16.5.15

Pilgrim

pour Anne, doublement


  En cherchant autre chose, j'ai trouvé parmi mes livres Veil, de George Chesbro (2000 pour cette traduction française, 1986 pour l'original). La récente découverte de la série L'homme de nulle part, dont le héros est Thomas Jonathan Veil, m'a fait feuilleter le roman.
  Peut-être l'avais-je commencé jadis, en tout cas je n'ai aucun souvenir de l'avoir lu, alors que c'est probablement l'une des premières oeuvres à avoir abordé le thème de l'expérimentation volontaire sur les états de mort imminente, bien avant L'expérience interdite (1990) de Joel Schumacher, ou Les thanatonautes (1994) de Bernard Werber.

  Le roman se passe dans l'Institut de Recherches sur l'Homme, créé par le colonel Jonathan Pilgrim, lequel a eu une NDE, d'où son obsession d'étudier ce qu'il a nommé la Porte de Lazare (Lazarus Gate), ce seuil entre la vie et la mort décrit par beaucoup d'expérienceurs.
  Pilgrim a invité Veil Kendry, personnage d'exception donné pour n'ayant que quelques heures à vivre à sa naissance; il a survécu, mais avec pour séquelle une absence de barrière entre conscient et inconscient. Les terribles projections de son inconscient sont pour lui réelles, et il les exorcise dans des tableaux qui lui ont valu une certaine célébrité. L'un des pensionnaires de l'Institut de Pilgrim peignait les mêmes paysages effrayants, sans connaître l'oeuvre de Veil...

  Un agent du KGB infiltré veut récupérer les travaux de l'Institut et tuer tous ses membres. Son plan échoue, mais Pilgrim blessé est dans le coma. Veil se place en état de mort imminente pour aller le convaincre de revenir parmi les vivants...

  Les échos sont pour moi vertigineux. Je rappelle que le premier témoignage de NDE semble être celui de Jung en 1944, confié dès 1945 dans des lettres. Jung arrivé à une porte n'a pu la franchir, l'image de son docteur Theodor Haemmerli étant alors apparue pour le prier de revenir parmi les vivants. Theodoros a le même sens en grec que l'hébreu Jonathan, ou Nathaniel.
  Lorsque j'ai découvert les premières coïncidences associées au cas Jung-Haemmerli, mon amie dp m'a aussitôt signalé le roman de Timothy Findley Pilgrim (1999, 2000 pour la traduction française, comme Veil). Pilgrim est un personnage d'exception qui vit depuis des siècles et aspire au repos de la mort, sans succès jusqu'à sa rencontre avec Jung.
  J'ai la curiosité de recalculer la valeur de PILGRIM, ce que j'avais certainement fait jadis, et il me semble impensable de n'avoir pas alors remarqué que
PILGRIM = 84 = HAEMMERLI
  Il est vrai que lorsque j'ai découvert Pilgrim en septembre 2008 je ne connaissais pas encore le nom Haemmerli, et donc la relation
JUNG / HAEMMERLI = 52/84 = 13/21,
mais ces nombres de Fibonacci m'étaient déjà particulièrement significatifs, ainsi je notais le 15 septembre 08, après ma première lecture de Pilgrim, que le roman avait 6 parties, de 21-13-14-13-13-13 chapitres, plus un prologue et un épilogue, totalisant en tout 89 sections, Fibo non encore rencontré en tant que structure littéraire. Je notais les deux premières parties 21-13, en référence au rapport ZUERN/JUNG = 84/52 qui m'était venu juste avant la révélation du 4/4/44 aux 4/5es de la vie de Jung.

  Ces deux premières parties ont une particularité : Pilgrim y est mutique et ce n'est qu'après ces 34 chapitres que le dialogue s'instaure entre Jung et Pilgrim. Jung n'y a accès à Pilgrim que par des carnets qu'il a écrits, où se dessine l'idée fantastique qu'il ait vécu au 15e siècle où il aurait été Elisabetta Gioconda, le modèle de la Joconde de Léonard. Un hasard m'a fait découvrir l'hypothèse farfelue, mais sans rapport avec Pilgrim, que l'expression MONA LISA correspondrait, selon un alphabet latin réduit, aux valeurs 13-21:
  Je m'émerveillais alors de l'écho avec les 21-13 chapitres, soulignés par un acrostiche, des deux parties de The Greek Coffin Mystery, de Queen, où les protagonistes recherchent un tableau de Léonard. Je m'émerveille aujourd'hui de l'écho entre Pilgrim (avec PILGRIM-JUNG = 84-52) et Mon coeur mis à nu, dont les deux premières parties en 21-13 chapitres s'achèvent sur la mort de HARWOOD-LICHT = 84-52.

  Je crois que ce sont les trois seuls cas que je connaisse de successions de 21-13 chapitres, et Pilgrim fait le lien entre les thèmes 84-52 et Léonard propres aux deux autres (mais son tableau y est plus correctement orthographié Monna Lisa).
  Les cas Veil et Pilgrim invitent encore à réétudier ce que je nomme le thème de l'ange, des états frontières entre vie et mort, associant la mythologie des anges aux témoignages de NDE, en relation avec les nombres 52-84 et le prénom Théodore-Jonathan-Nathaniel ("don de Dieu").

  Chronologiquement viennent d'abord Elie et Enoch, Elihaou = 52 ("Dieu est YHWH") et Hanokh = 84 ("initié") selon l'alphabet numéral hébreu, les deux seuls personnages de l'Ancien Testament n'ayant pas connu de mort terrestre, élevés directement au ciel par Dieu. Ceci a donné lieu à de nombreuses spéculations, dans la tradition juive comme dans les autres religions du Livre.

