24.9.16

Quoi ? plein d'émotion !


   Un premier billet sur Puzzle de Thilliez (2013), roman en 64 chapitres débutant chacun par une pièce de puzzle, m'avait fait étudier les échos avec La Vie mode d'emploi de Perec.
  Dans l'édition Pocket du roman de Thilliez, qui débute par une citation de Du côté de chez Swann, le chapitre 61 reprend la pièce déjà donnée chapitre 40, et il est ainsi impossible de résoudre le puzzle, alors que chez Perec le climax est la mort de Bartlebooth devant un puzzle dont la dernière pièce ne s'adapte pas à l'emplacement vacant; la description du puzzle comporte une citation cachée de Proust, et l'échec de l'entreprise de Bartlebooth est souligné par les 61 puzzles qu'il ne pourra résoudre.

  Le billet suivant m'a fait aborder deux autres romans-puzzles, et puis deux autres réminiscences ont émergé de mon esprit embrumé.
  D'abord 7, de Richard Montanari (2008), déjà évoqué ici. Un dingue nommé Swann entreprend un programme criminel utilisant 7 lieux en forme des 7 pièces du tangram, choisis dans Philadelphie pour réaliser la figure du cygne (swan). Probablement en écho à la citation de Proust, Puzzle de Thilliez se passe à Swanessong ("chant du cygne").
  L'autre roman est Le symbole perdu, de Dan Brown (2009), où je me suis souvenu qu'il y avait un ensemble de 64 pièces carrées à réordonner en utilisant un carré magique.

  Chaque roman offre d'autres échos, et il y a des ressemblances entre eux qui ne peuvent être attribuées à des causes simples car la publication du roman de Dan Brown, annoncée dès 2006, a été retardée.
  Je commence par ces ressemblances. Dans les deux romans le méchant a un problème avec son père. Joseph Swann, 38 ans, est le fils du magicien Karl Swann qu'il séquestre depuis des années. Il a peaufiné un plan pour lui faire payer toutes les brimades paternelles en ce mois d'août 2008.
  Chez Dan Brown, où l'action se passe en une seule journée non datée, celui qui s'est nommé Mal'akh ("ange" en hébreu), 34 ans, a enlevé à Washington Peter Solomon, haut gradé franc-maçon, en vue de lui faire révéler l'ultime secret de l'ordre. En fait, sachant que Peter ne parlera pas, Mal'akh l'utilise comme otage pour faire résoudre l'énigme par Robert Langdon. Un lecteur blasé devine aisément que Mal'akh est le fils de Peter, Zachary Solomon, n'ayant pas pardonné à son père d'avoir voulu éduquer son fils à son image.
  Swann et Mal'akh se sont prévus une apothéose en conclusion de leurs plans, qui échouent et conduisent à leurs morts.
  Les deux intrigues contiennent des énigmes concernant Philadelphie, capitale provisoire des USA jusqu'en 1800, et Washington, capitale définitive.
  Les ailes de l'ange sont souvent comparées à celles du cygne blanc.
  Je remarque que, si Swann m'évoquait le Swanessong de Puzzle, ce roman est la recherche d'une mémoire perdue, la citation de Swann y étant liée, or "se souvenir" est en hébreu zakhar, racine du nom Zachary ("YHWH se souvient").

  Les deux romans utilisent une même ficelle. Dans 7, les enquêteurs pensent avoir trouvé l'endroit correspondant à la dernière pièce du tangram, le carré, et ils établissent un dispositif pour arrêter Swann à Logan Square, mais c'était une ruse de sa part pour détourner l'attention du lieu réel.
  Dans Le symbole perdu, Langdon, traqué par la CIA, envoie ses agents sur une fausse piste, ce qui permet à Dan Brown de tirer à la ligne pendant quelques chapitres...
  Le chef de la CIA est une femme nommée Inoue Sato, tandis qu'une des victimes de Swann est la jeune Patricia Sato.

  J'ai lu Le symbole perdu peu après sa parution, fin 2009, et je ne me rappelais plus qu'il y était question du carré magique d'ordre 4 lorsque j'ai associé en juillet 2010 ce même carré de Dürer au couple Jung-Haemmerli (valeurs 52-84), parce que chaque colonne de somme 34 offre un partage 13-21, et l'ensemble une répartition 52-84. Cette répartition peut apparaître aussi dans les 16 premiers nombres groupés en 4 tétrades
(1-2-3-4) + (9-10-11-12) = 52
et (5-6-7-8) + (13-14-15-16) = 84
avec dans la gravure de Dürer les deux premiers groupes donnés par le cadran solaire.

  Le symbole perdu compte une section initiale intitulée Les faits, en bref indiquant que toutes les curiosités décrites dans le roman sont fondées sur des faits authentiques. Attendu que Da Vinci Code débutait de même par une section Les faits, j'ai envie de classer cette section dans la fiction, se poursuivant par un prologue, 133 chapitres, et un épilogue.
  J'arrive ainsi à 136 sections, soit la somme des 16 premiers nombres composant le carré magique d'ordre 4, et aussi pour moi le couple Jung-Haemmerli. J'ai donc cherché une césure 52-84 qui est possible.

L'intrigue est une suite d'énigmes enchâssées parfois lassante, débutant par la découverte de la main coupée de Peter Solomon portant un tatouage SBBXIII qui conduit chapitre 38 à une cave du Capitole où est cachée une pyramide, sur une face de laquelle sont gravés 16 glyphes dont il faudra attendre le chapitre 50 pour avoir leur équivalent dans notre alphabet, soit

  Il faut encore 16 chapitres pour que soit livrée une autre clé, à la fin du chapitre 66, la date 1514 suivie du monogramme d'Albrecht Dürer. Ceci oriente vers le carré magique de Melencolia, et l'ordonnancement des nombres du carré livre le message Ieova Sanctus Unus.
  Je remarque à ce stade que le chapitre 50 est la 52e section du roman, et que c'est donc à la césure 52-84 qu'intervient le premier décodage du carré 4x4. L'apparition de Dürer est à la fin de la 68e section, à l'exact milieu des 136 sections.

