24.7.13

Cassiel, Maleldil & Nathaniel


  J'ai conté dans le précédent billet comment Aldo Sacslei m'a conduit à relire Le meilleur des mondes de son homonyme Aldous Huxley et Le silence de la terre, premier volet de la trilogie cosmique de CS Lewis.
  Il m'a paru devoir relire les deux autres volets, que j'ai ici dans l'édition Néo, mais bien que j'ai vu souvent Cette hideuse puissance lors de recherches diverses parmi mes milliers de bouquins dispersés dans des lieux divers, pas moyen de remettre la main dessus, ni sur Voyage à Vénus.
  Mes investigations m'ont permis de retrouver le 9 juillet L'espace, le temps et Nathanaël, premier livre SF de Brian Aldiss (1957), que je pensais bien avoir mais qui n'était pas dans mes deux caisses de Présence du futur lorsque je l'ai cherché au moment des découvertes sur Daumal/Nathaniel.
  J'apprécie cette édition Four Square Books, sachant que dans le roman L'adversaire de Dannay-Sturgeon York Square se répartit en 4 propriétés autour de la stèle de Nathaniel York, chacune formant un carré tronqué, comme sur le logo de l'éditeur semblant basé sur le quatre de chiffre.
  C'est un recueil de 14 nouvelles dont la 9e, Supercité, justifie le titre du recueil. C'est une histoire racontée à Nathanaël (Nathaniel en VO), à la manière des Nourritures terrestres de Gide, desquelles a été tiré le surnom Nathaniel de Daumal. La nouvelle s'achève ainsi :
Les gens sont bizarres, Nathanaël, et toutes les personnes présentes ne font pas exception.

  Daumal, dômal ("relatif au dôme", tel le Mont Analogue). Ce 9 juillet est apparu en streaming le premier épisode de Under the Dome, adaptation du roman Dome de Stephen King (voir les coïncidences "roi" dans les deux billets précédents). Cette série a été classée parmi les plus excitantes de l'année par le BTJA, ce qui m'a fait consulter le palmarès des années précédentes et découvrir une série SF de 2011, Terra Nova, produite par Steven Spielberg comme Under the Dome.
  En 2149 la Terre est au plus mal, ravagée par la pollution, mais l'humanité a l'espoir de survivre sur Terra Nova, une Terre parallèle accessible par un portail temporel. La colonie est dirigée d'une poigne de fer par Nathaniel Taylor, encore un doublé royal puisqu'il est interprété par un autre "couronné", Stephen Lang. Que de Stephen/Steven, avec King et Spielberg (et je rappelle que c'est un Etienne qui m'a conduit à Sacslei).

  J'ai donc découvert ces deux Nathaniel le 9 juillet. Le 11, 61e anniversaire de Stephen Lang, j'ai poursuivi mes recherches, et découvert un livre broché de mars 2006 dont je ne me rappelle pas comment il est venu entre mes mains, La trahison de l'Ange, de Eve de Castro.
  Cette couverture est celle, moins austère, de l'édition Pocket. J'ouvre le livre et découvre qu'un des ses personnages est un autre Nathaniel, Nathaniel Ndouala, journaliste parisien d'origine rwandaise. Je n'ai pas souvenir d'en avoir lu ne serait-ce que le début.
  S'il m'arrive de râler sur les facilités de nombreux thrillers, j'en viens à les regretter en abordant des thrillers "littéraires", de complexité souvent rebutante. Enfin "Ange" et "Nathaniel" me motivent maintenant suffisamment pour m'accrocher, sans parler du mah-jong évocateur du juge quaternitaire de Fred Vargas.
  Le roman est structuré en 16 chapitres numérotés, chacun débutant par une partie de la confession d'un détenu de Guantanamo, qu'on apprend être Lancelot Frasers, fonctionnaire international né le 25 décembre 62, capturé au Pakistan dans un repaire de Al-Qaïda. Suivent de 1 à 3 sections où la narration suit Nathaniel, Nat Ndouala, ou Julie Osmond, demi-soeur de Lancelot, née le 8 mai 72, chanteuse star. On apprend la mort de Nathaniel au chapitre 14, et la narration suit désormais Alice Choukroun, son amie des Services Secrets. Il se dévoile alors que la confession de Lancelot est donnée à Alice, laquelle a obtenu l'autorisation de l'interroger à Guantanamo.
  Ces quatre personnages sont tous manipulés par l'Ange, dont le vrai nom serait Malek Ayadi, "ange qui conjure le mal", jeune héritier de la richissime famille égyptienne ibn al-Khattab, présent sous de multiples identités dans le récit.
  Il est le Faon qui a séduit Lancelot, et l'a conduit à se faire arrêter au Pakistan en novembre 2001.
  Il est aussi le joueur de mah-jong qui perd $30,000 face à Nat en décembre, et qui propose de le payer avec une information capitale, le début d'une piste menant au second volet du 11 Septembre. Nat enquête, et découvre les preuves (fabriquées à son intention) que Lancelot était converti au djihad et projetait un attentat-suicide contre le Secrétaire US de la Défense (quelques années avant Homeland). Ceci lui permet de sortir le 11 septembre 2002 un livre, La Piste, qui lui vaut aussitôt la renommée internationale. Mais il reçoit alors un chèque de $30,000 qui lui fait comprendre qu'il a été manipulé, et il se suicide (semble-t-il du moins).
  En ce même mois de décembre 2001, le 11 après un concert de Julie à New York pour les victimes des Twin Towers, Malek la séduit, encore vierge à 29 ans, bien que mariée à Big Mike, dompteur de tigres... Elle tombe enceinte et accouche d'un garçon en septembre, lors de la parution de La piste. L'Ange se manifeste alors par un carton portant les mots Fidâ Makloufi, que Julie comprend être le prénom de l'enfant.
  On retrouve sur Nat après sa mort un étui à cigarettes offert par Lancelot à Malek, contenant 30 deniers du  temps d'Auguste, des fois que les $30,000 n'aient pas été assez clairs... Alice entreprend donc de réhabiliter Lancelot, et va l'interroger à Guantanamo, mais se rend compte lors de leurs entretiens que celui-ci n'a plus aucun désir de vivre après ce qu'elle lui a appris de la trahison de l'Ange, que son intervention était prévue par Malek dont le plan est à longue échéance, tablant sur son fils Fidâ ("rédempteur") Makloufi ("mon remplaçant") qui apprendra que son oncle est mort injustement à Guantanamo.

