques permettant de découper la valeur 1604 de la grille, année d'ouverture du tombeau de Rosencreutz, en 1484, date de sa mort, et 120 (Post CXX annos patebo).
  Les gématries 171 (ELISABETH LOVENDALE) et 106 étaient par ailleurs présentes à profusion, avec notamment le nom du détective, en 18 lettres avec un N en 14e position (et les lettres NOVELROMAN, + les initiales HdV lupiniennement significatives). MONLORNE était un exemple de 106. Il y avait encore du 134 comme ARSENE LUPIN avec MAXIM DUFRAX, bandit qui détournait les 18 wagons contenant l'héritage, mais restituait le 14e contenant des titres non négociables.

  Le synopsis de Novel Roman était complet dans ma tête, mais en avril 1999 j'ai rencontré JB Pouy, lequel m'a proposé de participer à la nouvelle collection "intello-populaire" qu'il avait imaginée.no code in the Spanish translation J'ai préféré suivre cette voie assurée, confiant que le succès de Sous les pans du bizarre me permettrait ensuite de trouver facilement un éditeur pour Novel Roman. Hélas sa principale réussite fut d'attirer l'attention d'un éditeur catalan, Diagonal (!), qui en publia une traduction dont je n'ai jamais eu d'écho de sa réception locale.

  Sous les pans du bizarre exploitait aussi des jeux sur la 14e lettre, mais celle de l'alphabet latin, O. Sa dernière partie avait 5 chapitres, 10-11-12-13-14, auxquels j'avais donnés des titres homophones des lettres correspondantes: Cas, Elle..., ...aime, Haine, Oh!
  Le contenu du chapitre Cas posait un problème que j'ai résolu en en faisant une parenthèse dans le récit, avec un poème formant 60 devinettes du type L'ami Caouette de Gainsbourg, mais ma première pensée a été pour un vers des Nouvelles Impressions d'Afrique, de Roussel, Combien change de force un mot selon les cas!, dont j'ai fait l'introduction de mon poème.
  Bien que j'aie consulté Roussel avant de me livrer à l'exercice, je ne me suis pas aperçu que le vers était en fait Combien change de force un mot suivant les cas!, avec un "suivant" qui aurait été bien plus adéquat, puisque mes cas étaient cas-lamar, cas-tastrophe, etc.

  Ceci serait anecdotique s'il n'était paru dans le n° 3 de Formules, imprimé en avril 1999, l'étude théorique La contrainte corollaire, de Ricardou, sa première participation à la revue. Il y proposait un RAPT, un Récrit Avisé Par la Textique, d'un extrait de La Disparition, mais il s'y était glissé un malencontreux "selon", contrevenant à la contrainte principale, le lipogramme en E.
  Ricardou a consacré 15 pages à justifier cette "inadvertance" dans le numéro suivant de Formules, imprimé en avril 2000, après donc la composition de mes Cas. Il avait d'abord écrit "suivant", puis, reprenant son texte sur épreuves, il avait jugé "selon" plus texticien...
  Retour sur l'affaire dans le n° 5, avec une descente en flamme de la textique par le perecologue Bernard Magné, et une réponse non moins virulente de Ricardou, sa dernière participation à la revue.

  Tous ces textes sont accessibles sur le site de Formules, en ligne où à télécharger.

  J'ai commenté cette affaire "selon-suivant" en juin 2012, mais j'ignorais alors la diagonale BELCROIX de Ricardou, et n'ai donc pu voir cette inquiétante succession:
1998: j'imagine une table des chapitres en carré dont la diagonale livre ROSENCREUTZ, ignorant que Ricardou avait fait de même en 1969, pour faire apparaître la diagonale BELCROIX.
1999: j'abandonne ce projet Novel Roman pour écrire Sous les pans du bizarre où, d'une façon qui m'est toujours incompréhensible, le "suivant" d'un vers de Roussel est devenu "selon"; quelques mois plus tôt, Ricardou avait opéré la même substitution, avec de plus graves conséquences.

  Il s'y ajoute des liens numérologiques que j'approfondirai plus loin. Pour l'heure, je remarque que les valeurs numériques de SELON-SUIVANT, 65-106, ont pour somme 171, le nombre d'ELISABETH LOVENDALE qui m'a conduit au jeu NOVEL ROMAN et à sa "novélisation". Or les premiers numéros de Formules donnaient les adresses de ses deux directeurs, Bernardo Schiavetta à Paris, et Jan Baetens à Leuven (Louvain), 171 Parkstraat.
  Ces premiers numéros étaient en outre imprimés par l'imprimerie Acco, à Leuven, dont le premier nom connu est Loven... Non, ça ne signifie pas "lion", mais "forêt près du marais", paraît-il, ce qui n'empêche pas la ville d'avoir un lion sur ses armoiries, plutôt qu'une forêt.
  Je pense bien sûr à ma seule contribution poétique à Formules, le SONÈ du numéro 9 (imprimé à Clamecy), où j'ai découvert le mois dernier une diagonale LOVEN absolument imprévue, croisant avec DALE tout aussi fortuit.

  L'étape suivante, et pas "selone", a encore un rapport immédiat avec ma période NOVEL ROMAN. Le 26 novembre 1998, je travaillais à une nouvelle approche du nom Lovendale, comparé au séducteur Lovelace de Clarissa Harlowe, en écoutant France-Culture et les Jeudis littéraires où Pascale Casanova recevait Jean Lahougue pour son nouveau roman, Le domaine d'Ana, et pour le livre complémentaire, Ecriverons et liserons en vingt lettres, donnant les Clés du Domaine...
  J'achetais les deux livres le lendemain, et les dévorais aussitôt. Lahougue signale dans le second certaines coïncidences qui ont émaillé la rédaction du premier, ainsi, alors que le prénom de l'héroïne du roman n'était pas arrêté, il fut contacté par une thésarde espagnole du nom d'Ana Roman, dont le prénom répondait parfaitement aux exigences du roman.