  Rabelais évoque leur cas, et y associe Ogier et Artus de la tradition celtique. En utilisant une orthographe alternative, également présente chez Rabelais, et l'alphabet d'alors, on a
OGIER-ARTUIS = 52-84.

  Mon cas emblématique est celui de JUNG-HAEMMERLI (52-84), où Theodor ramène Carl du seuil de la mort.

  Dans le roman de Findley, c'est JUNG (52) qui permet à PILGRIM (84) sa libération d'un cycle de vies successives, bien que Jung refuse de par sa vocation de médecin d'aider quelqu'un à mourir. Il lui donne néanmoins la lettre de Sybil Quartermaine, laquelle a la même nature angélique que Pilgrim, mais à qui il a été accordé de mourir.
  Il semble y avoir d'autres gens de cette espèce, ainsi le couple Messager assiste à l'enterrement de Sybil, ce nom faisant référence au sens premier de l'hébreu pour "ange", mal'akh, "messager".

  Dans le film La cité des anges, c'est l'ancien ange NATHANIEL (84) Messenger qui enseigne à l'ange SETH (52) comment s'incarner, et devenir mortel.

  Dans le roman de Chesbro, c'est donc Veil qui va chercher Jonathan PILGRIM (84) au seuil de la mort. Veil est aussi connu comme "l'archange", surnom qu'il a acquis pour son rôle de tueur implacable au Vietnam, sa première solution pour exorciser ses rêves réels ayant été la violence.
  Veil a accès à l'enregistrement du récit de la NDE de Jonathan PILGRIM (84). On y retrouve des points communs avec le récit de Jung, intense lumière bleue, arrivée à une porte. Là personne n'a soufflé à Pilgrim qu'il devait réincorporer sa carcasse terrestre, et c'est de son plein gré qu'il a rebroussé chemin, avec la pleine conscience que "la porte serait toujours là pour lui".

  René DAUMAL (52) était pour ses proches NATHANIEL (84); il était aussi appelé "l'archange", pour de toutes autres raisons que Veil...
  DAUMAL (52) est mort en mai 44, alors que JUNG (52) se rétablissait et que Theodor HAEMMERLI (84) agonisait. L'un de ses derniers écrits est Une expérience fondamentale, où il conte son utilisation vers 1925 du tétrachlorure de méthane pour étudier les états frontières. Son récit n'est encore pas sans rappeler les cas de NDE, et NATHANIEL (84) DAUMAL (52) l'achève sur des mots très proches de ceux de Jonathan PILGRIM (84):
Voici, il y a une porte ouverte, étroite et d’accès dur, mais une porte, et c’est la seule pour toi.
  Je rappelle qu'au moment où je redécouvrais Daumal était mis en vente un document de sa main attestant son intérêt pour la suite de Fibonacci, et particulièrement pour ses termes 13-21.

  J'ai conté ici comment j'ai découvert en juillet 2013 dans ma bibliothèque un livre broché de mars 2006 dont je ne me rappelle pas comment il est venu entre mes mains, La trahison de l'Ange, de Eve de Castro.
  L'un des ses personnages est le journaliste Nathaniel Ndouala, lequel va être piégé par l'Ange, ce qui le conduira à la mort. J'ai remarqué les relations fibonacciennes entre le nom du journaliste et celui de "l'archange":
RENE / NDOUALA = 42/68 = 21/34
DAUMAL / NATHANIEL = 52/84 = 13/21.

  S'il n'y a rien de supranormal dans ce thriller, il a sa place ici pour ses points communs avec Veil, présence d'un Jonathan ou Nathaniel en relation avec un "ange" ou "archange", et ce point très personnel que j'avais ces deux livres depuis un certain temps sans les avoir lus.
  Si je ne peux rien dire de La trahison de l'Ange, je vois assez bien pourquoi j'avais Veil. J'ai lu avant 2000 un premier livre de Chesbro, Les cantiques de l'archange, où apparaissait aussi le personnage Veil, un nom qui faisait écho pour moi au Voyl de Perec, d'autant que cet archange Veil avait dissimulé un message dans un puzzle de tableaux, où aucune toile isolée ne faisait sens; il fallait les disposer dans un certain ordre pour que le message apparaisse.
  Il était prévu une suite à cette aventure, et parmi de multiples autres intérêts je suppose que je prêtais attention aux Chesbro avec le personnage Veil, ce qui m'a fait acheter Veil lorsque je l'ai vu d'occasion. Mais ce n'était pas la suite des Cantiques de l'archange, et le roman débute de façon très confuse, rien n'y laissant prévoir qu'il va y être question de NDE, ce qui m'aurait motivé, et j'en ai probablement vite abandonné la lecture.