  Je ne sais si ces 136 sections sont délibérées, mais suis en revanche certain que les 34 chapitres du Labyrinthe de la rose, découvert en juillet 2015, sont voulus, l'auteur y ayant décliné le nombre 34 sous tous les angles. Il y est question du carré traditionnel d'ordre 4, de constante 34, au chapitre 17, soit à la moitié des 34 chapitres.
  L'une des 3 illustrations du livre est le carré d'Agrippa, chapitre 17, et à la fin du chapitre 21 est donné cet autre arrangement des 16 premiers nombres, une étoile magique où chaque alignement de 4 nombres donne encore 34.
  Cette étoile offre un partage 52-84 encore plus immédiat, 52 pour les 8 nombres extérieurs, 84 pour les 8 nombres intérieurs, mais je n'imagine pas que l'auteur, semblant avoir recopié des infos sans les comprendre, ait placé exprès cette étoile à une césure 21-13 du roman (84/52 = 21/13).

  Je n'imagine guère non plus que les césures presque équivalentes des 136 sections du Symbole perdu soient intentionnelles (52/84=13/21 et 68/68), ce qui rend vertigineuse la méta-coïncidence des coïncidences de ces deux romans utilisant le carré magique d'ordre 4. Si Le labyrinthe de la rose est paru en 2008, les retards du Symbole perdu (15 septembre 2009) rendent improbable une quelconque influence.

  Retour aux codes de Dan Brown. La formule Ieova Sanctus Unus est connue pour avoir été l'anagramme utilisée par Newton, qui écrivait son nom en latin Isaacus Neuutonus (Neutonuus selon Dan Brown). Or une autre face de la pyramide porte l'inscription Tout sera révélé au trente-troisième degré, et Langdon se souvient que Newton avait imaginé sa propre échelle des températures, où 33° était la température de l'eau frémissante (et 34° celle de l'eau bouillante). Il plonge la pyramide dans l'eau bouillante, ce qui révèle une inscription sur une autre face:
le
secret est
à l'intérieur de l'Ordre
Huit Franklin Square
  Il y a un Franklin Square à Washington, mais Langdon devine qu'il s'agit de décoder l'ensemble de 64 pièces figurant sur la base de la pyramide à l'aide du carré magique d'ordre 8 découvert par Benjamin Franklin. Franklin en a en fait proposé plusieurs, mais Langdon tombe immédiatement sur le bon, et voici ce que révèle le puzzle résolu, dont le décodage occupe encore pas mal de chapitres:

  Je remarque au passage que l'utilisation à deux reprises de carrés magiques ne dénote pas un excès d'imagination, et qu'un décrypteur digne de ce nom n'aurait eu aucun besoin d'indices pour résoudre les grilles proposées.
  Quoi qu'il en soit, les deux dernières lignes m'évoquent immédiatement aujourd'hui Puzzle, de Thilliez. Si le puzzle y est un jeu accessoire proposé au lecteur, l'enjeu principal du roman est le décodage d'un mystérieux dessin, laissé par son père, représentant un paysage de montagne avec un arc-en-ciel de 5 couleurs, et deux étranges formules:
Ici-bas c'est le Chaos mais au sommet, tu trouveras l'équilibre. Là sont toutes les réponses.

et  :

H 470
H 485
H 490
H 580
H 600




  Ilan découvre que les nombres représentent des longueurs d'onde correspondant à des couleurs dont les initiales se réarrangent en JACOB, Les H indiquent qu'il s'agit de l'Echelle de Jacob, qu'il faut ensuite utiliser pour la lame XII du tarot, où les montants de la poutre supportant le Pendu sont gradués. Ilan compte 7 degrés, et le 7e signe du zodiaque est la Balance, correspondant à la forme de l'île du dessin. C'est là qu'il doit aller pour trouver l'équilibre, et en fait recouvrer la mémoire. Il est Lucas, octuple assassin qui, lorsqu'il a réalisé l'horreur de ses crimes, a tenté de se pendre. Il a été sauvé, mais est resté dans un coma où son inconscient a élaboré la personnalité alternative d'Ilan... Tout le roman était le récit de ce fantasme.


  Les escaliers sous la pyramide de la figure maçonnique sont pour Langdon le symbole de l'Echelle de Jacob, et il est fascinant qu'elle s'élève entre les symboles des 12 signes du zodiaque.
  Chaque volée de l'escalier a 7 marches, et le symbole de la balance est dans le coin inférieur gauche, à l'endroit même où sont inscrites sur le dessin du "père d'Ilan" les longueurs d'onde menant à l'Echelle de Jacob.
  Puzzle (2013) est postérieur au Symbole perdu, que Thilliez a pu lire comme quelques dizaines de millions d'autres personnes, mais je ne vois pas trop comment la figure maçonnique aurait pu inspirer l'énigme du lac d'Ibron, nom qui m'avait fait m'interroger sur son origine, et je constate maintenant que c'est une anagramme de Robin, diminutif de Robert, comme Robert Langdon (la veille de mon intuition du 8 septembre 2008, quelques jours après la fin de 7, j'avais regardé un épisode de Barnaby où une anagramme, Cast no sin here, concernait un certain Robin, à lire Catherine's son; un autre personnage important du Symbole perdu est Katherine Solomon, la soeur de Peter, avec laquelle Robert Langdon mène ses recherches [Peter a été comme un père pour lui]).
  D'autres coïncidences n'obéissent à aucune logique usuelle, ainsi le coin inférieur gauche est la pièce manquante de l'immeuble décrit par La Vie mode d'emploi. Cette pièce manquante fait écho à celle devant laquelle meurt Bartlebooth, à son bureau qui est un meuble utilisé par Perec lui-même, hérité du fondateur emblématique de sa famille française, Jacob Bienenfeld. 
  Je rappelle à nouveau les 61 puzzles qu'il restait à résoudre, indicatif de cette pièce n° 61 sur le diagramme de l'immeuble, auquel fera écho la pièce manquante du chapitre 61 de Puzzle de Thilliez, dans l'édition Pocket. L'une des pièces constituant l'Echelle de Jacob correspond au nombre 61 du carré magique de Franklin.