  Le Roman fut aussi à l'honneur le soir du 28 novembre 1998, avec la première diffusion du second épisode de Louis la Brocante, série qui comptera 44 épisodes. Louis Roman y achetait pour une bouchée de pain la collection presque complète de l'édition "au phare" des Voyages Extraordinaires, or Le domaine d'Ana est basé sur Voyage au centre de la terre.
  Il manquait un volume parmi les 47, que Louis trouve dans le tiroir secret d'un meuble, ce qui m'évoquait le volume manquant parmi les 18 de Richardson dans la nouvelle de Leblanc. Et dans ce volume manquant est aussi retrouvé un document, un testament olographe.
  On voit dans l'épisode la  boutique d'antiquités de l'ex-femme de Louis, vue de l'intérieur, soit NAMOR.M...
  Deux jours plus tard, Arte diffusait Haut, bas, fragile, film où Rivette suit trois jeunes femmes, Ninon, Louise et Ida, dont ne sont donnés au générique que les prénoms. Seule Louise donne son nom complet, Louise Loven, mais l'orthographe de ce nom n'est pas précisée, Lovaine, Loewen..., l'accent prononcé de son père suggérant une origine slave. Quoi qu'il en soit, Louise découvre dans un tiroir secret d'un meuble des lettres de sa mère, contenant des révélations sur le père Loven...
  Ainsi, à deux jours de distance, les programmes TV montraient Louis Roman et Louise Loven (ou autre orthographe) trouvant des documents cachés dans des tiroirs secrets... Aujourd'hui je fais le lien entre ANA ROMAN et la diagonale du grand carré du SONÈ, où je lis AVA LOVEN (ici après rotation de 180°).

  J'ai écrit à Lahougue toute mon admiration pour son roman, dont, incidemment, il y avait une critique dans le Formules n° 3, où Ricardou donnait sa Contrainte corollaire, avec son "selon" malvenu. Le même numéro présentait L'Anna, d'Eric Clémens, dont le titre est inspiré par "l'analogie" qui a été aussi une source de Lahougue, via Le Mont analogue de Daumal.
  Je transmettais aussi à Lahougue quelques commentaires qui l'enthousiasmèrent, et il m'offrit deux de ses livres parus aux Impressions Nouvelles de Benoît Peeters, le roman La doublure de Magrite (1987) et le recueil de nouvelles La ressemblance (1989). Les Impressions Nouvelles ont par ailleurs réédité L'Anna d'Eric Clémens en 2004 (et divers textes de Ricardou).
 
  La dernière nouvelle du recueil me plut particulièrement, Histoire naturelle, prétendu contenu des dernières notes de Jean Henri Fabre, la semaine de sa mort, du 5 au 11 octobre 1915. Fabre y analyse l'étrange comportement de la fourmi Atta bellifera F., dont le mimétisme la pousse à se cacher en imitant les craquelures de son environnement.
  Les notes s'arrêtent au 11 octobre, date de la mort de Fabre. Suit une analyse de Norman Hill, à comprendre "mont normand", hougue, lequel a repéré que la dernière phrase concluant chaque jour, semblant contredire ce qui précède, est formée de mots déjà apparus selon une logique péremptoire, 1er mot de la 1ère phrase, 2e de la 2e, etc., comme si la dernière phrase était une lecture diagonale de ce qui la précédait.
  Norman Hill en déduisait que les fourmis, obéissant à leur deux caractéristiques, le mimétisme et la marche diagonale, avaient conclu à leur manière chaque page du carnet de Fabre, ce qui lui semblait corroboré par l'écriture plus pâle de la dernière ligne.
  Un dernier commentaire balaye l'exégèse de Hill, attribuant le jeu à Fabre lui-même. Seule l'analyse de l'original pourrait dissiper les doutes, mais
Hélas, la lumière a eu raison de l'écrit, désormais irrémédiablement effacé.
  Les 12 mots de cette dernière phrase de la nouvelle sont issus selon la même logique des 12 phrases mettant en doute l'exégèse de Norman Hill...

  Mes premières analyses avaient rapproché la logique diagonale d'Atta de celle médiale d'Ana, car dans le roman de 1998 ce sont les lectures médiales qui sont privilégiées, du chapitre dans le livre, de la phrase dans le chapitre, du mot dans la phrase, de la lettre dans le mot.
  En turc ata signifie "père", et ana "mère". En araméen ata signifie "toi", et ana "moi".

  Au passage, sur la fiche Fabre j'ai VU SAINT-LEONS, commune qui l'a vu naître, or VUSAINT LEONS est l'anagramme exacte de SUIVANT SELON.
  Léons est ici pour Léonce, prénom dérivé du latin leo, "lion".

  La nouvelle est évidemment inspirée par l'expression "écriture de fourmi", et l'affaire rebondit lorsque je fis la connaissance de Jean-Pierre Le Goff, grâce à la publication de Sous les pans du bizarre. JPLG, inspiré par AS Byatt dont il a été aussi question sur Quaternité, a réalisé avec une myrmécologue une expérience conduisant à faire réellement écrire des fourmis.
  J'en parle ici, avec un climax: l'expérience a eu lieu le jour (ou presque) où j'ai découvert dans une brocante La bibliothèque de Villers, de Benoît Peeters, que j'ignorais alors être l'éditeur du recueil de Lahougue. Dans cette longue nouvelle ou ce court roman, Peeters joue avec les 5 lettres du mot LIVRE.