  Il en a peut-être été de même pour le premier éditeur pressenti, lequel avait commandé à Chesbro, déjà auteur de la série Mongo, une autre série de thrillers destinée à un large public, sous pseudonyme. Chesbro fut si satisfait de Veil qu'il regrettait de ne pouvoir le publier sous son nom, mais l'éditeur refusa le manuscrit dans l'état, demandant de tels changements que Chesbro lui écrivit autre chose et proposa Veil à son éditeur habituel, en l'associant dans Les cantiques de l'archange à Mongo, pour récupérer son public.
  Cette association m'interpelle car le nom réel du nain Mongo est doré,
ROBERT FREDERICKSON = 78-127
et il en va de même de celui de Veil,
VEIL KENDRY = 48-77
  Nous sommes à une unité près des rapports fibonacciens 78/126 = 13/21 et 48/78 = 8/13, et les deux noms ensemble donnent
ROBERT VEIL / FREDERICKSON KENDRY = 126/204 =21/34

  La traduction française de Veil montre en couverture un homme passant devant des affiches. L'une est pour un concert d'Eros Ramazotti un 26 juillet (concert new-yorkais qui a eu lieu en 1991). Je pense à l'anniversaire de Jung, né le 26 juillet 1875.
  L'autre affiche visible sur la première édition est celle de Slacker de Richard Linklater (1991), film d'avant-garde dont le principe est proche de La Ronde (Zweig puis Ophüls). Linklater a tourné divers films très originaux, comme le récent Boyhood suivant ses acteurs pendant 12 ans réels.
  Il a notamment adapté A Scanner Darkly de Dick, filmé avec de célèbres acteurs, chaque image du film ayant été ensuite redessinée. S'il n'en reste rien dans le film, le roman original décrit à travers le personnage de Tony Amsterdam l'expérience réelle de Dick de 1974, lequel a quitté son corps pour parvenir à un seuil (en forme de rectangle d'or) qu'il n'a pas osé franchir...
TONY AMSTERDAM / EXPERIENCE = 168/104 = 21/13 (!)
  Curieusement, la réédition chez Rivages de Veil utilise en couverture la même photo, mais recadrée, si bien qu'on n'y voit plus l'affiche de Slacker.

  Veil a donc été traduit 14 ans après sa parution originale en 1986, et est devenu en septembre 2000 le n° 369 de la série Rivages/noir. Pilgrim de Findley est paru deux mois plus tard au Serpent à Plumes, dans une traduction d'Isabelle Maillet, laquelle a aussi traduit une trentaine d'ouvrages chez Rivages (mais pas de Chesbro). Maillet m'évoque bien entendu "marteau" et Haemmerli.
  L'édition de poche de Pilgrim porte le n° 3679 chez Folio, où je retrouve dans l'ordre le 369 de Veil.

  Une relecture de Pilgrim ne m'a guère permis de comprendre mieux les intentions de l'auteur, mais j'y ai repéré un autre 13-21, historique.
  Au début du livre 4 Pilgrim fait allusion au peintre Whistler, qui a fini sa vie au 21 Cheyne Walk, proche de Pilgrim qui vivait au 18. Auparavant Whistler a vécu plus de 20 ans au 13 Tite Street, voisin d'Oscar Wilde que connaissait aussi Pilgrim.
 
  Les échos issus du personnage Jonathan Pilgrim de Veil sont tels que je me suis penché de plus près sur Thomas Jonathan Veil, de la série L'homme de nulle part, où il est incarné par l'acteur Bruce Greenwood.
  En consultant sa filmographie, je vois qu'il a joué un autre Jonathan dans Double jeu (1999), Jonathan Devereaux, l'identité sous laquelle se cache Nick Parsons après avoir simulé son assassinat pour lequel est condamnée sa femme, jouée par Ashley Judd. J'ai revu ce film en août 2010, après un rêve où m'était apparu le nom Ashley Judd, ne me disant rien une fois réveillé.

  Juste après L'homme de nulle part (1995-96), série qui n'a pas connu de seconde saison malgré un certain succès, Greenwood a eu un nouveau premier rôle dans la série Sleepwalkers (1997) où il incarne le docteur Nathan (!) Bradford, inventeur d'une technologie permettant d'entrer dans les rêves de ses patients, et de soigner leurs problèmes.
  Là ce fut carrément la cata, et alors que 9 épisodes avaient été tournés, la chaîne NBC arrêta leur diffusion après le 2e, malgré un premier rôle féminin pour Naomi Watts, laquelle aurait pu se croire poursuivie par la scoumoune lorsque le pilote de Mulholland Drive fut refusé par la chaîne ABC en 1999. Mais Lynch réussit à en faire le film que l'on sait, aux multiples récompenses, notamment pour Watts.

  Il y a quelques épisodes de Sleepwalkers en VO sur YouTube, et je trouve ça plus intéressant que Starsky et Hutch, mais des goûts et des couleurs...
  Le premier épisode est l'enquête dans les rêves de Benjamin Costigan, pilote de l'escadrille 21. Il est poursuivi par un homme masqué qui cherche à le tuer, et lorsqu'il parvient à lui ôter son masque il découvre son propre visage.
  L'équipe de rêveurs découvre un jouet en bois sculpté par le jeune Benjamin, portant le nom Nevur. Ceci les conduit à une vérité cachée par Jacob, le père de Benjamin. Celui-ci avait un jumeau, Ruven, mort à la naissance, et Benjamin après s'être recueilli sur sa tombe se sent guéri de ses cauchemars.

  Cette première enquête de l'équipe de Nathan Bradford peut rappeler la quête de Thomas ("jumeau" en hébreu) Jonathan Veil, lequel découvre dans le dernier épisode de L'homme de nulle part qu'il est lui-même Gemini, l'agent qu'il traque, celui qui a tramé le complot qui lui a fait perdre son identité...
  Lors de cette première enquête un membre de l'équipe, Steve Turner, reste piégé dans le monde des rêves. Il en revient dans l'épisode suivant, que je n'ai pu voir, avec un témoignage de NDE.
  Deux des acteurs de l'équipe de Bruce Greenwood ont des noms dorés (environ 1 chance sur 30):
NAOMI / WATTS = 52/83
  Pas loin de 52/84, mais ces nombres me sont aussi évocateurs, notamment à cause de
LUNE / LUMIERE = 52/83
  "lune" et "lumière" (un certain rapport avec "watts") sont les traductions de Kmar et Nour, pour lesquels Perec a écrit un épithalame aux multiples lectures dorées. Bien que ma première approche dorée en date de plus de 10 ans, j'ai été stupéfait de découvrir à l'occasion de notre propre mariage que les lettres différentes de leurs noms ont pour valeurs 68/110 = 34/55, tandis que les strophes répondant à ces contingents de lettres ont 26 et 42 mots (13/21), tous ces nombres figurant sur les brouillons de Perec.
  Naomi Watts joue Kate Russell, psychologue quelque peu jungienne car elle parle d'archétypes.