  Je suis ébahi des échos avec mes préoccupations :
- Un 3e Nathaniel en 3 jours, avec une coïncidence numérique que je détaillerai plus loin.
- Un Malek à la suite des coïncidences melekh-malik-malec vues dans les deux précédents billets. L'écho est particulièrement frappant avec Serial eater de Tobie Nathan (2004), où Muller exécute après le 11 Septembre le programme prévu par son "père", complice de Al-Qaïda et mort dans le vol AA-11 ayant frappé la tour A. Le 17 janvier 02, Muller viole la juge qui le traque : elle tombe enceinte et il lui est suggéré d'appeler son fils Malik. Eve de Castro donne le nom du réel général à la tête de Guantanamo, Miller (voir dans le précédent billet les coïncidences Menier-Muller-Miller).
- Dans la dernière période Queen, L'adversaire (1963) avec son Nathaniel central a été suivi par Et le huitième jour... (1964) où, pendant la Semaine sainte 1944, le magasinier Storicai (Iscariot) tente de voler le trésor de la communauté de Quenan, 30 dollars d'argent (ce "théopolar" a des points communs avec le roman de 1962 de Margaret Millar, D'entre les morts).
- Lancelot m'évoque le dernier survivant des cousins de Nathaniel York chez Queen, Percival. Sa naissance à la Noël 62 ne semble pas un hasard, laissant supposer un sacrifice christique. Son nom est peut-être choisi pour sa ressemblance avec Langelot, par ailleurs héros d'une série dont je n'ai jamais rien lu, peut-être plus de la génération de Eve de Castro (née en 61). Une rapide enquête m'apprend que le patron de Langelot se nomme Roger Noël, et que dans le 21e roman de la série ce fils du roi se nomme Malek !

  Chacune des 40 sections de La trahison de l'Ange débute par une citation du Coran, et il y en a quelques autres au cours du récit. La dernière intervention de Lancelot, chapitre 16, est précédée de celle-ci :
Si nous le voulions, nous mettrions, nés de vous, des Messagers pour vous succéder sur la terre. (43-60, traduction Chouraqui)
  Selon mes deux éditions, Blachère et Ben Mahmoud (et cette traduction en ligne par exemple), ces "Messagers" (malaikatan) sont des "Anges", et Chouraqui a privilégié ici le sens premier de mal'akh en hébreu. Il est étrange que Castro ait choisi cette traduction à part, mais elle montre sa connaissance de cette subtilité car Malek se présente à Julie en tant que "messager", ensuite précisé "messager de Lancelot".
  Je rappelle que dans La cité des anges, remake US des Ailes du désir de Wim Wenders, seul Cassiel a gardé son nom inchangé, et l'ange incarné interprété par Peter Falk est devenu Nathaniel Messenger.

  Faute d'avoir retrouvé mes CS Lewis, j'ai emprunté le 11 la Trilogie cosmique à la médiathèque, dans la nouvelle traduction de Maurice Le Péchoux à L'Age d'Homme.
  Comme je me l'étais promis, j'ai pris le livre pour une nouvelle balade vers la chapelle St-Etienne, et j'ai choisi de passer d'abord par les Chandres, en pensant à malac handra, la 4e planète, Mars (ci-contre le lieu-dit Les Chandres, avec au loin la barre des Dourbes).
  Avec le second volet de la trilogie, Perelandra, il s'agit de suivre Ransom sur la 2e planète, Vénus, qui en est au stade édénique, avant le péché d'Eve, ici Tinidril, appelée le plus souvent la Dame ou la Reine, à qui Dieu, ou Maleldil, impose de vivre sur les îles flottantes de Vénus, en attendant de croître et multiplier avec Adam, Tor, le Roi, sur la terre ferme.
  Pour faire chuter cette autre Eve, Satan vient de la Terre sous les traits de Weston, l'homme qui avait enlevé Ransom pour l'emmener sur Mars dans Le silence de la Terre. Les forces du Bien ont jugé que Ransom était le mieux à même de contrer ces menées, et l'envoient sur Vénus, où il rencontre la Dame avant l'arrivée de Weston. L'essentiel du roman est constitué de dialogues philosopho-théologiques entre Ransom, Weston et la Dame, l'Adam n'apparaissant qu'au dernier chapitre...
  Pas très attrayant, surtout si l'on est comme moi plutôt antireligieux, et surtout pas catholique comme Lewis, mais ce texte a une magie débordant les préjugés, que je me rappelle avoir ressentie en le découvrant quelque 30 ans plus tôt.
CI L'ASSE
où je me suis rafraîchi après la balade
  Aujourd'hui j'ai d'autres raisons de m'y intéresser. Il a été écrit en 1942, et fait allusion à la guerre qui fait rage sur Terre. Au même moment Jung écrivait Psychologie et Alchimie, Daumal Le Mont Analogue.
  Partout y retentit le nom de Maleldil, le dieu unique du système solaire, clairement identifié au dieu chrétien car il lui a fallu s'incarner sur Terre, la seule planète qui ait contesté sa prééminence. Le nom est clairement composé de eldil, "ange", et du préfixe mal qui n'est pas explicité, je suis tenté de le relier à malac, "quatrième"... Un lecteur francophone non jungien pourrait s'étonner de trouver ce MAL associé à Dieu, précisément dans un roman sur la naissance du MAL, en latin malum qui a influé sur l'identification classique du fruit défendu à la "pomme", malum également.

  Il s'imposait de calculer les valeurs correspondant à ce dieu suprême, et le découpage grammatical rejoint mon obsession 13/21, décrite dans le détail ici, avec deux cas particulièrement associés à la balade de la chapelle St-Etienne, vus dans le billet précédent :
MAL / ELDIL = 26/42 = 13/21
  Je rappelle que ce billet m'avait aussi amené à mentionner l'équilibre fibonaccien du nom terrien de Maleldil dans deux langues "sacrées" :
IHSOUS / XRISTOS = 888/1480 = 3/5
IESUS / CHRISTUS = 70/112 = 5/8