  L'étape suivante tourne à un vertige que je n'ai pu exploiter complètement le 6/6/12, date de publication du Grand Jeu Hanalogue, où j'étudiais Lahougue en parallèle avec Daumal, ce qui m'était l'occasion d'évoquer pour la première fois la controverse Ricardou-Magné sur le RAPT de La Disparition.
   Par un hasard temporel, j'enchaînais sur Les formiciens, roman dont m'avait parlé phrère Laurent, découvert la veille dans son édition EONS. Dans une annexe il était question du genre de fourmi Ana, ce qui m'évoqua le jeu Ana-Atta.
  Une recherche fourmi "ana" ne confirme pas l'existence du genre Ana, probablement une mauvaise saisie d'Atta, mais elle m'avait alors conduit à une nouvelle de 1983 de Yolande Villemaire, Une fourmi flottait dans sa margarita, que j'aurais probablement manquée dans une recherche actuelle car le lien est aujourd'hui dans la 18e page de résultats, alors qu'il était en 2012 dans la 1ère.

  Il est question du mot ATTA dans la nouvelle, apparaissant dans un rêve de la jeune Dana Khan, et sa mère lui dit que c'est le nom d'un personnage du roman de Ricardou Les lieux-dits

  Je me suis alors ébaubi de ce retour à Ricardou, mais n'ai fait de recherche sur son roman que le mois suivant, apprenant alors sa diagonale BELCROIX, où "bel" est interprété selon le latin bellum, "guerre". Il devenait alors évident que la fourmi Atta bellifera de Lahougue, se déplaçant en diagonale, était inspirée par Ricardou, et une note précise d'ailleurs que le traducteur américain de Fabre, Norman Hill, a aussi traduit Les lieux-dits.
  Il en a donc été question dans le billet Diagonales de juillet 2012, mais j'y ai manqué notamment que le traducteur de BELCROIX du français vers l'américain est Norman Hill, alors que ma diagonale ROSENCREUTZ venait d'un traducteur de l'américain vers le français, rencontré chez Norman Love. Comme déjà dit, l'interprète imaginé par Lahougue est la transposition de son nom normand, et mon Norman Love est une anagramme de NOVEL ROMAN; l'épisode faisait diverses allusions au Norman Bates de Psychose.
  Si hill est un "mont", le dale de Lovendale est une "vallée"... Le "mont" apparaît en outre à deux reprises parmi les "lieux-dits" de l'autre Jean, avec Chaumont et Monteaux, où se conclut le roman.

  En cherchant s'il existait un document montrant Ricardou et Magné réunis, j'ai trouvé cette photo du colloque de Cerisy 1980, autour de Ricardou avec lunettes noires et chien. Magné y est en bas à gauche, et j'ai eu la surprise d'y trouver aussi Yolande Villemaire, en haut à droite. Sur la photo originale figure aussi Claudette Oriol-Boyer, grande amie de Lahougue, souvent présente au sommaire de Formules.
C'était Jean Ricardou, c'était Bernard Magné,
L'un prônait la textique et l'autre en ricanait,
L'un tenait pour "selon", et l'autre pour "suivant",
Mais ni l'autre ni l'un aujourd'hui n'est vivant.

  J'en viens à un peu plus pointu, avec d'abord une analyse chiffrée d'Histoire naturelle.
  La nouvelle a en exergue une citation de Fabre, explicite, en 13 mots: Sa courbure, dans une certaine étendue, se confond avec celle de leur devis.
  Suivent 27 phrases de présentation, s'achevant sur une autre citation explicite de Fabre, encore en 13 mots: Ainsi qu'une série d'échos qui s'éveillent l'un l'autre.
  Cette dernière citation se lit aussi selon le procédé diagonal dans les 13 premières phrases de la présentation, tandis que la citation en exergue est produite par les 13 phrases suivantes.

  Viennent ensuite les 7 derniers jours de Fabre, en 29-26-27-27-26-29-22 phrases, mais la dernière phrase est inachevée, Ma main reste propre cependant, et mes meubles demeurent : elles ont fui hors de ma maison, suggérant que Fabre est mort sur ces mots.
  De fait, ces 16 mots se déduisent des 16 premières phrases du 11 octobre, mais il y a 5 autres phrases qui livrent les mots elles ne m'achèveront pas. Le récit de la journée montre Fabre au bord du délire, voyant les fourmis avoir envahi sa maison et imité son environnement, si bien qu'il imagine qu'en passant la main sur ses meubles ceux-ci disparaîtront et qu'il n'en restera qu'une encre noirâtre sur ses doigts. La phrase finale contredit cette crainte, mais l'absence de fin à la phrase finale la contredit à son tour...

  Puis viennent 48 phrases semble-t-il non codées, énonçant la théorie de Norman Hill, théorie mise en doute dans les 13 dernières phrases, mais le fait que la dernière phrase soit à nouveau obtenue selon le procédé diagonal amène à douter de la mise en doute...

  Toujours est-il que le coeur de la nouvelle, le texte attribué à Fabre, compte 185 phrases complètes et 1 inachevée. Or 185 est le nombre moyen de phrases par chapitre du Domaine d'Ana, soigneusement déterminé à partir des nombres générateurs 3 et 5:
3 + 5 = 8; 3 x 5 = 15;
8 est le milieu de 15, en conséquence 185 est un nombre privilégié.
  Un seul chapitre du Domaine a 185 phrases, j'ai égaré mes notes et ne sais plus lequel, en conséquence il faudra attendre pour des analyses comparatives (car lorsque ces phrases ont un nombre impair de mots, le mot central fait partie du roman'.)

  En comptant la phrase inachevée, on a 186 phrases, un nombre cité à maintes reprises pour le couple grec Kranion/Golgotha, "crâne" et la transcription grecque du mot araméen pour "crâne". Les valeurs des mots grecs sont 301/186, rapport doré optimal.
  Un "crâne 186" pour la mort de Fabre serait adéquat, et j'ai évoqué à mi-mot un 301 plus haut, pour l'inscription au seuil du tombeau de Rosencreutz, Post CXX annos patebo. Les inscriptions à l'intérieur du tombeau totalisent la valeur 1303 (selon l'alphabet latin) et
post annos patebo + CXX = 181 + 120 = 301,
le tout donnant 1604, l'année de découverte du tombeau, avec un "crâne 301" encore adapté à la circonstance.