  L'autre acteur doré est Abraham Benrubi jouant le technicien Vincent Konefke.
ABRAHAM / BENRUBI = 44/71
  Je me demande si les scénaristes ne se sont pas inspirés de son nom pour le personnage de Ben/Benjamin Costigan et son jumeau Ruven/Nevur. Ruven, Ruben, Rubi sont diverses formes de Re'uven, fils aîné de Jacob, tandis que Benjamin ("fils de la droite") est son cadet. L'élision de Benjamin en Ben peut trouver en écho dans l'écriture de droite à gauche de RUVEN, devenant NEVUR. Ceci serait systématique du monde des rêves, et toutes les inscriptions apparaissent inversées lors des scènes oniriques.

  Il est en conséquence curieux que Naomi Watts soit depuis 2005 la compagne de LIEV Schreiber, après avoir été l'assistante de celui qui incarnait précédemment Thomas VEIL, son rôle le plus important.
  Ils ont eu deux enfants, dont Alexander (84) né le 26/07/2007 (132e anniversaire de Jung).
NAOMI WATTS = 52+83 = 135
LIEV SCHREIBER= 48+87 = 135
  Qui se ressemble s'assemble ?
  Plus curieux encore est que cette idylle ait démarré lors du tournage du film The Painted Veil, où Naomi a donc été réellement séduite par Liev (son amant passager dans le film, où elle revient ensuite vers son mari joué par Edward Norton).

  Le film est réalisé par John Curran, nom doré
JOHN / CURRAN = 47/75
  Liev est selon cette page une forme yiddish de l'hébreu lev, "coeur", mais la mère de Liev lui aurait donné ce prénom en hommage à Lev Tolstoï, forme de Leonid ou Léon, dérivé de "lion".
  Je suis abasourdi de cette double correspondance, car le thème "lion-coeur" m'est essentiel depuis les débuts de ma recherche quaternitaire. J'ai écrit plus haut que le personnage de Veil, "voile", "cache", m'avait attiré par l'écho avec Anton Voyl de Perec, or le second épisode de Touch m'avait fait découvrir en mars 2012 que lyov est une autre forme de "lion" en russe, via le chien Lyov qui sauvait la vie de Arnie Klepper.
  Je détaille le cas Lyov-Voyl ici, avec un lien vers le jeu Léon-Noël, mais je ne soupçonnais pas alors qu'un autre "lion-coeur", Liev Schreiber, avait trouvé l'élue de son coeur sur le tournage de The Painted Veil. J'ai mentionné une fois Liev Schreiber, pour son rôle dans un film de Jonathan Demme.

  Les échos sont vertigineux avec un rêve de phrère Laurent dans la nuit du 4 au 5 avril dernier, la nuit de Pâques, rêve où il a vu les lettres OENOCRILU, qu'il a réarrangées au réveil en UNICOLORE, ou COEUR LION. Ceci m'a (presque) aussitôt rappelé que, dans La rivière du chagrin de Craig Holden, le personnage Arnie Holt (un autre Arnie quelques lignes plus haut) cache l'anagramme Lion Heart (Richard Coeur de Lion en anglais), son nom réel étant Richards.
  Craig Holden est aussi l'auteur du 4e livre "pascal" que j'ai découvert, Les quatre coins de la nuit, dont le climax survient pendant la nuit du 6 au 7 avril 1996, nuit de la Résurrection. Je m'aperçois que son nom permet l'anagramme charged lion, "lion à la charge".
  Les armes de Richard Coeur de Lion était un charged lion et son miroir :
LYOV <> VOYL
LIEV <> VEIL
LEON <> NOEL
  Craig Holden est édité par Rivages, comme George Chesbro (Veil).

  Le matin du 5 avril, dimanche de Pâques, où Laurent se réveillait avec ses lettres OENOCRILU, j'ai eu la surprise de voir un cheval brouter sur notre terrain. J'ai pu prendre une photo, que je me suis amusé à retoucher :
  J'ai envoyé la photo à Laurent, lequel a aussitôt trouvé l'anagramme OU LICORNE...

  Je connaissais ce cheval que nous voyons presque quotidiennement paître à 500 m de notre maison sur les terres du château d'Esparron, propriété de la famille de Castellane depuis plus de 7 siècles. J'ai enfourché le vélo pour aller prévenir le sympathique comte, lequel venait d'ailleurs de découvrir la fugue de son dada.
  Un autre écho lors de notre arrivée à Esparron a été d'y découvrir les armes des Castellane, flottant sur le donjon du château, un château d'or à trois tours sur fond de gueules. Je suis revenu maintes fois sur le "marteau" qui m'avait conduit au "coeur-lion" et à la découverte des châteaux triangulaires de Wewel et Sisak, dernièrement avec le blason des cigarettes Pall Mall montrant des lions et des tours.