  Au-delà de cette harmonie interne, la valeur 68 de MALELDIL est celle de divers noms déjà vus, notamment CASSIEL et LEWIS lui-même, celui qui a imaginé Maleldil, créateur du système solaire.
  Dans Les silences de Dieu, le théopolar de Sinoué découvert et lu le 2 août 08, m'ayant conduit à lire d'autres Sinoué dont le 31 août, 21/13 pataphysique, Des jours et des nuits, principal déclencheur de ma découverte sur l'harmonie de la vie de Jung autour du 4/4/44, Dieu s'incarne sur terre sous la forme d'un jeune homme, MORCAR, dont celle qui va devenir son amante calcule la numérologie :
M=13 - O=15 - R=18 - C=3 - A=1 - R=18. Total : 68. 6 plus 8 = 14. Soit 5.
  J'avais noté en première lecture que ce 68 était en harmonie d'or avec les 42 décimales du nombre d'or données dans le roman. Jésus apparaît dans l'histoire, y niant avoir été l'incarnation de Dieu, ainsi la première incarnation de Maleldil pourrait être cet homologue numérique Morcar.
  Il y a encore le père SOGOL dans Le Mont Analogue, entrant dans la double équation fibonaccienne déjà remarquée pour les quatre personnages principaux de La cité des anges :
KARL / SOGOL = 42/68 = MAGGIE / CASSIEL
DAUMAL / NATHANIEL = 52/84 = SETH / NATHANIEL
  Et, d'acquisition récente, il y a le journaliste de La trahison de l'Ange, remarquable car en double harmonie avec l'auteur du Mont Analogue :
RENE / NDOUALA = 42/68 = 21/34
et toujours
DAUMAL / NATHANIEL = 52/84 = 13/21.
L'anagramme Nathaniel O'Daunal est particulièrement évocatrice. Je rappelle l'ébouriffante coïncidence de mars 2012, la découverte après ces supputations d'un document de la main de Daumal concernant la suite de Fibonacci.
  L'Ange traître, qui fait son entrée lors d'une partie de mah-jong avec Ndouala (68), est
MALEK = 42.
  J'ai évoqué plus haut un fils de roi également nommé Malek, probablement en raison de la parenté entre les mots "roi" et "ange" en arabe (malik-malek) comme en hébreu (melekh-malakh). En français on a encore
ROI = 42.
  Les parties contées à la 3e personne dans La trahison de l'Ange concernent essentiellement Nathaniel, appelé le plus souvent Nat, et Julie. Il s'agit d'un couple doré :
NAT / JULIE = 35/57.

   L'association du rapport essentiel pour moi 13/21 à un nom divin m'a conduit à diverses tentatives. Un jungien est tenté d'associer à Dieu son antithèse complémentaire, et l'utilisation d'une ancienne forme de Satan livre ceci :
DIEU / SATHAN = 39/63 = 13/21.
  Cherchant des occurrences de "SATHAN", je vois qu'il y a une chanson de Belphegor intitulé Shred for Sathan, mais je suis plus séduit par la 7e réponse à la recherche "sathan" sur YouTube, Sathan Seth Bima, plus agréable à mes oreilles et offrant divers échos :
- Seth est le nouveau nom de Damiel dans La cité des anges, tel que
SETH / NATHANIEL = 52/84 = 13/21
- Bhima le "terrible" est le nom du premier fils du roi Pandava, impliqué dans diverses coïncidences, récemment l'orthographe BAHM de Jake Bohm.
- c'est une chanson cingalaise, et Ceylan est doublement concerné par les visions de Jung de 1944.

  La recrudescence des Nathaniel m'a conduit à faire une recherche "Nathaniel York", le personnage "central" de York Square dans L'Adversaire (qui sous-entend Belzébuth), pour voir s'il existait des homonymes réels, et j'ai eu la surprise de découvrir un personnage important d'un roman fort connu, que j'ai lu au moins deux fois, Chroniques martiennes de Ray Bradbury (1950).
  Nathaniel York y est le premier terrien à se poser sur Mars, en février 2030. Hélas Ylla, martienne télépathe et romantique, rêve de l'arrivée d'un bel étranger nommé Nathaniel York, qui lui dit qu'elle est belle et qu'il veut l'emmener sur Terre. Elle donne tous les détails à son mari, qui va accueillir la fusée et qui tue Nathaniel et son équipier, Bert.
  La seconde expédition en août n'a pas plus de chance : le capitaine Jonathan Williams de New York y tombe entre les mains d'un psychiatre martien qui s'empresse de l'euthanasier, jugeant sa folie inguérissable. Je remarque la redondance Jonathan de New York avec Nathaniel York.

  J'avais supputé que Daniel Nathan, dont la mésentente avec son cousin Lee avait conduit à l'arrêt des aventures d'Ellery Queen en 1958, avait de bonnes raisons de nommer Nathaniel le tueur de cousins de L'Adversaire, retour d'Ellery Queen en 1963, et de choisir pour le seconder à la place de Lee un Theodore, équivalent grec de Nathaniel (ou de Jonathan, "don de Dieu"). De même Daumal, alias Nathaniel, apparaît dans Le Mont Analogue sous le nom Théodore.
  Je m'étais aussi demandé si le titre du premier roman de Sturgeon, The Dreaming Jewels (1950), n'était pas une autre raison, le tueur de cousins assumant la vengeance de Nathaniel York étant aussi le mystérieux individu signant Y, soit Yahweh, JHWH, le dieu vengeur de l'Ancien Testament. Sturgeon a écrit deux autres romans parus de son vivant, More than Human (1953), et l'Adversaire est effectivement plus qu'humain, et Venus Plus X (1960), dans lequel un newyorkais est amené à découvrir le monde futur de Ledom, où la différentiation sexuelle a été abolie, un personnage y remarquant que "Mars plus Y" pourrait être plus adéquat que "Vénus plus X".
  En fait l'expression la plus adéquate pour décrire ce monde androgyne serait plutôt "Mars plus X", l'homme en lequel s'exprime aussi le chromosome X, mais le nouvel élément troublant est le nom du premier homme à avoir posé le pied sur la planète Mars selon Bradbury, Nathaniel York, alors que Sturgeon allait collaborer au roman signé Queen où l'Adversaire est Nathaniel York plus Y...
  Dans le roman il est clairement énoncé que le traditionnel Mr X est un Y, et le lecteur peut deviner un double X dans la romance entre Tom Archer (le fou du jeu d'échec, se déplaçant en diagonale) et Ann Drew (évoquant Saint-André, et sa croix en X).
  Le titre du roman original, The Player on the Other Side, est tiré d'une citation de Thomas Huxley, grand-père d'Aldous, honoré par Aldo Sacslei, ce qui m'a conduit à relire CS Lewis.

  Il est encore fascinant que Sturgeon ait été impliqué en 1956 dans une mystification littéraire, le seul autre cas semble-t-il où il ait publié sous un pseudo, I, Libertine ("Moi, libertin"); un esturgeon apparaissait sur la couverture... L'Adversaire a été publié en turc sous le titre Y'nin esrarı, "Le mystère du Y".