  Le total des phrases pour la nouvelle, hormis exergue et notes, est de 273 complètes plus une incomplète. J'ai eu maintes occasions de m'intéresser à 273, produit de 13 et 21, les nombres de Fibonacci qui semblent me poursuivre avec obstination.
  3 phrases codées ont un statut particulier, la citation en exergue, correspondant aux phrases 14 à 26, l'autre citation de Fabre achevant la présentation, correspondant aux phrases 1 à 13, et la phrase inachevée concluant les notes de Fabre, dont les 16 mots correspondent aux 16 premières phrases des 21 du 11/10.
  Les deux premières phrases ont toutes deux 13 mots, la dernière 16 ou 21, ce qui peut conduire aux couplages 26-16 (les phrases effectives), ou 13-21 (les décodages effectifs obtenus pour les dernières phrases de la présentation et des notes de Fabre).

  Ce n'est qu'à l'été 2001 que j'ai commencé à m'intéresser au nombre d'or et aux séries additives. En 1998 mon intérêt pour les lettres ESARTULINO à la base des hétérogrammes de Perec était leur valeur 134 identique à celle d'ARSENE LUPIN, et c'est ceci qui m'avait incité à composer la table des chapitres de Un cercueil s'ouvrira, allusion à The Greek Coffin Mystery, by Ellery Queen, en 21 et 13 chapitres dont les titres en un seul mot déroulent cet acrostiche.
  En 2005 je me suis avisé que le découpage de ces 10 lettres les plus fréquentes en français donne
AEIOU / LNRST = 51/83, découpage d'or de 134 qui est encore en rapport d'or avec les 16 autres lettres, de valeur 217.
  Par ailleurs j'avais baptisé un des personnages de Sous les pans du bizarre d'une anagramme d'ARSENE LUPIN, et c'était
IRENE / LAPNUS = 51/83.

  Première curiosité dorée pour le couple litigieux "selon-suivant",
SELON / SUIVANT = 65/106, partage doré optimal de la somme 171. Je rappelle que les nombres 106, 171, et 134, avaient gouverné les noms des protagonistes de Novel Roman, en dehors des anagrammes du titre.
  La seconde curiosité est que les 5 voyelles rimbaldiennes apparaissent dans "selon-suivant", avec ce découpage voyelles/consonnes,
AEIOU / LNNSSTV = 51/120.
  La structure du recueil Alphabets détermine une répartition en 11 et 5 "chapitres",
BCDFGHJKMPQ = 97 et VWXYZ = 120,
"double coupe d'or" qui établit un lien entre les suites additives 51-83-134-217 et 23-37-60-97.
MAXIM / DUFRAX = 60/74 imaginé pour Novel Roman est l'exemple précédent de double coupe d'or dans cette suite 23-37-60-97.
  Je pense aux 120 ans séparant la mort de Rosencreutz, et à la valeur du nom du prof de Laval,
JEAN LAHOUGUE = 30 + 90 = 120.

  L'aval me rappelle la diagonale AVALOVEN du SONÈ, et l'éditeur EONS des Formiciens, dont l'erreur (probable) Ana pour Atta m'a aiguillé vers le nom Atta chez Ricardou via Villeneuve.
  Le roman de Raymond de Rienzi a une histoire, car ce serait à cause de lui que Céline aurait raté le Goncourt en 1932, année qui se trouve être celle de la naissance de Ricardou, comme celle de Truffaut, dont j'ai glosé ici la mort à 52 ans, en (19)84, rapprochée du couple 52/84 (13/21) de JUNG-HAEMMERLI. Ricardou a trépassé à 84 ans.

  Le couple 52-84 est aussi apparu pour la diagonale LOVEN du SONÈ. En prenant les rangs des lettres dans le texte final
Au paradis on attend l'exil, en à-pic au sens avéré. Relève Eve (...)
on obtient pour les syllabes
L+O = 42+10 = 52, et
V+E+N = 36+15+33 = 84.
  La moyenne 68 est précisément la valeur de LOVEN qui permet, en extrayant l'oeuf intérieur,
LN / OVE = 26/42 = 13/21.

  Le titre de ce billet a pour valeur 171, avec un possible réarrangement en 65-106 correspondant à SELON-SUIVANT:
UN JEAN - LE RICARDOU = 65-106.

  A ce propos il y a une curiosité dont il existe des traces, car c'était encore l'époque du snail mail, sinon de l'écriture de fourmi.
  Début 1999 j'ai souscrit un abonnement de 3 numéros à Formules, à un tarif préférentiel. C'était pour les numéros 3-4-5, les nombres du triangle de Pythagore, mais je n'ai pas reçu le n° 3, lequel contenait l'article La contrainte corollaire de Ricardou. J'ai écrit à Bernardo Schiavetta, lequel m'a renvoyé un exemplaire, mais il n'est pas arrivé non plus; il n'y a pas eu de 3e essai...
  J'ai bien reçu ensuite les numéros 4 et 5, avec la justification de Ricardou puis la controverse Magné-Ricardou, mais c'était après l'écriture des Cas des Pans, où j'avais aussi fait la bourde selon pour suivant durant l'été 99. J'habitais loin de Paris et il n'y avait pas encore de forum Perec en ligne, et je crois n'avoir appris l'inadvertance de Ricardou qu'avec le n° 5, car ses leçons de textique sont plutôt rébarbatives... Je n'ai de toute manière pas fait alors le lien avec ma propre bévue.