  Il m'a semblé que l'orthographe polonaise de Liev devait être Liew, ce que j'ai vérifié. Les familles juives ont souvent adopté le patronyme Veil ou Weil, probablement parce que ce nom germanique préexistant était l'anagramme de Lévi (ou Lewi). Le billet Puzzle échevelé (je rappelle mon intérêt devant le puzzle formé par les toiles du peintre Veil) m'avait conduit au roman Les cendres froides de Valentin Musso, où Elie Weil trouvait avant d'être déporté un moyen de soustraire son petit-fils à la barbarie nazie, en l'incorporant au programme Lebensborn, où il recevait le prénom Théodore.

  Bon, il est peut-être temps de s'arrêter, tant les échos se répondent en avalanche. Je rappelle le billet NDE & NdO, et la récapitulation de tous les cas 13-21 qu'il va me falloir remettre à jour.

  Après avoir publié ce billet j'ai fait un tour sur la page FB René Daumal Perpétuel Incandescent, et y ai trouvé une photo montrant René Daumal (portant le bouclier de Minerve des bizuths) et Simone Weil dans la même classe de Khâgne en 1925.

  Je suis consterné d'inexcusables oublis dans l'écriture de ce billet, ainsi je n'ai pas perçu immédiatement le lien entre Léonard (de Vinci) et les divers "lions" dont il vient d'être question, Lyov, Liev, Liew. Léonard vient aussi du leo latin, et Perec l'a inclus dans un palindrome, déjà mentionné sur Quaternité, où abondent les noms de peintres, avec " L'or y tramera sa léonarde mélodie". J'y reviendrai dans le prochain billet.

  Je ne comprends pas comment j'ai pu oublier la découverte quelques jours après Pâques du thriller Je suis Pilgrim, de Terry Hayes (2013, venant d'être traduit en français). Le titre m'a aussitôt fait réagir, et j'ai téléchargé l'e-book, pavé de près de 800 pages que j'ai abandonné après le survol d'une centaine de pages.
  Lorsque je m'en suis souvenu, il m'a semblé devoir reprendre ma lecture, fastidieuse car le récit est farci de digressions et péripéties inutiles, visant probablement à l'adaptation ciné, pari réussi car les droits ont été achetés en 2014 pour une série de films "Pilgrim".
  Le héros en est un superagent d'une agence ultrasecrète US, lequel ne prend le nom de code Pilgrim ("pèlerin") que pour affronter un fanatique islamiste projetant de frapper les USA d'une épidémie dévastatrice, le Sarrasin (the Saracen, dont le sens ancien serait "nomade", "vagabond", ce dont je n'ai pas trouvé confirmation, sinon que le nom viendrait d'une tribu nomade de l'ancienne Palestine).
  Le principal écho à mes préoccupations est que la confrontation entre le "Pèlerin" et le "Nomade" se produit dans la dernière partie, qui a 52 chapitres (il y a 4 parties, de 14-51-72-52 chapitres). Je n'ai pas non plus eu l'idée de calculer la valeur de PILGRIM en abordant le livre, ce qui m'aurait aussitôt conduit au duo JUNG-PILGRIM = 52-84 du roman de Findley.
  Un autre écho est une certaine importance de Santorin, alias Théra, alias Strongylé, "l'île ronde" dont la présence dans deux romans avait joué un rôle certain dans ma découverte de JUNG-HAEMMERLI = 52-84.

5.5.15

Nathaniel-Alexandre-Emmanuel


  Il y a quelques mois j'ai vu à l'étal d'un bouquiniste Le cercle de sang, premier thriller de Jérôme Delafosse, et le début de son résumé a fait tilt :
 Hôpital de Hemmerfest, Norvège. Nathan Falh, membre d'une expédition polaire, sort du coma après un accident de plongée. Il ne sait plus qui il est.
  "Hemmerfest" est erroné, et le mot est orthographié correctement ailleurs Hammerfest; l'erreur m'évoque Theodor Haemmerli, le docteur qui aurait donné sa vie pour celle de Jung. Theodoros est par ailleurs la forme grecque de l'hébreu Nathaniel ou Jonathan, "Don de dieu".

  Nathan Falh enquête sur lui-même, et se découvre plusieurs identités. Il a donné celle de Pierre Huguier pour faire déchiffrer le Manuscrit d'Elias, un texte en fort mauvais état écrit en 1694 par le capitaine Elias de Tanouarn. Je suis aussi sensible au prénom Elias, forme grecque de l'hébreu Eliahu, Elie, car j'ai été amené à relier la rencontre dans l'autre monde de Jung et Haemmerli, valeurs 52-84 selon les rangs dans notre alphabet, aux deux personnages de l'Ancien Testament qui ont été élevés vivants au ciel, Elie et Enoch, mêmes valeurs 52-84 selon l'alphabet numéral hébreu.
  Elias a comme lui été impliqué dans une expédition où des cadavres sont trouvés le crâne ouvert et le cerveau manquant...

  Nathan avait aussi l'identité du reporter Alexandre Dercourt. Sa dernière activité a été de suivre en 1994 l'organisation humanitaire One Earth au Rwanda. Reprenant son parcours il découvre aussi les traces de cadavres au cerveau prélevé.
  J'ai remarqué les valeurs de ces noms :
ONE EARTH = 34-52 = CARL JUNG
  C'est sous cette forme qu'est connu dans le monde anglo-saxon le psychologue dont un concept essentiel est Unus Mundus, le "Monde Un", ce qui pourrait se traduire One World, proche de One Earth. J'ai trouvé ceci dans l'en-tête d'un blog:
ALEXANDRE DERCOURT = 84-104
  104 est le double de 52. 52/84 est un excellent rapport d'or, se simplifiant en 13/21, nombres de Fibonacci. Les amateurs de nombre d'or s'intéressent aussi à ce type de rapport, ainsi Sérusier a nommé "coupe d'or" le rapport entre deux nombres en rapport d'or immédiat et "double coupe d'or" le rapport lorsque le nombre le plus faible est doublé. Tiens, le nom FALH a pour anagramme HALF, "moitié".