  J'ai bien sûr Vénus plus X, mais pas moyen de le retrouver... Mes vaines recherches m'ont conduit à remettre la main sur les deux derniers volets de la trilogie de Lewis, côte-à-côte dans un petit carton du grenier avec des polars... J'ignore pourquoi le premier volet était à part, en un endroit connu du living, mais ce partage me permet de vérifier une curiosité envisagée en examinant l'édition L'Age d'Homme :
- l'édition Néo du Silence de la Terre a 21 chapitres numérotés, une 1e postface devenant le chapitre 22 de l'édition L'Age d'Homme;
- dans les deux éditions les deux autres volets ont chacun 17 chapitres, soit en tout 34 chapitres, ainsi les hasards de mes rangements avaient conduit à exalter le couple fibonaccien 21/34, bien avant ma passion pour la suite de Fibonacci.

  Les deux premiers volets concernent Mars et Vénus, les planètes symbolisant l'homme et la femme, et je suis frappé de la superposition avec les pronoms français :
IL = 21, ELLE = 34 (EL-LE = 17-17).
  Si le nom LEDOM a pu être choisi par Sturgeon pour indiquer que c'était le contraire d'un MODEL à suivre, je pense au nom Edom du jumeau de Jacob, le "rouge", d'une racine DM, "sang", formant les mots adam, "homme", maadim, "Mars". Ci-contre le roman Mars la rouge de KS Robinson, maadim haedom.
  Edom désigne aussi dans la tradition juive Rome, la "prison de fer" pour Phil Dick, le fer étant le métal traditionnellement associé à Mars.
  En hébreu Vénus est noga, la "brillante", qui peut s'écrire NGH, נגה, (plus souvent en hébreu moderne NWGH, נוגה, mais les deux graphies sont courantes), de valeur 58 en harmonie d'or avec le 95 de Mars, maadim, MADYM, מאדים.
  J'ai déjà rencontré ce couple 58/95, correspondant à ALBERT EINSTEIN, et à REGIS WARGNIER, un "roi" (rex, regis).
  Je rappelle qu'au départ de cette affaire il y a le calendrier des événements de 44, délimitant des périodes de 53 et 87 jours, couple doré correspondant aux valeurs de "soleil" et "lune" en hébreu.

  VERT et ROUGE sont les couleurs traditionnellement associées aux planètes Vénus et Mars, et le jeu découvert par Jean Dupuy s'appliquerait idéalement aux androgynes de Vénus plus X, pourvus des attributs des deux sexes.

  Les ramifications de l'arbre (tiens, j'ai appris que Arbol, le soleil de Lewis, signifie "arbre" en espagnol) se multiplient et s'enchevêtrent, à tel point qu'il m'est désormais difficile d'arriver à conclure un billet. Je remets donc au prochain billet mes trouvailles sur le dernier volet de la trilogie de Lewis.
  Encore quelques petits détails. Bradbury n'est pas mon auteur favori de SF, mais il est déjà intervenu dans mes préoccupations à propos de l'adaptation de Fahrenheit 451 par Truffaut, qui y a multiplié les occurrences de son nombre fétiche, 813, incluant ses permutations. J'observais que Truffaut aurait pu remarquer le catalogue de la collection Présence du futur dont l'auteur phare des débuts a été Bradbury, avec les numéros 1-3-8 :
    1  Chroniques martiennes par Ray Bradbury
    3  L'Homme illustré par Ray Bradbury
    8  Fahrenheit 451 par Ray Bradbury
  A propos de 813, je reviens sur la citation du Coran concernant les "anges" ou "messagers", extraite de la sourate 43 qui est l'une des sourates préfixées Ha-Mim, soit les lettres de rangs 8-13 dans l'alphabet abjad. Voir ici pour quelques éclaircissements, mais la page est l'oeuvre d'un prosélyte et je ne connais hélas pas d'analyse objective des intrigants préfixes coraniques.
  La dernière des sourates préfixées est la 68, et les sourates 26 et 42 sont aussi préfixées. Urendi Maleldil (formule non explicitée qui pourrait signifier "Béni soit Maleldil").

  Après Nathaniel et Jonathan, la 3e expédition martienne est commandée par John Black, un nom doré dont les valeurs 47-29 correspondent dans la suite de Lucas aux Fibos 21-13. Je mentionnais dans le billet précédent que 29 et 47 étaient les numéros de membres Unus Mundus correspondant à Attanasio et moi-même.

6.7.13

J'm'en câlisse

diront peut-être les amis québecquois...

  J'ai différé dans le dernier billet la relation d'une coïncidence qui demandait quelques rappels, car c'était un fantastique rebond au cas Cassiel, lequel s'est révélé en novembre 2011. Quelques mois avant mes recherches m'avaient conduit à relier les 53 et 87 jours séparant les dates clés de 1944 aux valeurs des mots hébreux "soleil" et "lune", et à la pierre de Bollingen où les symboles du soleil et de la lune figurent de part et d'autre de Mercure, au centre.
  En octobre 2011, j'imaginais un écho avec trois arcanes du tarot, Etoile-Lune-Soleil, auxquels sont associées des lettres hébraïques, en identifiant l'étoile à Mercure. A l'ordre Soleil-Mercure-Lune correspond la séquence קפצ, ou QPÇ. J'ai cherché dans plusieurs dictionnaires d'hébreu ce mot, comme son renversement ÇPQ, sans rien voir de significatif.  Quelques jours après cette recherche, une circonstance pour le moins improbable a placé un livre sur mon chemin, L'effaceur de Manon Torielli-Sarmejane, polar venant de paraître chez un petit éditeur, que j'aurais eu peu de chances de découvrir si l'auteur n'en avait déposé un exemplaire à la médiathèque de Digne.
  J'y ai repéré deux personnages aux noms anagrammatiques, Cassiel et Claisse, ce qui m'a poussé à approfondir, et découvrir que Cassiel était un nom d'ange, dérivé de l'hébreu Qaftsiel, de racine QPÇ cherchée peu avant dans mes dictionnaires (signifiant "sauter").
  Mieux que cela, il y a une énigme pour le nom de cet ange, translittéré QPÇYAL, la racine QPÇ plus un suffixe "angélique", qui est aussi connu sous le nom ÇPQYAL, soit un nom d'ange basé sur ÇPQ que je n'avais trouvé que dans un dictionnaire d'hébreu moderne, "péritoine".
  Ainsi l'auteur a créé ces personnages anagrammatiques de Cassiel et Claisse en ignorant l'ambiguïté historique Qaftsiel-Tsafqiel, déconcertante énigme. Une rencontre avec l'auteur m'a appris que son intuition avait été bien au-delà de ce que j'avais imaginé, son seul choix ayant été d'emprunter aux Ailes du désir de Wim Wenders le nom Cassiel, en ignorant qu'il s'agissait de l'ange traditionnel de Saturne. Tout le reste, notamment le cadran solaire de l'hôtel de Cassiel qui m'avait aussitôt évoqué Melencolia de Dürer (dont l'ange est supposé celui de Saturne), tenait du "pur hasard".