  L''impression de Formules à Louvain me rappelle une publication louvaniste imaginée par Perec dans La Vie mode d'emploi, le Bulletin de l'Institut de Linguistique de Louvain,  mentionné à maintes reprises:

  Je me suis émerveillé de la citation sauvage de Cristal qui songe à cet endroit précis, et il faut connaître le roman pour savoir que les insectes en question y sont des fourmis.

26.7.17

¡RES debe ser!


  Le billet précédent s'achevait sur une découverte ahurissante.
  Je rappelle que les grilles de 9x9 lettres de Cyril Epsein, publiée dans Formules n° 9 (2005), et de 9x10 lettres de Robert Rapilly, publiée dans El Ferrocarril de Santa Fives (2011), toutes deux conçues pour faire apparaître des messages en première et dernière colonne, contiennent sans intention de l'un ou l'autre des anagrammes de NOM-PRENOM dans leurs colonnes centrales.
  Ces 81 et 90 lettres m'ont évoqué un personnage dont les prénom et nom ont tous deux 9 lettres, ELISABETH LOVENDALE, de valeurs 81 et 90, soit 9x9 et 9x10, échos aux grilles de Cyril et Robert. Ce personnage d'une nouvelle de Leblanc m'avait paru extrêmement significatif en octobre 1996, et m'avait conduit au jeu ROMAN AMOR - LOVE NOVEL, que j'avais envisagé de magnifier dans un roman, Novel roman.
  Des coïncidences liées à ce jeu m'ont conduit à m'intéresser en mars à la grille de Cyril, et, indépendamment, en juin à celle de Robert, lequel était par ailleurs convié pour la première fois dans ce numéro 9 de Formules, avec des coïncidences étudiées dans le précédent billet. J'y étais aussi, également pour la première fois, comme Cyril et Robert, avec une double grille 8x8 + 6x6, où un message utilisant les 100 lettres du texte apparaît en lecture pandiagonale (voir ici toutes les explications). J'ai été stupéfait, en concluant le précédent billet,de trouver dans deux diagonales involontaires du grand carré LOVEN et DALE, avec LOVEN dans ce qui est en principe la diagonale principale du carré, celle déjà concernée par une coïncidence entre mon carré de Novel roman et celui de Ricardou dans Les Lieux-dits.
  Je n'avais donné que le grand carré du SONÈ dans le précédent billet, mais voici l'ensemble, avec une autre découverte dans le petit carré:
  Conformément à la lecture pandiagonale, il m'a semblé qu'il fallait s'intéresser plutôt à l'autre grande diagonale du petit carré, où je lis dans les mêmes conditions ALIS, puis, orthogonalement, LEDA, anagramme de DALE.
  ALIS peut faire penser à LISA, diminutif d'Elisabeth, mais le prénom vient de l'hébreu elisheva', qui peut se trancrire ALISBA.
  Léda est par ailleurs l'épouse du roi de Sparte, qu'elle a trompé avec le roi des Dieux, Zeus. Les Lovendale seraient des bâtards de la lignée du roi George IV.

  A partir de Lovendale s'étaient greffés divers surgeons, étudiés alors dans des textes quelque peu naïfs que je viens de remettre en ligne, tels quels. Les échos avec de nouveaux thèmes sont tels qu'il va falloir quelque temps et quelques billets pour défricher le terrain, sachant que chaque approfondissement amène souvent de nouvelles trouvailles...

  J'ai d'abord choisi de m'attacher aux trois poèmes concernés, la grille de 81 lettres de Cyril, celle de 90 lettres de Robert, et ma double grille totalisant 100 lettres (64+36).
  En tout 271 lettres, ce qui correspond au 9e nombre hexagonal centré, et ce n'est pas un hasard, car en partant de 81=92, les grilles obéissent au schéma
n2 + n(n+1) + (n+1)2 = 3n2 + 3n + 1, ce qui est précisément la formule des nombres hexagonaux centrés (suite A003215 de l'OEIS). Graphiquement :

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les 3 grilles équivalent à l'hexagone     █ █ █ █ █ █ █ █ █ █ █ █ █ █ █ █ █ █ █
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  Il se trouve que j'ai réfléchi récemment aux possibilités oulipiennes offertes par les hexagones, et fait un essai posté sur la liste Oulipo le 26/11 dernier. C'était une récriture en 216 lettres du texte de l'Oulipien de l'année, en l'occurrence une Oulipienne, Michelle Grangaud (dont la soeur Elisabeth - son mari Maurice ne se nomme ni Leblanc ni Lovendale - a réalisé la mise en pages du Formules n° 9).
  J'avais été séduit par le  8e nombre hexagonal, 217 ou 216+1, et avais choisi de laisser la case centrale vierge, comme dans le jeu de Rikudo.

  Ceci n'est pas permis dans le cas présent, et ma première tentative a utilisé le fait que les 90 lettres du poème ferroviaire de Robert peuvent occuper exactement les 7 et 8es enceintes de l'hexagone, de 42 et 48 cases, comme deux rails... 
  Ci-dessous, les 3 premières lignes de la grille de Cyril partent du G central, Gare opéra iwan Manon Roman pria, en 2 spires et demie. Suivent les 100 lettres de mon poème, dans sa version significative, Au paradis..., avec les 36 lettres du second carré occupant exactement la 6e spire. Suivent les deux rails hexagono-argentins de Robert, et la dernière spire déroule les 6 dernières lignes de la grille de Cyril.