  Retour à 7 maintenant, où Joseph Swann a prévu son apothéose après l'exécution de 7 tours de magie, les 7 merveilles, qu'il filme pour son père Karl, prisonnier depuis que Joseph l'a sauvé d'une pendaison, dont il garde la marque sur le cou comme Lucas chez Thilliez. Chaque tour se solde par la mort de l'assistante du Grand Cygne, la charmante Odette, du nom du cygne blanc de l'opéra de Tchaïkowsky.
  Le programme déraille lors de l'exécution du 7e tour, où Odette retourne le piège qui lui était tendu, et Joseph blessé tente de se pendre à la poutre où s'était pendu Karl 21 ans plus tôt, mais est achevé avant par le feu qui ravage la bâtisse.

  A la première lecture du roman, j'avais découvert vers sa fin des informations sur la conception de Philadelphie autour d'une place centrale et de 4 places équidistantes de celle-ci, ce qui m'avait fait explorer plus avant ce mandala, et découvrir que, lors de la réalisation, la place "centrale" ne l'était aucunement, et que les deux axes de la ville historique la divisent en 3 et 5 rues du nord au sud, 8 et 13 d'ouest en est, comme si son urbanisation avait été confiée à un obsédé de la suite de Fibonacci.
  Cet aspect doré est confirmé par un plan de la ville effective où j'ai appliqué le logiciel PhiMatrix (lignes bleues). Les 4 places ne sont pas non plus équidistantes de la place centrale occupée par le City Hall, et se superposent assez exactement aux 4 coins du rectangle d'or en blanc également calculé par PhiMatrix.


  Logan Square est la place du Nord-Ouest, où Swann a tendu un piège à la police. La place du Nord-Est est un autre Franklin Square, comme celui de Washington où la CIA tend un piège à Mal'akh en lui transmettant le message où il est question du secret à l'intérieur de Franklin Square.

  Lors de cette première lecture j'avais relevé la structure de 7 en 1 prologue et 3 parties de 15-52-42 chapitres, avec la possibilité 1+15+52 = 68, et 68/42 = 34/21, rapport fibonaccien. Je n'étais pas alors revenu en arrière pour constater que la dernière partie était un contre-la-montre se déroulant de minuit à 6 heures d'un des derniers jours d'août 2008. Swann a choisi cette courte période pour exécuter ses 3 derniers tours, et il l'a marquée en teintant de rouge sang le cadran de la grande horloge du City Hall, sur la place centrale de Philadelphie, vu ci-dessus de Broad Street, rue principale de la ville constituant l'axe Sud-Nord, le cardo emprunté aux Romains.
  Washington, dont le premier nom a été Rome, est aussi basée sur le modèle des villes romaines.

  Joseph Swann a échoué dans son projet parce qu'il a cru choisir sa dernière victime, Graciella, alors qu'elle s'était volontairement mise sur son chemin. C'était la fille d'une inspectrice, Eve Galvez, qui était sur la piste de Swann, et que celui-ci a tuée. Graciella est aidée par Karl qui lui dévoile les ficelles du dernier tour de Joseph, et je constate que
GRACIELLA / KARL = 68/42 = 34/21.
  Non seulement ces noms correspondent au partage du roman en 68-42 sections, mais ce partage fibonaccien 34-21 est marqué par la modification à la fin du chapitre 67 (ou section 68) du City Hall, construit au "centre" de Philadelphie qui la partageait en fait en 13-8 blocs Est-Ouest et 5-3 blocs Sud-Nord...

  Le partage 68-42 de 7 m'ébahit face au partage 52-84 du Symbole perdu, car j'ai rencontré à diverses reprises ces nombres ensemble. Le cas le plus frappant est celui du film La cité des anges, dont les 4 personnages principaux sont les anges incarnés SETH et NATHANIEL, 52 et 84, le pur ange CASSIEL, 68, et la pure humaine MAGGIE, 42, amoureuse de Seth. Je ne peux reprendre tous les éléments de ce billet très riche, et me borne ici aux nouveautés.
  Nathaniel a choisi de s'incarner sous le nom Messinger, forme de messenger, "messager", or le sens premier de l'hébreu mal'akh, "ange", est "messager".
  Quant à Seth, j'ai consacré le billet Dis, Seth à l'homophonie Sept-Seth.

  Seth rencontre Nathaniel presque à la section d'or de La cité des anges, à la veille d'une opération du coeur que doit subir Nathaniel.  C'est de même une maladie du coeur qui a réuni Carl JUNG (52) et Theodor (même sens que Nathaniel) HAEMMERLI (84). Le coeur apparaît dans la première énigme donnée par Swann à la police pour découvrir son premier crime, une référence à Jérémie 17,9, "Le coeur est tortueux"...
  En hébreu, c'est OQB HLB, la racine OQB, "tromper", étant associée au nom Jacob, YOQB, notamment par son frère Esaü en Gn 27,36, "Il m'a trompé par deux fois", or ma première lecture de 7 est survenue au lendemain de ma lecture d'une exégèse des versets relatant la première tromperie de Jacob, l'usurpation du droit d'aînesse.
  Mon précédent billet m'a fait apprendre, par le truchement d'un roman de structure remarquablement fibonaccienne, que le cardo de Lutèce correspond aujourd'hui à la rue Saint-Jacques, bien moins tortueuse que le muscle cardiaque selon Jérémie.