  Je peux maintenant aborder le dernier rebond. J'ai un compte FaceBook dont je me sers très peu, me contentant d'accepter les demandes d'amis, et d'examiner les suggestions d'amis, le plus souvent refusées. Le 3 juin un mèl de FaceBook, d'abord mis à la poubelle, m'informait qu'Etienne Roba me suggérait de prendre pour ami Aldo Sasclei. Et puis le nom est parvenu à quelques neurones encore fonctionnels qui m'ont avisé que SASCLEI était l'anagramme de CASSIEL.

  J'ai repris le mèl, regardé la page de  ce dottore Aldo Sasclei, mail-artist dont les oeuvres ne me séduisent guère. Une recherche m'a montré qu'il semblait le seul à porter ce nom, et j'en ai déduit qu'il avait fabriqué son pseudo à partir de Cassiel. Je fis un mèl à ce sujet au dottore, lequel s'abstint de répondre illico, me portant à douter de mon idée.
  Mon enquête sur Cassiel m'avait conduit à découvrir que 3 pages en ligne donnaient toutes les anagrammes de ACEILSS, des pages du même site correspondant à des recherches sur les mots salices, latin "saules", secalis, latin "seigle", Scalise, nom de famille sicilien. Cet Aldo n'avait-il pas anagrammatisé son propre nom ?   J'ai posé le 7 juin une requête "scalise" "aldo sacslei" qui n'avait ce jour qu'une seule réponse, une page nommée Da Malick a Lino Banfi; je rappelle que mon billet précédent était placé sous le signe des rois, melekh en hébreu, malik en arabe, et c'est en pleine rédaction de ce billet que je suis tombé sur cette réponse unique, fait rare qui fait l'objet de recherches sur la ListeOulipo (mais bien sûr cette unicité va cesser dès la publication de ce billet).   C'est une page racine d'un journal en ligne du 25/09/2011, où ni Sacslei ni Scalise n'apparaissent directement, et je n'ai pas eu le courage de suivre toute l'arborescence pour dénicher où exactement ces noms apparaissent, un point à noter étant qu'il s'agit de la chanteuse Gabriella Scalise (Gabriel est l'un des 7 anges planétaires, comme Cassiel).

  Lino Banfi est un acteur italien, Malick est le réalisateur Terrence Malick, pour son film The Tree of Life, Palme d'or 2011. J'ai omis dans le dernier billet des coïncidences "Malik" vidéo parce qu'elles me semblaient reposer essentiellement sur mon témoignage, mais pas uniquement tout de même, alors voici au plus bref :
- Nous avons vu le 12/5 la nouveauté en streaming The Forger, où j'ai reconnu sur l'écran de présentation l'acteur que je connais pour son rôle de Malick dans Identity, et le moteur de recherches du site avait attribué à cette nouveauté la fiche de Malec forgeron.
- Quelques jours plus tôt, nous avions commencé à regarder le dernier Malick, A la Merveille (référence au Mont-Saint-Michel, autre ange planétaire), et abandonné. Les coïncidences "Malik" m'ont conduit à approfondir (mais pas à voir la fin), et découvrir que Malick avait surpris son monde en sortant un nouveau film moins de deux ans après The Tree of Life, et qu'il avait supprimé au montage des scènes avec notamment Amanda Peet, vedette féminine de Identity.
- Les coïncidences Malik autour du 13/5 faisaient pour moi écho aux coïncidences entre les films Identity et Dédales, où j'ai été impressionné par la performance de Sylvie Testud, dont je suis depuis fan. Quelques jours plus tard, j'ai découvert la présence en streaming d'un film où elle joue, Filles uniques (juin 2003, alors que Identity et Dédales, où un flic se nomme Malik, sont sortis en septembre), que nous avons donc regardé; elle y séduit un flic nommé Malek...
- Le 14/5 nous avons regardé en replay un téléfilm diffusé la veille sur M6, Enquêtrice malgré elle; l'actrice vedette en est Wendie Malick...

   C'étaient donc les suites de la piste Scalise, qui je n'aurais pas suivie si le dottore Aldo Sacslei avait daigné répondre plus tôt. Il me signala quelques jours plus tard que son nom n'était pas une anagramme, mais la prononciation italienne de Aldous Huxley.
  Amusant, d'autant que j'ai évoqué ici les curieux cas de médiums recevant de deux morts des messages utilisant leurs bibliothèques. Dans un cas le médium était Jung, dans l'autre le mort était Huxley.
  Jung et Huxley ont en commun d'être nés un 26 juillet (1875 et 1894). La mort de Huxley le 22 novembre 63 présente une circonstance plus remarquable, car ce même jour est mort un autre écrivain anglais important, C.S. Lewis, mais ces disparitions ont été quelque peu éclipsées par l'assassinat de Kennedy ce jour, dont le cinquantenaire a été célébré par le doublement roi de la littérature fantastique (ou triplement, car Stephen vient du grec stephanos, "couronné").
  Huxley et Lewis ont écrit deux des plus importants romans de SF littéraire des années 30, au moins les plus importants en Angleterre, Brave New World (1932) et Out of the Silent Planet (1938).

  Il m'a semblé devoir les relire, et la version française Le Meilleur des mondes offre une curiosité. On sait que le roman décrit une société qui a aboli la structure familiale, où les enfants sont fabriqués en laboratoires et éduqués en fonction de leur rôle dans la société, divisée en 5 castes, des Alphas aux Epsilons.
  Cette éducation vise à abolir tout libre arbitre, de même que le Lebensborn conçu par Himmler pour former de bons nazis dans des haras humains. Il y a eu en 1943 une filiale française du Lebensborn, à Lamorlaye, dans une propriété réquisitionnée à la famille Menier, or l'administrateur de l'Europe de l'Ouest se nomme Mustapha Menier dans la traduction française.
  C'est probablement une bonne adaptation du Mustapha Mond original, référence à Alfred Mond, fondateur d'un empire industriel comparable à l'entreprise Menier, mais le traducteur (Jules Castier) ne pouvait imaginer ce qui se passerait 10 ans plus tard à Lamorlaye. J'ai parlé dans le précédent billet du tueur de Serial eater Muller ("meunier" allemand, et l'anglais miller a quelque ressemblance avec Himmler), dont la mère est née au Lebensborn de Lamorlaye. Il y revient pour violer sa dernière victime, libérée avant qu'il ne la sacrifie, et elle se trouve enceinte d'un fils qu'elle envisage de nommer Malik.
  Le New World a aboli la religion, et Notre Seigneur, Our Lord, y est devenu Our Ford, en référence à Henry Ford, pionnier de la production en série dont le symbole est la voiture Model-T, sortie en octobre 1908. En son honneur a été modifié le calendrier, 1908 AD devenant l'an de référence 0 AF (le roman se passe en 632 AF, soit 2540 AD), et toutes les croix ont été modifiées en T, emblème du Nouveau Monde.
  Je remarque qu'en cette même année 1932 est paru un roman d'Ellery Queen où un criminel transforme ses victimes en T en les crucifiant après leur avoir coupé la tête. En 1964 Queen a publié And on the eighth day..., dans lequel un Maître est crucifié pendant la Semaine sainte 1944 dans une communauté coupée du monde où les quenanites vénèrent non the Lord, mais the Wor'd.
 