         G R E N E M A I N R
        E I L D E F I L E I E
       R A B O L I L O C O N I
      E R A E L A N S M E M F N
     N E N N E R E L E V L O I E
    G L I E R T E N D L E E T N R
   A E E D E T A N P R E E S I I O
  W R R E V A M A I W I X V E V L I
 A O F I A N O R A R A A I E T E E M
E S H R R S O R E G E N A L A E S I A
 M Y P I A N S N P O M U E U P E T R
  I A A N T E I O N A P N R R M M I
   R P M I T S D A R A A E I B O A
    P E E F I U A C I P D V A T G
     M R S A L E D E M I E L I E
      I T L L E I A B E D L V M
       O
N I E L O S S E E L I
        I
E E E H R R O G O R
         M N A M O W N O O M

  Après la réalisation vient la recherche d'éventuelles nouvelles lectures dans la juxtaposition des poèmes.
  Je remarque particulièrement deux possibilités symétriques par rapport à la ligne centrale:
- la ligne 5 s'achève sur LOIE, composé de lettres issues des 3 poèmes écrits en une spirale rappelant le jeu de L'OIE; les 3 lettres précédentes sont LEV, "lion" dans plusieurs langues slaves, et il m'a fallu 21 ans pour comprendre que Lovendale vient de Loewenthal, "vallée des lions"; la Bulgarie dont l'emblème est le lion a adopté le lev, "lion", comme monnaie nationale, et la pièce ci-dessus fait référence au coup d'état du 9/9/44, une date qui m'est significative (d'autant que le coup a débuté la veille, 1/1/72 du calendrier pataphysique);
- la ligne 15 s'achève sur ELIE, or j'ai été conduit à un parallèle entre Elie et Enoch, seuls personnages de l'Ancien Testament ayant été élevés vivants au ciel, et Jung et Haemmerli, protagonistes d'un des premiers cas de NDE décrits en détail; NDE ou en français EMI, qui sont précisément les 3 lettres précédant ELIE sur la ligne 15;
- les 4 lettres précédant EMIELIE sur cette ligne 15 sont ALED, anagramme de DALE, "vallée", complétant le LEV de la ligne 5; tiens VAL est le renversement de LAV, "lion" en serbo-croate (dans son Ecrire en colonne, Cyril utilise, pour l'homophonie avec "reine", la préfecture Rennes du département 35 d'où a été postée la carte, et renverse par ailleurs ce numéro en 53 pour les "53 jours" de Perec, et je songe à Laval préfecture du 53).

  Je rappelle que la diagonale principale du grand carré du SONÈ est NEVOLAVA, avec donc dans un sens LOVEN, "lion" danois ou norvégien, et dans l'autre LAV, "lion" serbe ou croate...

  C'était une première approche, presque automatique puisque mon choix essentiel a été de choisir la lecture diagonale Au paradis du SONÈ plutôt que la lecture horizontale Nature, qui donnerait ceci (sans donner de couleurs différentes aux textes):

         G R E N E M A I N R
        E I L D E F I L E I E
       R A B O L I L O C O N I
      E R A I S A L E T E M F N
     N E N D P I T A X E N O I E
    G L I E A I S E N E L E T N R
   A E E L L R A N P R V A V I I O
  W R R E E E M A I W I I N A V L I
 A O F P N C O R A R A A S E D E E M
E S H I A I E R E G E N N E T E S I A
 M Y P M T S M N P O M A V A N E T R
  I A A E E U A O N A T U R I M M I
   R P M R L D D E R U L E L B O A
    P E E E A E P O D A R E A T G
     M R S S R E D E V I F L I E
      I T L I B E N I R A L V M
       O N I E L O S S E E L I
        I E E E H R R O G O R
         M N A M O W N O O M

  Je n'y vois pas a priori de curiosité aussi notable que dans le premier exemple, mais il y a tant de possibilités... Chacun peut s'y atteler...

  Il y a une autre approche, plus élaborée. La grille de Cyril et la mienne totalisent 181 lettres, et j'ai déjà repéré à propos de Mark Z. Danielewski que 181 est le 6e nombre étoilé, correspondant au symbole nommé Sceau de Salomon, entre autres.
  Ces nombres, décrits par la suite OEIS 3154, répondent à la formule
6n2 - 6n + 1, et il n'y a rien d'automatique à ce que deux carrés consécutifs donnent un nombre de cette forme. Les rares possibilités sont données par la suite 1570. Une autre propriété est que leurs carrés sont des nombres hexagonaux centrés.

  Il n'y a  pas de possibilité de représenter le 6e nombre étoilé, 181, de largeur 21, à l'intérieur du 9e nombre hexagonal centré, 271, de largeur 19, et j'ai songé au "lion caché", l'étrange pavage du plan proposé par Russell Hoban dans Pilgermann, étudié ici.
  Cyril voit un lion sur la carte postale prétexte de sa grille. Il m'a fallu interroger la toile pour le repérer, c'est un lion sculpté à la base de la colonne par Antoine-Louis Barye, dit aussi Lion du zodiaque.
  Un LEON apparaît verticalement dans la grille de Robert, avec le plein statut de "lion caché"; et il en va de même du LOVEN de mon SONÈ.

  Par ailleurs le sens du nom Lovendale m'est resté longtemps inconnu, et il est possible que Leblanc l'ait choisi en pensant au lion, emblème essentiel de la monarchie britannique. Chaque souverain, d'abord prince de Galles, a ses propres armoiries, et je m'émerveille de trouver sur celles de l'actuel Charles, outre pas moins de 13 lions, une grappe de 15 grains de raisin, symbole du duché de Cornouailles.
  Avant de découvrir ces armoiries, j'avais choisi comme élément essentiel de ma construction un triangle de 15 cercles, jaunes pour Cyril.