  Le billet Nathaniel était consacré à RENE DAUMAL (42-52), surnommé NATHANIEL (84) par ses amis, et dont l'oeuvre essentielle Le mont analogue met au premier plan le professeur SOGOL (68), inspiré par son ami ALEXANDRE (84) Salzmann. Sogol emmène vers le mont analogue ses compagnons KARL (42), HANS (42), et ARTHUR BEAVER (86/53, doré).
  Je remarque les deux dernières parties de 7, en 52 et 42 chapitres.

  Le billet Cassiel, Maleldil & Nathaniel m'a conduit au roman La trahison de l'ange, où cet autre ange maléfique est MALEK (42), lequel provoque la perte du journaliste NATHANIEL NDOUALA (84-68).

  L'arabe malek est l'équivalent de l'hébreu mal'akh, dont ni l'origine ni le sens ne sont donnés par Zachary Solomon, lequel le relie à la divinité Moloch, que l'étymologie n'associe aucunement à l'ange, mais plutôt au "roi", melekh en hébreu, malik ou malek en arabe.
  Je rappelle qu'un hasard conté dans le récent billet L'ami Marek m'a conduit au roman de Boileau-Narcejac ...Et mon tout est un homme où le docteur Marek utilise les 7 morceaux d'un condamné à mort pour sauver 7 accidentés de la route, puis les greffés sont éliminés les uns après les autres pour reconstituer le  criminel. Les 7 pièces du  tangram permettent aussi de composer des silhouettes humaines.
  Ce billet m'a fait associer les mots marek et malek.

  Si c'est Puzzle qui m'a rappelé 7 et Le symbole perdu, un autre roman peut faire un lien entre ces deux derniers, Les orphelins du mal qui débute par un mystérieux colis contenant 4 mains coupées portant des tatouages, celles des frères Sven (cygne).

  J'en viens à un événement concomitant à l'écriture du présent billet. Le 17 septembre, phrère Laurent m'a envoyé quelque chose sur le nombre 232 qui est un de ses favoris.
  Je me suis demandé quels mots hébreux avaient la gématrie 232, et le premier qui m'est venu à l'esprit est HBKRH, הבכרה, ha-bekhora, le droit d'aînesse. Tiens donc, je venais d'en parler sur le billet en cours, parce qu'une citation de Jérémie dans 7 m'a conduit à un jeu de mot d'Esaü sur le nom de son frère Jacob, ce qui m'a rappelé que j'avais associé ma lecture de 7 à une ELS découverte la veille, ELS contenue dans un court passage de la Genèse, évoquant précisément l'usurpation du droit d'aînesse d'Esaü par Jacob.
  Le cas 232 donné par Laurent avait quelque chose à voir avec son aînesse dans sa fratrie.

  J'ai repris l'ELS originale, et constaté que le mot HBKRH y figurait effectivement sous cette forme. Le second des 4 versets concernés, Gn 25,34, s'achève sur les mots WYBZ OSW AT HBKRH, "ainsi Esaü méprisa le droit d'aînesse" (au passage cette affaire m'a toujours semblé d'une naïveté confondante). Voici la grille:
  J'avais donné cette image sur Naccipolis, empruntée ici. J'y ai ajouté l'encadrement des mots HBKRH, הבכרה, le droit d'aînesse, et OSW, עשו, Esaü, car 232 c'est 8 fois 29, or à mon couple fétiche Fibo 13-21 correspond 29-47 dans la suite de Lucas, aussi je me suis demandé quels mots avaient la gématrie 376 (8 fois 47) en hébreu.
  Ce nombre se note שע"ו selon l'alphabet numéral, anagramme immédiate de עשו.

  Je n'avais pas pris la peine de relire ce que j'avais dit de cette ELS, et je le reprends en l'approfondissant. Dans un premier temps, le rabbi Glazerson a trouvé dans deux versets de la Genèse les ELS Isaac (en clair), Luria (saut 16), kabbale (16), et Zohar (3).
  Après le Zohar, la kabbale d'Isaac Luria est un must de l'ésotérisme juif.
  La grille a été soumise à Eliyahu Rips, l'initiateur du code biblique, qui en étendant la grille y a vu deux autres ELS lurianiques, HARY, "le lion", surnom de Luria, et "ma se clarifiera dans le vase 'av".
  Là il est fort difficile d'expliquer l'inexplicable, à savoir pourquoi la kabbale, essentiellement le Zohar et l'école de Luria (où l'expression "se clarifier dans le vase" est usitée selon Rips), a retenu 4 formes d'écriture développée du nom YHWH, les noms de valeur 45, 52, 63 et 72. Parmi ces noms, deux présentent une même logique :
YWD HA WAW HA = 45, M"H selon l'alphabet numéral hébreu, qui est aussi le mot ma, "quoi ?"
YWD HY WYW HY = 72, O"B selon l'alphabet numéral hébreu, qui est aussi le mot 'av, "nuage"

  Je n'avais pas jugé bon de mentionner que la kabbale jugeait importante la somme 232 des 4 valeurs du Tétragramme, 45+52+63+72.