  Nathan Falh est né Julien Martel, ce qui m'est encore évocateur puisque le nom Haemmerli vient de Hammer, "marteau".

  Nathan enquête donc sur une organisation criminelle existant de longue date, le Cercle de Sang, ou qalfatir (valeur 84), ce qui le mène à son siège, au Soudan. L'endroit lui fait retrouver la mémoire, il faisait lui-même partie de l'aréopage du Cercle, composé de 7 personnes s'identifiant à 7 anges, dont 4 noms sont donnés, Rufaîl, Surial, Mikhaîl, Gafhaïl (ce dernier étant Nathan).
  Je n'ai pas trouvé trace de ces 4 noms ensemble, mais il semble que ce soient des formes coptes des anges Raphaël, Uriel, Michel et Gabriel, les 4 archanges. Lorsqu'ils font partie d'un groupe de 7, ce sont en principe les anges planétaires dont fait partie Cassiel, souvent mentionné sur Quaternité.
  Uriel, "lumière de Dieu", ne figure en principe pas parmi les anges planétaires, mais il existe tant de variantes qu'il est vain de chercher à trop éclaircir. En fait la forme présente ici, Surial, peut faire penser à Tsuriel, "rocher de Dieu", qui m'est évocateur puisque les visions de Jung lui ont fait rencontrer Haemmerli sur un rocher flottant dans l'espace, ou à Sorath, ange du soleil selon Agrippa.
  Ceci me rappelle fortement que suria est un nom du soleil en malais, mot qui m'a conduit à divers développements, notamment ici.

  Beaucoup d'échos jungiens donc dans ce suspense bien construit, mais dont la fin ne m'a pas entièrement convaincu.
  Ceci ne m'a pas empêché de lire le second thriller de Jérôme Delafosse, Les larmes d'Aral (2012). Le personnage principal en est une femme, livrant les valeurs de JUNG-HAEMMERLI:
SINEAD MCKEOWN = 52-84
  Je suis particulièrement sensible à ce nom car le premier nom de valeurs 52-84 rencontré a été un autre nom écossais, l'actrice Michaela McManus, avec une circonstance exceptionnelle.
  Son rôle essentiel a été celui du procureur adjoint Kim Greylek dans la saison 10 de New York unité spéciale, où elle prend ses fonctions le 8 septembre 2008 qui est aussi le premier jour de l'an 136 de l'ère pataphysique, le jour où j'ai découvert l'harmonie quintessentielle de la vie de Jung autour du 4/4/44, le jour où il aurait échangé son destin avec celui de son docteur, Haemmerli, avec
JUNG HAEMMERLI = 52+84 = 136.

  La journaliste Sinead McKeown est victime d'un attentat où son mari Gari Weiss meurt. Elle est soupçonnée et doit s'enfuir pour mener une enquête difficile, se cachant sous le nom de Louise Conrad, avec l'aide d'un flic français, Raphaël Zeck.
  Sa nouvelle identité a la même valeur que son nom réel:
LOUISE CONRAD = 81+55 = 136

  L'enquête de Sinead et Raphaël les amène à une cave où le responsable de crimes multiples a utilisé le sang de ses victimes pour tracer des séries de nombres qui dans un premier temps semblent aléatoires. Un spécialiste consulté évoque les dérives de certains grands esprits qui se sont laissés séduire par le nombre d'or,
et le voient partout, des pyramides de l'Egypte ancienne aux tableaux de la Renaissance, en passant par la coquille du nautile ou encore les brins de l'ADN humain.
  En fait les nombres avaient une signification astrophysique réelle, mais leur auteur était animé d'un autre type de folie, et sa quête d'immortalité échouera...
  Je passe sur quelques détails pour remarquer que c'est au chapitre 38 parmi 62 qu'apparaissent les nombres qui évoqueront 2 chapitres plus loin le nombre d'or. Le partage d'or entier de 62 est 38/24.
  Il est encore frappant que le roman soit composé de 3 parties, de 24-31-7 chapitres. Possibilité donc de répartition dorée 24-38, d'autant que la 1e partie a une structure particulière; elle est formée de séries de chapitres couvrant les aventures de Sinead et de Raphaël, avec un parallélisme qui semble voulu, 4 chapitres S, puis 4 R, 5 S, 5 R, 3 S, 3 R (ceci m'évoque les chants amébées de la 8e églogue de Virgile, où se rencontre aussi cette structure doublée 4-5-3). C'est à la fin du 24e chapitre que Sinead et Raphaël se rencontrent, pour ne plus se séparer dans les deux parties suivantes.