  Le "lion caché" de Hoban a pour motif central la "roue de David", un Sceau de Salomon fait de 12 triangles de deux couleurs. Elle est entourée par 12 triangles de deux couleurs, de plus grande dimension, le tout formant un hexagone permettant de paver le plan, et Pilgermann entreprend de paver un terrain d'Antioche avec des tuiles de terre de deux couleurs. Un ami, surnommé Bab el-Burj, "porte de la tour", pour le jeu avec Babel Tower, construit une tour sur le terrain, permettant de visualiser l'ensemble de la réalisation.
  J'avais été sidéré de trouver un lion révélé par une Tour de Babel, alors que deux formes du mot "lion", lewew et sisak, m'avaient conduit 7 ans plus tôt aux deux châteaux triangulaires de Wewel et Sisak, que j'avais superposés en Etoile de Babel, à partir du jeu du livre de Jérémie, Babel, BBL, codé SSK selon l'alphabet atbash.

  J'ai modifié le motif du Lion Caché pour avoir 18 triangles égaux, comptant chacun 15 cercles, s'inscrivant aussi dans un hexagone et permettant un pavage du plan (tiens, la diagonale principale du petit carré du SONÈ débute par PAVE). Les triangles jaunes et turquoise, formant un Sceau de Salomon (ou une Roue de David), totalisant 181 cercles avec le centre, recevront les 181 lettres des "hébraïsants", Cyril et moi. Les 6x15 cercles fuschia recevront les 90 lettres de Robert.
  Ces 181 lettres ont pour valeur 1909, or j'ai relié l'année 1908 = 18 fois 106 au jeu sur les 18 lettres d'ELISABETH LOVENDALE, en conséquence la lettre centrale du Sceau sera un A de valeur 1, venant de mon texte.
  Il reste à en transférer 9 lettres vers la grille de Cyril, et il m'a semblé s'imposer de choisir les diagonales LOVEN DALE. La lecture horizontale de la grille de Cyril s'achève sur l'énigmatique "IO imprime". IO c'est la princesse aimée de Zeus, et qui a pour point commun avec Léda que le dieu venait l'honorer sous forme animale (taureau ou cygne). Cyril voit une vache sur la carte postale, et interprète aussi les lettres IO comme la colonne I dressée sur le cercle O de la place. Je suppose que ce fan d'informatique a aussi pensé aux 1-0 du binaire et aux I/O symbolisant les entrées et sorties, la place ayant joué à plusieurs reprises un rôle certain dans la détermination de qui était IN et de qui était OUT.
  Bref il m'a semblé que ce que IO a imprimé, c'est LOVENDALE caché 113 pages plus loin dans mon SONÈ, par les méandres de l'Inconscient Océanique... J'ôte donc ces 9 lettres de ma grille pour en faire la 10e ligne de celle de Cyril.
Jusqu'à neuf c'est O.K. tu es "IN"
Après quoi t'es K.O. tu es "OUT"
(Serge Gainsbourg, Qui est "in", qui est "out")

  Quant au A centre du Sceau, ce sera le A précédant LOVEN dans la diagonale principale du grand carré.
  J'avais cerclé aussi le T correspondant dans le petit carré. D'une part parce que c'est la forme dessinée par les lettres LOVEN et DALE dans le grand carré, ALIS et LEDA dans le petit, d'autre part parce que alef et taw, A et T, première et dernière lettre de l'alphabet hébreu, forment le premier couple atbash.
  Le problème d'arranger nos grilles 9x9 et 10x10 en grilles 9x10 (ou IO) semble encore évoqué en anglais par la diagonale parallèle à LEDA dans le petit carré, NINE, qui se lit exactement ainsi, la rotation de 180° des N les laissant inchangés. Dans l'autre carré pourrait y correspondre TEN, occupant une diagonale complète, mais faisant partie du texte inTENtionnel, Au paradis on atTENd...

  Le stade suivant consiste à récrire les deux nouvelles grilles de 90 lettres à la manière de celle de Robert, en deux fois 5 lignes de 9 lettres:
 ___________     ___________     ___________
GAR│EOPERA   AUP│RAD│ISN   FRE│INA│BOL
IWANMANON   ATT│NDL│XIL   ILO│COM│OTI
ROMANPRIA   ENP│ICA│USE   VES│EMB│ALL
AWAGNEREG   SAE│RER│EEV   EES│SOL│EIL
RENEMAINR   EEV│EAU│REI   SEM│APH│ORE  
 ___________     ___________     ___________
EINEROIMA   MED│EIT│TAR   LER│AIL│DEF│
RIAGEMIRM   IED│ENE│LAN   ILE│INF│INI│
OONWOMANM   SME│LES│ETE   LEI│TMO│TIV│
IOIMPRIME   PRI│VED│EBA   LOG│ORR│HEE│
LOVENDALE   IEL│AFI│NIR   ENT│REP│AYS

  Donc la grille jaune est celle de Cyril, avec ajout final de la ligne LOV END ALE. La grille turquoise est mon texte Au paradis... amputé des lettres LOVEN DALE et A, enfin la grille fuschia est celle de Robert, pratiquement identique à sa version publiée, si ce n'est que j'ai découpé chaque grille en 6 secteurs de 15 lettres. Chaque secteur correspondra à un triangle du "lion caché", dont chacune des 6 branches recevra 3 secteurs identiques des 3 grilles.
  Je disposerai à ma guise les lettres de chaque secteur dans le triangle correspondant, mais pour limiter les possibilités je me suis imposé une autre règle: chaque branche du lion caché devra comporter l'un des 6 mots codant l'ouverture des "coffiots" du roman de Siniac Les monte-en-l'air sont là! Des considérations sur le N de ELISABETH LOVENDALE m'avaient conduit à ce Folio Policier n° 185, et à y découvrir les 6 combinaisons des coffres convoités par les braqueurs
Auguste Maty et Armie Duclair :
RIVER - OPERA - ADOLF - MAFIA - ALLAH - NEGRO
  J'y avais repéré l'acrostiche RO(A)MAN, écho au ROMANAMOR auquel m'avait mené la nouvelle de Leblanc; par ailleurs les initiales AMAD des braqueurs m'évoquaient le jeu M-A-D, 13-1-4, également déterminé par le nom ELISABETHLOVE-N-DALE.