  Le silence de la terre de CS Lewis a aussi été édité sous le titre Malacandra, nom local de la planète Mars où se passe le roman. C'est la contraction de malac handra, "4e planète" (à partir du soleil); viendra en 1943 une suite, Perelandra, se passant sur Vénus, 2e planète.
  Ainsi malac signifie "4" en martien, et je m'émerveille de cette ressemblance avec le mot "roi" dans les langues sémitiques, melekh, moloch, malik... J'avais précisément eu recours à cette forme pour un personnage de Novel Roman, Jean-Louis Baroukh-Malac, qui signifiait pour moi "roi béni". J'avais choisi cette orthographe pour la gématrie en chiasme 30-76 76-30, en fonction de Jean-Louis imposé par Leblanc et du nombre rosicrucien 106. Ce Baroukh-Malac mourait dans la nuit du Jeudi au Vendredi saint 1908, dont je n'avais alors aucune idée qu'il pût s'agir de l'Anno Fordi 0, cette date étant inspirée par la pseudo-mort d'Arsène Lupin dans L'aiguille creuse.
  Malac signifie donc "quatre" en martien et "roi" en sémite, or le héros de la trilogie de CS Lewis sera identifié dans les épisodes suivants au Roi-Pêcheur du Graal, atteint un Vendredi saint d'une blessure inguérissable.

  Le soleil se nomme Arbol en martien (en fait la langue universelle du système solaire, que seule la Terre ne partage pas), ce qui m'ébahit car "quatre" se dit en hébreu arba', translittéré ARBO en utilisant la filiation des lettres sémitiques dans notre alphabet (j'avais donné cette forme ici).
  Mon vertige s'accroît en me souvenant que c'est Etienne ROBA (neveu du dessinateur) qui est à l'origine de la piste Sacslei, avec son message tard le soir du 3 juin dont je n'ai pris connaissance que le 4 où je suis devenu ami FaceBook avec le dottore (Junius est originellement le 4e mois latin, et le 4 débute pour les Hébreux au coucher du soleil du 3, ce dont il était question dans le billet où je parlais de Huxley, pour le 4 décembre, la Ste BARBE, lue "en quatre").
  Etienne Roba avait collaboré aux PALMES D'OR A ANNE, 138 anagrammes de PAMELA ANDERSON (=138) composées pour l'anniversaire de ma compagne ANNE le 138e jour de 2007, deux jours avant la Palme d'or de Cannes qui serait octroyée 4 ans plus tard à Malick.
  Je faisais état dans ce message de ma rencontre en mai 07 avec Etienne Cornevin, dont il a été question récemment en compagnie d'autres Etienne ou Stéphane, "couronnés".

  Je m'émerveille de la possibilité de former PERELANDRA RANSOM avec les lettres de PAMELA ANDERSON, à la condition d'en tripler l'unique R. Elwin Ransom est le héros de la trilogie de CS Lewis, dont le nom (du latin redemptio) prend explicitement sens dans le volet médian, Perelandra, où il doit payer de sa personne pour rédimer la planète Vénus, mais un jeu anagrammatique peut s'envisager dans le premier volet où RANSOM découvre qu'il y a de la "vie sur Mars", life ON MARS.

  Je trouve cette couverture de Perelandra sur le blog de ARBORFIELD, peut-être écho au FIELD OF ARBOL, le système solaire. Parmi les 4 commentaires à ce post il y en a deux de Ivon1167 qui cite un autre livre qui l'a marqué, Radix de AA Attanasio (1981).
  J'ai acquis ce livre en 1983 lors de sa parution française, et découvert en 2010 que cet Attanasio était membre de Unus Mundus, deux ans après que j'eus rejoint ce forum jungien. Ceci est associé à de fantastiques coïncidences, partagées sur le forum, dont voici quelques éléments.

  Le 21 novembre 10, soit la veille du 47e anniversaire de la disparition de Huxley et Lewis (parmi les coïncidences importe mon rang de 47e membre de Unus Mundus), je suis allé faire une balade en montagne avec Radix, où j'ai déniché des relations fibonacciennes, concernant notamment mes nombres fétiches 21-13. Au cours de cette balade, je me suis trouvé nez à groin avec un sanglier, qui semblait avoir échappé à une battue plus haut dans la montagne. Je remarquais sur le post que "sanglier" se disait en anglais BOAR, anagramme de la translittération ARBO de l'hébreu "quatre", de gématrie 273 = 21x13.
  Aujourd'hui je me souviens qu'au cours d'une petite balade vers Digne le 4 juin dernier j'ai entendu un sanglier sans le voir. C'était le jour où j'avais pris connaissance de la suggestion de ROBA, mais je n'ai alors ni songé à l'anagramme avec BOAR, ni à celle avec ARBO. Je précise tout de même qu'il n'est pas exceptionnel par ici de rencontrer des sangliers.
  Je signalais encore sur le post au forum que l'année précédente s'était produite une extraordinaire coïncidence 21-13 dans le même coin où j'avais rencontré le sanglier pourchassé, relatée en détail ici. Il s'agissait d'un panneau ONF pouvant se lire 21:13, alors que ces nombres étaient venus à mon esprit en lisant le livre emporté pour ma balade, Le marteau de verre de KW Jeter, The Glass Hammer.
  Or en cherchant des couvertures de Perelandra de CS Lewis je suis tombé sur cet album (1995) du groupe de rock Glass Hammer, créé par Steve Babb (prénom et nom me sont évocateurs) et Fred Schendel, inspiré par les oeuvres de Lewis. La 7e des 12 chansons a donné son titre à l'album.
  Inimaginable ! "marteau de verre" est une expression plutôt rare, et une requête mène massivement vers le roman de Jeter, qui a probablement inspiré le nom du groupe, quant à Perelandra.... Je n'ai pour l'instant relu que le premier volet de la trilogie, et je me promets de relire Perelandra lors d'une prochaine balade sur ce chemin où Attanasio et Jeter m'ont inspiré des 21-13 en résonance avec les lieux.
  Et ce n'est pas tout, car ce chemin mène à un croisement permettant de faire une boucle, entre la chapelle Saint-Etienne (Roba, Cornevin, Steve Babb...) et le lieu-dit Les Chandres. Ce nom m'avait fait penser au sanskrit chandra, "lune" (sulva en martien), et je suis aujourd'hui tenté de redécouper l'expression malac handra, "4e planète", en mala chandra, qui pourrait être en italo-sanskrit le titre d'un roman de SF qui a marqué mon adolescence, Lune fourbe de Algis Budrys.
  A ce roman sont associées des coïncidences d'une telle complexité que je n'ai pas encore eu le courage de tenter de les communiquer. Elles concernent aussi des cas de réponses uniques Google.
  Je rappelle qu'au départ de cette affaire Cassiel il y a les Soleil et Lune gravés par Jung sur la pierre de Bollingen. Il est intervenu en cours l'administrateur Mustapha Mond ("lune" en allemand) du Meilleur des mondes.