  J'avais trouvé des échos à "quoi" et "nuage" dans les citations en exergue des trois parties de 7, des poètes
1 Walt Whitman (what, "quoi")
2 Virginia Woodward Cloud (cloud, "nuage")
3 Carl Sandburg
  Carl m'évoquait JUNG, qui devient WHAT en rot-13, alors que dans l'équivalent hébreu qui serait un rot-11 puisque l'alphabet a 22 lettres, MH devient BO, 45 devient 72.
  Je remarquais que ces valeurs formaient un couple doré, de rapport fibonaccien 45/72 = 5/8, mais n'avais aucune raison alors de signaler l'adéquation avec le vrai nom de l'auteur du Symbole perdu,
DANIEL / BROWN = 45/72.

  Sandburg est un "château de sable", ce qui m'est évocateur en pensant à la teinture héraldique "de sable", le noir. Certains blasons ont des châteaux de sable, parfois bipartis avec des lions, avec de multiples échos, notamment le blason Pall Mall.
  Le "château noir" peut faire pendant à "l'homme blanc", Whitman.
  Je note encore que mes translittérations MH et OB se renversent en BOHM, et qu'il y a notamment un fort connu Karl Böhm, associé par Perec dans La disparition à l'Uomo bianco de Don Giovanni.

  Avant de me remémorer cette affaire de "quoi-nuage", j'avais pensé que ce billet était le 213e de Quaternité, or 213 est la valeur du nom complet de çoeur dp, ce qui m'a donné l'idée de lui rendre hommage par une anagramme en exergue du billet. Partant du mot "émotion", je suis parvenu à "quoi, plein d'émotion".
  Lorsqu'il m'est revenu que j'avais associé ma lecture de 7 à ma, "quoi",j'ai aussitôt fait de mon anagramme le titre du billet, non encore décidé.

  Il est vertigineux que j'ai associé what à Walt Whitman, puis "quoi" à çoeur dp, car Whitman avait un "phrère pd", son jeune ami Peter Doyle, désigné dans son journal par le code 16.4, pour les rangs des initiales P.D dans l'alphabet; 23.23 avait une double vie...
  Avant de connaître ce Provi-Dentiel P.D 16.4, j'avais vu la quaternité-quintessence des initiales de çoeur dp, m'évoquant notamment le carré magique d'ordre 4 composé des 16 premiers nombres.
  Je songe maintenant aux initiales des syllabes de la ville de la Dilection Phraternelle, Phi-(La)-Del-Phia, associées à phi-13-21-34.

  La citation de Whitman ouvrant la 1e partie, La maison des ombres, est, en anglais,
an echoing, garnish'd house - but dead, dead, dead.
  Je note les valeurs
HOUSE / DEAD DEAD DEAD = 68/42
correspondant à la structure du roman, avec les 42 chapitres de la 3e partie consacrés selon Swann à ses 3 derniers crimes (et il y aura bien trois morts).

  L'affaire 232-376 ouvre d'autres pistes. J'ai regardé quels étaient les mots de valeur 232 sur Gematria DataBase, où ils sont présentés selon leur ordre d'apparition dans la Bible. La 2e occurrence est HBKRH, הבכרה, le droit d'aînesse de Gn 25,34 au centre de la grille vue plus haut.
  La 3e occurrence est HBRKH, הברכה, la bénédiction, en Gn 27,38, lors de l'épisode de la seconde tromperie de Jacob, lequel profite de la mauvaise vue d'Isaac pour voler sa bénédiction due à Esaü.
  Ainsi les deux "tromperies" de Jacob, avec un jeu de mots en hébreu, sont-elles anagrammes une de l'autre, et je remarque que le procédé recevra pour nom hébreu tserouf, צרוף, mot de valeur 376.
  Le jeu apparaît aussi dans la réconciliation des deux frères, où Jacob donne à Esaü en "offrande", MNHH (Gn 32,10), un "camp", MHNH (Gn 32,8), parfaite anagramme.
  Le roman de Dan Brown se conclut par l'idée que le symbole perdu est une Bible enfouie avec la pierre angulaire de l'obélisque de Washington le 4 juillet 1848. Selon Peter Solomon, si la Bible a perduré depuis des millénaires, c'est qu'elle contient de profonds secrets... Je ne le contredis pas, mais je ne sais ce qu'il en reste dans les traductions, et d'autres traditions ont d'autres textes dits "sacrés" qui se prêtent aussi à des approfondissements sans fin...

  Autre mot de valeur 376, שלום, SLWM, shalom, "paix", "complétude", de même racine que Salomon, ou Solomon. Je me suis avisé récemment que la transcription usuelle SHALOM se réarrange en MAS-HOL, MAS pour les 3 lettres mères AMS, HOL pour l'acronyme de House of Leaves, "maison" qui semble avoir beaucoup à voir avec la Maison de YHWH, le Temple de Salomon, BYT YHWH, avec BYT "maison" et orthographe de la seconde lettre hébraïque donnant par atbash SMA, lettres mères devenues dans notre alphabet MAS, autre "maison"...
  Nous ne sommes pas loin des probables raisons du choix du nom Peter Solomon, puisque la "pierre angulaire" (ou de fondation) est pour les Francs-Maçons celle du Temple de Salomon, et pour les Chrétiens Simon-Pierre (Peter), l'apôtre choisi par Jésus pour bâtir l'Eglise.

  Etant parti du mot "émotion" pour construire l'anagramme "Quoi, plein d'émotion", j'ai repris le problème en partant de "quoi", pour obtenir par exemple
    quoi, l'oedipien mont
en pensant au Mont analogue et aux personnages parricides Joseph Swann et Zachary Solomon, et
    n'emploie "quoi", dit-on
avec une réminiscence perecquienne...

  Je rappelle que ces anagrammes sont motivées parce que ce billet est le 213e de Quaternité, or les lettres de HBKRH, הבכרה, le droit d'aînesse, et OSW, עשו, Esaü, qui appartiennent à des ELS sur les grilles données plus haut sont WHBR, de gématrie 213.