  Si j'avais vu jadis chaque combinaison évoquer une aventure de Lupin (notamment MAFIA évoquant les Milliards d'Arsène Lupin détournés dans un convoi de 18 camions, sauf le 14e), il ne m'est pas indifférent aujourd'hui que RIVER ait été choisi par Ralph Russel Rudder, vraisemblable allusion à Raymond Roussel, dont la Vue est prise comme exemple dans l'entreprise de Cyril de description d'une carte postale, montrant la place de la Bastille destinée à accueillir un OPERA, seconde des 6 combinaisons. Cyril s'intéresse aussi au canal qui coule sous la place, invisiblement (RIVER caché ?)

  Voilà, restait à appliquer ces règles et voici le résultat:


Ceci peut se lire:

wagon, sérail à ta MAFIA, par women épurées, rêve tes èves
cadre pardi, ménélas mage nu, plan OPERA, ino maman boche
raire en air, ô léon, n’arRIVER lion, exige le bis seul loti
A
idées à midi, lorelei, ein impie, le noir NEGRO, vil otello
pomme éden réel, weg, roi ferminien, ADOLF prévit sa mort
néant mérité, amer afin, ALLAH y a mimé bêtisier, aide vin

  En principe, le A central peut (doit ?) débuter chaque branche du Lion Caché. Comme je ne pouvais lui donner qu'une seule direction, j'ai choisi de le remplacer par son ancêtre Alef, א, aussi giratoire que le génie ou le roi de la Colonne de Juillet.

  Peut-être faudra-t-il attendre quelque temps pour décoder d'éventuels messages non calculés dans le Lion Caché, comme il a fallu près de 9 ans pour que je distingue le LOVEN caché dans le SONÈ. J'ai le sentiment que les textes très contraints génèrent de telles surprises.

  A ce propos je veux revenir sur Ricardou, pour une coïncidence en cours d'écriture de ce billet.
  Donc, ignorant tout de son roman de 1969, Les Lieux-dits, et de sa table des chapitres formant un carré dans la diagonale duquel peut se lire BELCROIX, j'ai eu aussi l'idée en 1998, à l'intérieur du projet dont le titre aurait été NOVEL ROMAN, de créer une table de 11 chapitres ESARTULINO + 1 joker, dans la diagonale duquel peut se lire ROSENCREUTZ (ROSECROIX).
  J'ai mentionné ceci à diverses reprises, sans avoir conscience que Ricardou était un théoricien du Nouveau Roman, et qu'il avait écrit précisément Le Nouveau Roman, en 1973, où il dévoilait d'ailleurs quelques jeux de sa propre prose, notamment la diagonale BELCROIX.
  C'est le 23 juillet que j'ai pris conscience de cette correspondance Ricardou-Nouveau Roman et Schulz-Novel Roman. Consultant Wikipédia, j'ai vu que Ricardou était mort le 23 juillet 2016, exactement un an plus tôt, ce 23 juillet étant par ailleurs l'entrée dans le signe du Lion.
  Son roman Les Lieux-dits est centré sur l'exégèse d'un paquet de Pall Mall, avec notamment diverses considérations sur ses 8 lions.
  Et bien sûr Jung natif du 26 juillet est un Lion, ce qui ne m'avait jusqu'ici pas retenu, vu mon peu d'intérêt pour l'astrologie. 

  A propos de Io présente dans la grille de Cyril, il me souvient d'une des définitions de la génisse idolâtrée par les verbicrucistes, Coeur de lion..., pour IO au coeur des lettres LN, autre classique des mots croisés (Beauté phonétique).
  La nouvelle curiosité, c'est que Léda, apparue involontairement dans mon SONÈ, était la mère d'Hélène. Y a-t-il un lien avec l'apparition de Ménélas dans le Lion Caché?

  Je suis loin d'en avoir fini avec le lion sous ses différentes formes, mais je reviens à Pierre Siniac, qui était lui plutôt amateur de tigres.
  Mon découpage plus haut des 270 lettres en 18 secteurs verticaux de 15 lettres permet aussi un découpage horizontal en 90 groupes de 3 lettres.
  Après la décision d'utiliser les 6 combinaisons des coffiots, je me suis avisé que les 6 lettres de SINIAC correspondent aux groupes 33 et 38, ISN et ICA (avec les groupes 1 à 30 pour Cyril, 31 à 60 pour moi, 61 à 90 pour Robert). Aux groupes 45 et 89, REI et REP, correspond PIERRE (45 et 89 sont les valeurs de REMI SCHULZ).

  Ceci me permet d'aborder un dernier point. Les valeurs de nos noms sont
EPSTEIN  SCHULZ  RAPILLY = 88 + 89 + 93 = 270,
soit 3 fois 90, nombre de lettres de la grille de Robert comme de celles de Cyril et moi, après réarrangement en lui cédant les lettres LOVENDALE, de valeur 90 précisément.
  Les écarts de nos noms à la moyenne 90 sont -1, -2, et +3, me rappelant que les 3 carrés de Rapilly dans le Formules n° 9, situés entre ceux d'Epstein et Schulz, semblent magnifier de 3 façons différentes la valeur 123 de GEORGES PEREC.

  Ainsi le RES du titre de ce billet fait d'abord allusion à nos initiales, plutôt qu'à la res omnium rerum de César ou la thing of beauty de Keats. Le titre complet se réfère au dernier quatuor de Beethoven (ça rime avec LOVEN), n° 16 (4x4), qui a 4 mouvements. Le dernier mouvement porte une inscription de la main du compositeur : « Muß es sein? Es muß sein! » (« Le faut-il ? Il le faut ! », ou en espagnol ¿Debe ser? ¡Debe ser!).