  J'invite à lire l'ensemble du sujet de Unus Mundus où est intervenu Attanasio, pour la première fois depuis mon inscription au forum. Sur ce post, j'évoquais le Symbole d'Athanase à propos de son nom, qui peut signifier "non-mort".
  Lorsque j'ai été voir la page FB d'Aldo Sacslei, son logo m'a aussitôt évoqué le Symbole d'Athanase, et Attanasio.
  Les deux triangles sont opposés, ce qui me rappelle L'étoile de Babel; l'un est noir sur blanc, l'autre blanc sur noir, ce qui me rappelle le jeu atbash HWL-KSP, évoqué sur le post du Symbole d'Athanase.

  Je rappelle que cette page récapitule les coïncidences 13-21. Elle en est à 90 cas, dont certains sont multiples. Cassiel-Sacslei pourrait y figurer car
CASS/IEL ou SACS/LEI = 42/26 = 21/13.
  Je remarque que CAS-S-IEL et SAC-S-LEI peuvent se déduire logiquement l'un de l'autre (renversement des 3 premières et dernières lettres), or ce sont les 3 premières lettres de ÇPQYAL qui ont été renversées pour donner la forme QPÇYAL. Ceci me rappelle aussi le détournement de QU-ATERNI-TE en ET-ATERNI-UQ.

  Lors de l'écriture du dernier billet, il m'est souvenu avoir lu que, dans une adaptation du Golem de Meyrink,  la gématrie du mot emet, "vérité", était donnée pour 36, utilisant les rangs des lettres, A-M-T = 1-13-22, ce qui me permettait d'envisager un nouveau rebond avec "roi", M-L-K = 13-12-11, et les 36 Justes.
  J'ai cherché sans découvrir de confirmation, mais la requête "emeth" "guematria" m'a mené à un Vocabulaire de l'angélologie des manuscrits hébreux de la Bibliothèque Nationale, établi par Salomon Reinach en 1897. Je ne connaissais pas cette étude, et j'ai été y voir ce qu'il était dit de Cassiel, ou plutôt de Qafçiel. Très curieusement, Reinach ne signale pas la variante Çafqiel, peut-être absente des manuscrits consultés, mais une forme Qaçfiel qu'il relie à Qafçiel :   Je remarque que, attendu que Cassiel résulte d'une confusion entre le s long ancien ſ et f, Cafſiel et Caſfiel auraient pu engendrer la même lecture fautive.
  J'ai aussi cherché si cette nouvelle liste avait quelque chose ressemblant à Damiel, l'autre ange de Wenders, mais le plus approchant est le portier de l'enfer Doumiel, déjà vu ailleurs :   Dans la trilogie de CS Lewis il y a des eldila, "anges", et un oyarsa, ange supérieur dévolu à chaque planète, sauf pour la Terre, Thulcandra, "planète du silence" tombée sous l'emprise d'un ange maléfique... Cette page envisage pour Doumiel, "ange du silence", un rôle assez semblable à celui tenu par Damiel au début des Ailes du désir.

  Une nouvelle recherche m'a conduit à une autre curiosité. La première forme connue Çafqiel (ou Tsafqiel  ou autres) est bien répertoriée, mais des recueils d'invocations magiques tels les Clavicules du roi Salomon (rien à voir avec l'érudit Reinach) ont identifié Tzaphqiel à l'archange de Saturne, tandis que Cassiel en serait l'ange !
  J'imagine que des milliers de personnes ont invoqué Tzaphqiel et Cassiel  sans soupçonner que ce dernier nom était une déformation du premier.   J'hésitais à mentionner cette incongruité avant de repérer une autre bizarrerie de cette table des anges  planétaires, concernant Soleil, Mercure et Lune, qui m'avaient précisément mené via le tarot aux lettres ÇPQ formant la racine de Çafqiel. A ces trois astres correspondent donc les trois archanges connus de tous, Raphaël, Michel et Gabriel, mais ces noms se retrouvent dans les anges correspondants (avec un chiasme entre Soleil et Mercure), seuls cas parmi les sept.
  Cette même table apparaît ailleurs, ici en français. Je trouve encore un récit de l'invocation récente des anges de Saturne, Tzaphqiel, Cassiel et Uriel (Uriel aurait été l'instructeur de Elie et Enoch selon les Mythes celtes de Robert Graves), sous le signe de Tau, "ADN spirituel" selon l'expérimentateur (voir plus haut les T de Huxley et Queen).

  Dans l'étude de Reinach, j'ai aussi trouvé quelque chose que je n'avais jamais vu précédemment, le jeu atbash BYT > SMA, page 23 [135] :
  Je mentionnais ceci, trouvé par mes propres moyens, dans un post du 17/09/2010, sur Unus Mundus, et c'est ce post qui avait conduit Attanasio à se remanifester sur le forum le 19 (et moi à reprendre son livre le 21 lors de ma balade vers la chapelle St-Etienne). Le commentaire cité parle de la première lettre de la Tora, le Bet de Bereshit, en toutes lettres BYT dont l'atbash est SMA, l'ensemble ayant la même valeur que les Ourim et Toumim, mystérieux processus de divination. Pour ma part, je donnais à l'occasion de l'arrivée d'une Beth sur le forum son atbash, correspondant aux 3 lettres-mères du Sefer Yetsira, le Livre de la Formation aussi cité par Reinach. Sur un autre sujet du forum, je parlais du grand BYT débutant la Genèse; il n'y a que 3 autres livres qui débutent par des grandes lettres, qui sont SMA.