8.9.16

son premier Couderchet


  Les découvertes relatées dans le précédent billet m'ont conduit à lire le second thriller de Nicolas d'Estienne d'Orves (NEO), Les derniers jours de Paris, paru en 2009 chez XO, puis en 2011 en Pocket.
  J'avais feuilleté le roman à sa parution, et n'avais pas désiré aller plus loin. De fait, s'il m'a fallu un minimum de bonne volonté pour suivre les rocambolesques aventures contées dans Les Orphelins du Mal (2007) et dans L'enfant du premier matin (2011), je ne peux accepter que se situe sous Paris l'Arcadie, pays lumineux et vert dont les habitants maîtrisent les nappes phréatiques au point de pouvoir noyer Paris en restant au sec 500 m plus bas...

  Enfin je ne lis pas que pour le plaisir, mais aussi pour débusquer des coïncidences de tous ordres. Ici il s'agit d'abord d'une grande similitude de construction avec L'enfant du premier matin.
  J'ai analysé dans le précédent billet sa première partie en 67 chapitres non numérotés, alternant 34 chapitres de l'histoire de Lucie Bédarrieux en 2013 et 33 chapitres du récit de Saint-Alveydre à la première personne, de 1891 à 2013, car ce jeune homme ne vieillit pas.
  Les derniers jours débute aussi par une première partie en 34 chapitres numérotés de l'histoire de Sylvain Masson, 33 ou 34 ans, entrecoupés de chapitres dans une autre police de caractères, le récit à la première personne de la jeune Trinité Pucci, 13 ans, presque 14. Mais l'entrelacement n'est pas régulier, il y a 1, 2, ou 3 chapitres consécutifs Sylvain encadrant 21 chapitres Trinité.

  34-21 ! Fibonacci ! alors que je m'étais évertué à trouver un partage 21-13 des 34 chapitres Lucie dans L'enfant.
  Je ne vois pas ici de partage aussi pertinent 21-13 des chapitres Sylvain, ou 13-8 des chapitres Trinité. Je remarque cependant le détail du chapitrage (avec S pour Sylvain et T pour Trinité):
S-T-S / T-S / T-S-T-SSS-T-SS-T-SS-T-SSS-T-S-T-SS-T-SS-T-S-T-S-T /
\ S-T-S-T-SS-T-S \ T-S-T-SS \ T-S-T-SS \ T-SS
  Les slashes correspondent à des partages fibonacciens des S et T, à partir du début (/), et de la fin (\). J'ai réparti en deux lignes selon l'unique double concordance: il y a 13 épisodes T qui suivent les 13 premiers groupes S, totalisant 21 chapitres Sylvain, et bien entendu 8 épisodes T parmi les 13 derniers chapitres Sylvain, formant 9 groupes.

  La coïncidence essentielle est l'entrelacement de 34 chapitres d'une nature avec 21 d'une autre nature. Pour le reste on peut imaginer qu'un minimum de régularité dans la distribution des chapitres Sylvain est responsable des autres césures fibonacciennes. A contrario on pourrait inférer que les irrégularités démontrent l'absence de construction Fibo délibérée, telle celle vue dans une BD:  Les chapitres de Derniers jours donneraient, pour la seconde ligne,
BABABBABABABBABABBABB, qui malgré ses harmonies n'offre qu'une séquence commune maximale de 14 lettres (soulignée; elle correspondrait aux lettres 12 à 25 du mot infini de Fibonacci ci-dessus).

  Cet équilibre fibonaccien entre chapitres numérotés et non numérotés me rappelle l'équilibre doré trouvé entre les chapitres titrés et non titrés de Hasard, de JMG Le Clézio, équilibre parfait qui semblait un hasard, précisément.

  Je reviens à NEO pour la 2e partie de Derniers jours; après la rencontre de Sylvain et Trinité au 34e chapitre Sylvain, la narration les suit pendant 34 autres chapitres, non numérotés, essentiellement titrés par la chronologie des 19 et 20 mai. 22 chapitres se passent le dimanche 19, et 12 le lundi 20 mai.
   Dans L'enfant, après la rencontre de Lucie et Saint-A au 34e chapitre Lucie, la narration les suit pendant 34 autres chapitres, numérotés, en deux parties de 22 et 12 chapitres.
  On a ainsi dans les deux romans une narration extérieure couvrant 34 chapitres dans la 1e partie suivis de 34 autres chapitres clairement répartis 22-12. Il y a une courte 3e partie dans Derniers jours où Trinité reprend son récit à la première personne, non découpé en chapitres.

  Après le parallélisme de structure des deux romans, il s'impose de constater que les 34 chapitres de la 2e partie de Derniers jours poursuivent la logique fibonacienne des 34+21 chapitres de la 1e partie, avec diverses possibitliés de l'aborder:
- 34 chapitres Sylvain, 21 chapitres Trinité, 34 chapitres Sylvain-Trinité réunis; c'est l'occasion de rappeler que Luca Paccioli a qualifié phi de "divine" proportion parce qu'elle pouvait réunir les trois personnes de la Trinité...
- 2 parties de 55 et 34 chapitres;
- 34 chapitres numérotés et 55 chapitres non-numérotés.

  Il y a dans Derniers jours une certaine saturation du nombre 5, que les phibolâtres anglo-saxons nomment volontiers phive, parce que phi est défini algébriquement par (1+√5)/2, parce que le 5e terme de la suite de Phibonacci est 5, que tous les termes de rang divisible par 5 sont divisibles par 5...
  Bref on a:
- Prologue- 3 parties - Epilogue, 5 éléments;
- les 3 parties se déroulent sur 5 jours consécutifs de mai (5e mois);
- l'épilogue se situe 5 ans après ce mai désastreux;
- la première énigme concerne 5 bébés enlevés;
- cette énigme semble liée aux 5 singes blancs du Jardin des Plantes.