  Etrange donc de trouver une allusion dépréciative et presque gratuite au nombre d'or dans un roman dont l'héroïne a un parfait nom doré, et dont la structure permet doublement une approche dorée. J'ai rencontré il y a peu une autre allusion anecdotique et dépréciative au nombre d'or, dans Gataca (2011) de Franck Thilliez.
  Un savant criminel y est l'auteur du livre La clé et le cadenas, sous-titré Les codes cachés de l'ADN, avec en couverture L'homme de Vitruve de Léonard de Vinci; ceci ajouté à la 4e de couverture citée intégralement permet d'affirmer que Thilliez s'inspire d'un ouvrage réel de Jean-Claude Perez, soit L'ADN Décrypté (1999), soit le plus récent Codex biogenesis - les 13 codes de l'ADN (2009).
  Une recherche thilliez "jean-claude perez" m'a mené en premier résultat à une page du site Babelio répertoriant divers livres sur l'ADN. Les livres sont donnés par 3, et la 3e rangée montre Thilliez et Perez côte-à-côte.
  La présence de Van Cauwelaert sur cette même ligne est fabuleuse, car si le polar de Thilliez se montre négatif envers Perez, Van Cauwelaert a soutenu ce chercheur depuis ses débuts, et préfacé le premier livre où il a abordé le thème du nombre d'or dans l'ADN, Planète transgénique (1997).
   Mieux, Van Cauwelaert fait un éloge implicite du travail de Perez, sans le nommer, dans Hors de moi, autre histoire d'amnésique tentant de déjouer un complot meurtrier dont il faisait partie. Le généticien Paul de Kermeur y parle de son travail sur les OGM perturbant le "supracode de l'ADN", ce qui se réfère évidemment au travail de Perez.
  Thilliez a également exploité le thème, de façon originale dans La mémoire fantôme où c'est une amnésique antérograde qui commet un meurtre en sachant qu'elle l'aura ensuite oublié.

  Ainsi Jérôme Delafosse, Franck Thilliez et Didier Van Cauwelaert ont en commun d'avoir évoqué le nombre d'or et utilisé le thème de l'amnésique enquêtant sur ses propres crimes. C'est un thème assez classique, mais j'ai quelque peine à m'en remémorer beaucoup d'exemples.
  Le premier cas est sans doute Oedipe, dont l'amnésie est plutôt un oubli ponctuel dicté par les dieux, mais l'amnésie réelle est plus commode de nos jours.
  Je ne vois rien avant Maurice Leblanc, grand précurseur de nombreux thèmes, avec Le prince de Jéricho (1929).
  Puis c'est un film de Mankiewicz de 1946, Quelque part dans la nuit, où George Taylor revient amnésique de la guerre.
  Dans un roman de Kenneth Millar, The three roads (1948, titre en référence directe au mythe d'Oedipe), c'est un autre vétéran amnésique, Bret Taylor, qui enquête sur le meurtre de sa femme. Tiens, un autre Taylor, et une adaptation ciné de 1980 en a fait Michael Taylor.
  Il doit bien y avoir un Boileau-Narcejac, peut-être Le mauvais oeil (1956), d'après ce forum.

  Rien ne me venait d'autre à part les récents Cauwelaert, Delafosse et Thilliez, mais alors que j'avais commencé à écrire ce billet un hasard m'a fait connaître la série L'homme de nulle part (1995), Thomas Jonathan Veil recherchant Gemini, lequel n'est autre que lui-même.
  Tiens, à propos de Veil, la recherche d'images "unus mundus" m'en a fait découvrir  une autre y associant One World. C'est une carte d'un jeu dont je n'essaie pas de comprendre le principe, mais elle semble associée au piercing the veil, "percer le voile".

  Bien sûr je n'ai pas tout lu, et ma mémoire n'est pas parfaite, il devrait donc y avoir bien d'autres fictions sur le thème de l'amnésique coupable du crime sur lequel il enquête.
  J'ai lu le Cauwelaert après avoir vu son adaptation ciné, Sans identité. L'action a été déplacée de Paris à Berlin, où l'on voit la Siegessaüle, la colonne de la victoire appréciée des anges Damiel et Cassiel de Wenders. Damiel était interprété par Bruno Ganz, qui est aussi présent dans Sans identité, où il est doublé en français par Georges Claisse. Je rappelle que c'est la présence dans un même roman des noms Cassiel et Claisse qui m'avait mené aux Ailes du désir, et à son remake US La cité des anges, où les anges incarnés sont Seth et Nathaniel, valeurs 52 et 84.

  L'allusion au nombre d'or dans l'ADN peut faire référence au travail de Perez, mais il y a d'autres approches dorées de l'ADN.
  J'ai déjà dû donner mon avis sur ce chercheur, je le répète. Je considère que ce qu'il a trouvé est très important, et difficilement réfutable. Quoi que certains en pensent, on ne peut faire dire n'importe quoi aux nombres, notamment lorsque les corrélations proviennent d'analyses informatiques.

  Mon exemple favori est l'analyse informatique des rapports d'or dans les tonalités du Clavier bien tempéré, orientant inéluctablement vers un extraordinaire équilibre des tonalités BACH. Je n'ai aucune explication raisonnable de cet équilibre, et n'envisage notamment pas d'intentionnalité chez Bach. Je penche pour une approche de type synchronistique, sans préjuger d'une qualité intrinsèque du nombre d'or. 
  Pour Jean-Claude Perez la présence du nombre d'or dans l'ADN est significative d'une réelle qualité, associée aux spirales fibonacciennes en phyllotaxie, ce qui a pu paraître "magique" avant qu'une explication rationnelle en soit donnée.
  Je ne peux le suivre aussi loin, mais suis néanmoins ami FaceBook avec lui, et y suis ses publications, intervenant parfois, par exemple pour le partage de cette rare fleur de tournesol offrant une variante de la suite de Fibonacci, avec 26 et 42 parastiches, soit des nombres de la suite baptisée Perez-pair par Jean-Claude.
  Je lui ai aussi signalé le cas de Franck Thilliez en janvier lorsque j'ai lu Gataca. Le nom d'un de ses amis, Emmanuel Licht, m'a alors été aussitôt significatif.