  Je rappelle que c'est à la médiathèque de Digne que j'ai trouvé fin octobre 10 L'effaceur, avec son couple Cassiel-Claisse. Ce 3 juillet j'y ai trouvé un thriller bien moins discret, La marque du tueur de Chris Carter, mais dont j'avais raté la parution française en 2011, de même que l'édition poche en 2012. La 4e de couv a de quoi me motiver :
A L.A. un ange de plus s'en est allé... Une jeune femme a été retrouvée assassinée, le visage arraché. Mais pour le détective Rob Hunter, la fait le plus marquant se trouve sur la nuque de la victime, un morbide emblème taillé dans ses chairs, la marque du tueur au double crucifix, arrêté deux ans plus tôt.
  C'est une énième histoire de serial killer, mais avec d'étonnants échos à mes préoccupations générales et actuelles. Ainsi c'est à L.A. que se passe La cité des anges, le remake du film de Wenders, où le nom de Cassiel a été conservé.
  Un personnage important de La marque du tueur est le truand surnommé D-King, Roi des Dealers, survenant au moment de mes réflexions sur malac, "roi" sémite ou "quatre" martien, D étant la 4e lettre. Mieux malac est encore plus proche de l'hébreu MLAK, mal'akh, signifiant "envoyé" et "ange". L'ange déjà incarné du film de Wenders, Peter Falk, est devenu Nathaniel Messenger dans le remake.
  Rob Hunter, flic héros du livre, est à une lettre près Boar Hunter, "chasseur de sanglier"...
  La première victime de la nouvelle série de crimes au double crucifix est trouvée crucifiée en Y, la peau du visage arrachée... Je parlais plus haut, avant la découverte de ce roman, du Mystère égyptien de Queen, où un vengeur slave semble avoir décidé d'éliminer les frères Tvar, en les transformant en T par décapitation et crucifixion. J'avais découvert que le tchèque tvář signifie "visage", "face", et en avais déduit que Queen n'avait pas choisi ce nom uniquement pour l'initiale, m'émerveillant de ce qu'il ferait plus tard du mot face dans Face to face.
  Et c'est FaceBook qui est à l'origine de l'affaire !

  Recherchant une page confirmant cette traduction, je trouve aussi le serbo-croate tvar signifiant "matière", de même que hylé en grec, mot-clé du billet de Quaternité le plus consulté jusqu'à présent, La possibilité d'une hylé, écho à l'ÎLE d'un roman connu, où il était question d'anagramme des 3 lettres grecques formant hylé, ὕλη. Précisément l'an dernier j'ai repris côte-à-côte les cas Hylé et Cassiel, sans envisager de lien entre les anagrammes sur 3 lettres, ÇPQ et QPÇ, ILE et ELI (par exemple).

  Le premier chapitre de La marque du tueur donne le jour, vendredi 8 août, où le tueur révèle à Rob qu'il a enlevé son coéquipier Carlos, lequel va mourir si Rob n'obéit pas à ses instructions. Suit  un flash-back de 55 chapitres, et la suite du chapitre 1 est au chapitre 57, où Rob trouve Carlos cloué sur une croix dans une pièce où va exploser une bombe, mais cet athlète réussit à sortir la croix et Carlos de la pièce.
  Pour des raisons assez peu claires, il s'agit d'une mise en scène de l'assassin, dont le but ultime est de tuer Rob, afin de lui faire porter la croix, prélude à son exécution programmée le soir même. Si l'année de l'action n'est pas précisée, le roman est paru aux USA en 2009, et c'est en 2008 qu'il y a eu un vendredi 8 août, soit un 8/8/8, triplette qui évoque à tout amateur de gématrie la valeur 888 du grec IHSOUS. Peut-être le fait que ce rare 8/8/8 soit tombé un vendredi a-t-il donné à Chris Carter (ce n'est pas celui des X-Files) l'idée d'une Passion, mais l'ensemble du roman ne me paraît pas témoigner d'une élévation d'esprit en rapport.
  Les 70 chapitres du roman m'évoquent cependant la gématrie latine 70 de IESUS, et les curieuses harmonies fibonacciennes de l'expression Jésus-Christ en grec et latin :
IHSOUS / XRISTOS = 888/1480 = 3/5
IESUS / CHRISTUS = 70/112 = 5/8

  J'ai évidemment pensé aux morts des 36 Justes un vendredi de 2009 dans Le dernier homme bon, et j'ai été curieux de celui mort le plus près du 8/8 : c'est Jonathan Miller, le 7 août au coucher du soleil (soit au tournant du jour suivant selon les Juifs). Jonathan équivalent de Nathaniel ou Theodore (alors que Rob a risqué sa vie pour sauver un CARLos), et miller, "meunier" (voir plus haut Muller dans la propriété des Menier)...

  J'ignorais en titrant ce billet que j'allais découvrir un nouveau roman pascal. Je rappelle que le Graal est le calice (calisse de tabernak pour les québecquois)  qui aurait recueilli le sang du Christ lors de la Cène, et il me revient en terminant le billet l'expression Boire le calisse jusqu'à la lie.
  J'ai exprimé plus haut mon peu de goût pour les oeuvres du dottore Sacslei, mais je crois qu'il me faudra boire le SACSLEI jusqu'au LEI...
  Cette dernière illustration est The Damsel of the Sanct Grael de Rossetti (1874), dont le format est fort proche d'un rectangle d'or (92 x 57,7 cm).

Note : J'avais parlé de CS Lewis ici, à propos d'un épisode de Inspecteur Lewis qui faisait référence à cet homonyme, mais aussi à Borges avec le mot UQBAR tracé en lettres de sang par l'assassin. Relisant le billet, j'y vois que l'acteur Art Malik jouait dans l'épisode, où il était un suspect. Attendu que Perec a transformé le UQBAR de Borges en BARUQ fort proche de barukh ou baruk, "béni", je me souviens m'être demandé si je n'allais pas citer mon Malac-Baroukh, "assassin assassiné" de Novel Roman. Ainsi Sacslei m'a mené via Scalise à Malick, et via Huxley-Lewis à Malac et Malik...
Note bis : relisant Que d'aspects prend la croix, j'y vois qu'un autre nom de l'ange de Saturne est Sabathiel, or "Tobias Nathan" a imaginé dans Serial eater l'auteur américain de polars "Antoni Sabath" (son anagramme).