  Il faut tout de même aborder quelque peu l'intrigue. Sylvain est le fils de Gervaise Masson, directrice du Jardin des Plantes. Trinité est la fille de François et Hyacinthe Pucci (en hommage semble-t-il à un couturier dont NEO est fan), dans l'immeuble desquels est commis un rapt de bébé, que Trinité tente d'élucider.
  Sylvain comme Trinité découvrent des indices incriminant les singes blancs, que Gervaise aurait jadis trouvés dans une expédition en Afrique, puis le problème des bébés disparus passe au second plan lorsque une inondation cataclysmique frappe Paris. Lubin, le vieux gardien du Jardin des Plantes, fait à la fin de la 2e partie d'étonnantes révélations à Sylvain et Trinité.
  L'Ile-de-France était jadis peuplée par les Arcadiens, constitués de deux races vivant en parfaite entente, les sombres, décideurs, et les clairs, dociles serviteurs. Lors de l'invasion de la Gaule par les Romains, les Arcadiens se sont réfugiés dans de vastes cavernes sous la Seine et sous la Bièvre. L'eau de la Bièvre contient un principe lumineux permettant d'éclairer ce monde souterrain et d'y pratiquer l'agriculture... Les Arcadiens se sont coupés du monde extérieur pendant de nombreux siècles, puis les progrès en surface ont contraint les sombres à nouer des contacts avec certaines instances en surface, échangeant leurs connaissances contre des aménagements limitant les projets urbains, percement des égouts, réalisation du métro...

  Je soupçonne NEO d'avoir joué avec une variante de la formule Et in Arcadia ego, du genre Et in égouts Arcadia...
  Les cavernes magiques éclairées par le fluide de la Bièvre (dont le nom vient des castors qui y pullulaient jadis) doivent peut-être aussi quelque chose au personnage principal de La montagne magique, Hans Castorp. J'imagine que NEO, porté sur la grivoiserie (et qui le lui reprochera?), sait que l'anglais beaver, "castor", est une désignation argotique du sexe féminin, ce qui peut transparaître dans les mots de Lubin: la Bièvre... telle était leur vraie matrice, la source véritable de leurs bienfaits.

  Lubin révèle que les singes blancs sont des Arcadiens clairs, que la généticienne Gervaise Masson étudiait pour tenter de pallier à la dégénérescence frappant la race. Sa solution a été de croiser les clairs avec les humains, et c'est ainsi qu'elle s'est unie à un clair pour engendrer Sylvain, tandis que Lubin fécondait une claire pour engendrer Gabrielle, élevée avec Sylvain...
  La dernière partie, où Trinité reprend la parole, la montre descendre en Arcadie en compagnie de Sylvain, où elle trouve ses parents, qui sont en fait des sombres, les deux derniers sombres d'Arcadie, car la race est devenue stérile. La naissance de Trinité en surface a été un miracle... Toujours est-il qu'il y avait à côté des 5 singes blancs 5 autres Arcadiens à Paris, les 3 Pucci et les 2 hybrides Sylvain et Gabrielle.

  Un autre point important du roman est les peintures de Buffon, lequel aurait été l'un des premiers humains à visiter l'Arcadie. Il aurait créé le Jardin des Plantes pour y accueillir dans ses serres les frileux Arcadiens. Buffon aurait aussi peint quatre fresques inspirées par son séjour en Arcadie, tableaux bucoliques imprégnés du fluide de la Bièvre leur conférant une certaine magie, fenêtres vers un autre monde, idéal.
  Gervaise conservait ces fresques dans une salle secrète, mais Sylvain et Gabrielle en avaient trouvé la clé et passaient de longues heures à les contempler...

  NEO a recyclé ici une idée exploitée dans sa première fiction publiée, Le sourire des enfants morts (avril 2001). Dans cette nouvelle de 50 pages, il arrive entre les mains du falot Félicien Couderchet un livre de même nom, au texte abscons, contenant aussi les reproductions de 8 fresques et 8 adresses parisiennes.
  Félicien découvre les originaux des fresques à ces 8 adresses, et s'aperçoit qu'elles le transforment. Ce sont des paysages forestiers, qu'il peut contempler pendant des heures. Il découvre encore qu'elles sont orientées selon les 8 directions de l'espace, comme des fenêtres sur un monde de verdure...
  Je m'en tiens là quant à cette nouvelle, qui me semble bien plus réussie que Derniers jours, pour analyser le nom de celui qui aurait été choisi parmi tous pour contempler ces fresques:
FELICIEN / COUDERCHET = 63/102 = 21/34,
même rapport fibonaccien que les deux composantes de la 1e partie de Derniers jours, dont l'un des principaux mystères est les fresques bucoliques de Buffon, fenêtres sur l'Arcadie.

  Les initiales FC de Félicien Couderchet me rappellent que le sigle GMA & FAF (valeurs 21 et 13), principal mystère de Un assassin peut en cacher un autre, m'a évoqué la lettre grecque Gamma, devenue C dans notre alphabet, et la lettre hébraïque Waw ou Waf, devenue Digamma dans l'alphabet grec et F dans le nôtre.