  Je savais déjà que EMMANUEL vaut 84, grâce à un roman de PK Dick, où le Messie Emmanuel revient sur terre accompagné du prophète Elie (de valeur 52 en hébreu), et LICHT 52, grâce à un roman de JC Oates où il y a plusieurs 84-52 dans la famille Licht (Harwood Licht et Nathaniel Liges, variante de Licht).
  Emmanuel Licht est le co-auteur d'un livre sur le Graal et les Rois Mages, et il est évident qu'il s'agit d'un pseudonyme car il y est question de la prophétie de l'Emmanuel (également utilisée par Dick) et de la Lumière.
  Divers échos m'émerveillent, outre que le livre soit présenté comme le croisement de deux mythes fondateurs, au sens jungien du terme :
- EMMANUEL / LICHT est donc un 84/52 = 21/13, or j'ai été conduit en février 15 à découvrir qu'en français
SAINT / GRAAL = 63/39 = 21/13.
- Son livre est édité par l'Oeil du Sphinx, où j'ai été aussi édité en mai 09, sous le numéro 34 (21+13), alors que paraissaient à quelques jours près des revues avec des textes de moi, portant les numéros 21 et 13.
- Je rappelle que le patron de l'Oeil du Sphinx est Philippe Marlin, aussi éditeur d'un livre sur la revue Planète. La parution presque simultanée de mes numéros 13-21-34 en mai 09 m'avait remémoré que ma marotte fibonaccienne m'avait fait acheter en août 03 les numéros 13-21-34 de Planète. J'eus la surprise de trouver le nom de Philippe Marlin, alors âgé de 20 ans, dans le n° 34.

  Tous ces cas 21-13 sont récapitulés avec de nombreux autres ici, et Emmanuel m'inspire d'autres choses:
- sa répartition en voyelles/consonnes livre EAUE/MMNL = 32/52, partage d'or de 84;
- il en va de même de la répartition syllabique EMMA/NUEL = 32/52;
- NUEL est l'anagramme de LUNE, et l'association à la lumière Licht m'évoque l'épithalame de Perec pour ses amis Kmar et Nour, "lune" et "lumière", poème aux étonnantes harmonies dorées.

  L'illustrateur du livre d'Emmanuel Licht à l'Oeil du Sphinx, OdS, est Jean-Michel Nicollet, lequel a représenté sur la 4e de couverture un ourobore.
  Nicollet a été l'illustrateur de la collection Fantastique aux Nouvelles éditions Oswald, Néo, et le billet Ouroborindra m'avait fait remarquer la présence de deux ourobores en couverture de Cette hideuse puissance de CS Lewis.
  La recherche d'images "unus mundus" mentionnée plus haut m'a aussi mené à un ourobore, en couverture d'un livre sur l'alchimiste Dorn et Jung.
  La trilogie cosmique de CS Lewis décrit un système solaire où à chaque planète est affecté un ange, un eldil. Les anges planétaires semblent aussi une réalité pour la confrérie des vengeurs chrétiens du Cercle du Sang, ouvrant ce billet.
  Le chef suprême des eldils est Maleldil, avec
MAL / ELDIL = 26/42 = 13/21.

  Il y a aussi un Emmanuel dans Mon coeur mis à nu, où JCOates conte les exploits criminels de la famille Licht. L'un d'eux est l'invention d'un bâtard de Napoléon, Emmanuel Auguste Napoléon Bonaparte, dont le formidable héritage serait entre les mains de François-Léon Claudel, avatar du père Licht. Je soulignais plus haut le partage doré selon voyelles/consonnes d'Emmanuel, et il en va de même du nom complet du bâtard :
EAUEAUUEAOEOOAAE / MMNLGSTNPLNBNPRT = 138/224 = 69/112
  69/112 est aussi le partage de MARKZ / DANIELEWSKI.
  Le représentant des intérêts du bâtard offre un autre partage doré selon voyelles/consonnes, fibonaccien :
AOIEOAUE / FRNCSLNCLDL = 72/117 = 8/13
 
Les deux premières parties de Mon coeur mis à nu ont 21 et 13 chapitres, s'achevant sur la réception par Abraham Licht de la tête coupée de son aîné,
HARWOOD / LICHT = 84/52 = 21/13.
  Il y a également une tête coupée dans le roman qui m'a fait découvrir que
SAINT / GRAAL = 63/39 = 21/13
  Le démon est incarné dans Cette hideuse puissance par la tête coupée d'un criminel guillotiné.
  Je vois quelques échos avec les cerveaux prélevés dans Le cercle de sang.

  Notre déménagement m'a fait exhumer un livre d'un auteur rencontré vers 1996 lors d'un repas "ésotérique", lequel avait tenu à me donner une de ses oeuvres.
  Il s'agit d'Yves Monin, qui signe de ce nom, ou qui y inclue Emmanuel sous diverses formes, Yves Monin (Emmanuel), Emmanuel-Yves Monin. Ceci offre encore une curiosité dorée, car son nom réel de valeur 136 présente les deux césures d'or exactes 52 et 84:
YVE[52]S71 M[84]ONIN65 [136]
  L'addition d'Emmanuel (=84) fait passer au couple doré suivant (84/136 ou 136/84).

  Je n'en ai pas fini avec les Nathaniel-Nathan-Jonathan, et le prochain billet sera consacré à une autre série de coïncidences vertigineuses.