   J'ai étudié dans le précédent billet certaines prémonitions du Onze Septembre en rapport avec des harmonies dorées. Le couple 63/102 m'évoque un épisode de Au-delà du réel diffusé en mars 1998, Glyphic (en français Le refus des autres).
  L'épisode débute par une naissance à Tolomey. Juste après l'accouchement, une femme s'empresse de modifier le nombre des habitants de la commune, 102. Le docteur Boussard lui dit qu'elle a été un peu trop rapide car il vient de mettre au monde des jumeaux.
  Au même moment les enfants du docteur, Cassie et Louis, repèrent un éclair lumineux dans le ciel qui s'éteint dans une caverne proche. Ils s'y rendent...
  12 ans plus tard un jeune psychiatre, Tom Young, se rend à Tolomey dont le nombre d'habitant a chuté à 63. C'est que tous les enfants sont morts (sans sourire) d'une maladie non identifiée, ou presque tous car ceux du docteur Boussard ont survécu, mais Louis est dans le coma tandis que Cassie est retardée. Le docteur Young établit qu'elle est en contact avec une intelligence extraterrestre qui connaît le remède à la maladie ayant frappé Tolomey, mais la méfiance des humains annihile cette volonté bienfaitrice.
  Le rapport avec NEO, ce sont bien sûr ces "enfants morts" qui font passer la population de 102 à 63.
  Le rapport avec SEPTEMBER-ELEVEN (= 103-63), c'est qu'il aurait dû apparaître POP : 103 au début de l'épisode, à cause des jumeaux.
 
  J'ai appris dans Derniers jours que l'axe Nord-Sud, ou cardo maximus, de Lutèce correspondait aujourd'hui à la rue Saint-Jacques.
 J'ai étudié dans le billet Coeur primitif les lettres ib, correspondant à une forme norvégienne du prénom Jacob, Jacques, et à l'hiéroglyphe égyptien "coeur". La kabbale associe en outre Jacob au "coeur" du système des sefirot.
  Le latin cardo, "pivot", est proche du grec kardia, "coeur".

  J'en viens à des coïncidences sans rapport direct avec NEO. Je publie ce billet le 8 septembre parce que c'est le 8e anniversaire de la découverte du 8/9/08 ayant initié Quaternité. Il s'agit du 212e billet, nombre m'évoquant la quine 131-212-343-555-898 aux remarquables propriétés (voir le billet Rêvolutions), avec en prime le 8/9/08 qu'il est possible d'écrire 8/9/8. J'ai eu la curiosité de regarder quel était mon 131e billet, et c'est Verbal corpse du 20/10/12 où j'explorais la structure dorée des 20 chapitres de Hasard de JMG Le Clézio, en 5 groupes correspondant  aux partages dorés des nombres de 2 à 6, selon chapitres titrés (B) et non titrés (A):
BBA BBBAA BA BBBBAA BBAA
  Lorsque j'ai appris que az-zahr signifiait "le dé", j'ai considéré que le titre du roman pouvait correspondre au 1, "face heureuse du dé", pour compléter les 6 faces:
BBA BBBAA BA BBBBAA BBAA B
  C'est d'abord à ceci que m'a fait penser la répartition des chapitres numérotés (B) et non numérotés (A) de la 1e partie de Derniers jours, notamment ses 21 derniers chapitres et je constate que ces 21 chapitres permettent un découpage très voisin de celui envisagé pour Hasard, le seul écart étant une répartition 3-5-2-4-6-1 au lieu de 3-5-2-6-4-1:
BAB ABBAB AB ABBA BABBAB B
  La valeur de "dé" seul en arabe, zahr, زهر, est 212 (où je lis aussi BAB).
 
  Ce 8/9/16 est aussi le 1/1/144 du calendrier pataphysique, entamant donc la 144e année depuis la Nativité de Jarry le 8 septembre 1873. 144 est le terme suivant de la suite de Fibonacci après 34-55-89 donnés par les parties 2 et 1 de Derniers jours. J'ai trouvé ici une représentation des spirales florales 13-21 (comme plus haut l'illustration Phibonacci) telle qu'une numérotation logique des intersections fait apparaître la suite de Fibonacci de part et d'autre d'un rayon:
  Les intersections sur les 21 spirales courtes sont numérotées de 21 en 21, celles sur les 13 spirales longues de 13 en 13, de façon donc entièrement déterminée dès qu'un seul nombre est placé (ici 144). J'observe que de part et d'autre de la ligne en pointillé, après la suite de Fibonacci elle-même, 144-89-55-34-21..., on trouve dans leur ordre de performance les autres suites additives, la double-Fibo 110-68-42..., la suite de Lucas 123-76-47..., la triple-Fibo 102-63-39 (vue pour Félicien Couderchet et Tolomey), la suite dite de Pythagore 97-60-37..., la suite 131-81-50... (dont le terme suivant serait 212), la quadruple-Fibo 136-84-52 (Haemmerli-Jung)....

  J'ai repris Les orphelins du mal pour en étudier la structure, Prologue et deux parties de 19 et 12 chapitres. 12 et 19 font partie de la série additive se poursuivant par 31-50-81-131-212..., la 6e suite additive vue ci-dessus. A la 7e suite appartiennent 52-84, valeurs de JUNG-HAEMMERLI que j'ai aussi rencontrées dans ce roman pour un personnage secondaire, l'oncle NATHANIEL (84) surnommé NATHI (52).
  Nathaniel Korb finance sans le savoir la forme ultime du Lebensborn imaginée par NEO, et j'ai eu la surprise de découvrir dans un autre roman exploitant le thème, Les cendres froides, une Juive se réfugiant dans un Lebensborn pour y accoucher d'un Théodore, forme grecque de Nathaniel.
  Consultant la bibliographie de NEO, j'y ai découvert Fin de race, où il est question d'une famille juive qui met son rejeton Nathaël à l'abri dans une institution privée, laquelle sera investie par des SS animés par un dessein mystérieux...

  Tiens, les 3 thrillers de NEO ont chez Pocket les numéros 13627, 14338 et 15245, somme 43210, Quatre, Trois, Deux, Un, Zéro !