26.7.12

diagonales


L'importance des coïncidences 84-52-68-42 ces derniers mois m'a poussé à une étude systématique de ces valeurs parmi les mots de l'ODS5 (Officiel du Scrabble).
Il y a des résultats intéressants, sur lesquels je reviendrai peut-être, mais une seule belle curiosité : tombant sur DIAGONALE parmi les mots de valeur 68, il m'est aussitôt venu à l'esprit La Diagonale du fou, or le mot FOU a pour valeur 42.
J'ai réagi au mot DIAGONALE car les prolongements des billets de juin m'ont fait découvrir que ce n'était pas par hasard si Atta, héroïne humaine du roman de Ricardou Les lieux-dits, réapparaissait en tant que fourmi dans la nouvelle de Lahougue Histoire naturelle, où l'espèce Atta bellifera est imaginée former des phrases à partir des notes journalières de Fabre, en prenant le 1er mot de la 1e phrase, le 2e de la 2e, le 3e de la 3e, etc.
Or Ricardou avait inauguré 20 ans plus tôt cette lecture oblique, pour les lettres, avec les titres de ses 8 chapitres, les lieux visités par Atta, permettant de lire en diagonale le lieu privilégié, les titres formant un échiquier de 8x8 lettres:

B a n n i è r e
B e a u f o r t
B e l a r b r e
B e l c r o i x
C e n d r i e r
C h a u m o n t
H a u t b o i s
M o n t e a u x

La diagonale du fou, l'acrostiche oblique, peut être vu comme une dislocation de l'acrostiche classique vertical, qu'on peut comparer au mouvement de la tour, en poursuivant la métaphore échiquéenne.
De là à imaginer un rapport avec Mohammed Atta, chef du commando terroriste qui a disloqué les Twin Towers certain 11 Septembre, il y a un pas certes hardi, mais que je n'avais pas hésité à franchir alors que je ne connaissais que la diagonale Atta de Lahougue, ignorant qu'il s'agissait d'un texte épigone des Lieux-dits de Ricardou, auquel Lahougue renvoie explicitement par une note indiquant que le traducteur américain de Fabre, Norman Hill, découvreur du code oblique des fourmis Atta, a aussi traduit Lieux-dits.
J'ignorais bien sûr aussi que le personnage Atta avait inspiré le rêve au Caire de Dana Khan, publié par Yolande Villemaire en 1983, où des hommes volent dans le ciel de New York, avec en filigrane le mot ATTA. Yolande y relatait en fait un réel rêve, et signale ici d'autres écrits prémonitoires du 11 Septembre.
Mike Cherni déclare avoir rêvé quelques jours avant l'attentat s'être trouvé à bord d'un vol à la trajectoire inhabituelle au-dessus de Manhattan, puis un choc contre un building l'a réveillé... Trop beau pour être vrai, diront certains, et de fait son témoignage est mis en doute par quelques membres de ce forum où sont donnés d'autres rêves prémonitoires du 9/11. Il est extrêmement difficile d'accorder une foi aveugle à de tels récits, même si divers témoins s'en portent garants, car l'extraordinaire exige les preuves les plus sûres, lesquelles ne suffiront bien souvent pas pour des esprits forts qui ne seront pleinement convaincus que par une vérification personnelle.

Ceci était le début d'un projet de billet, qui se poursuivait par divers développements, et puis le 24 juillet une soudaine réminiscence est venue remettre en cause leur pertinence immédiate.
J'ai composé dans l'été 98 une diagonale exactement dans les mêmes conditions que Ricardou, dont j'ignorais alors jusqu'au nom, et le mot codé était Rosencreutz, soit Rose-Croix, s'achevant donc sur le même mot "croix" que le Belcroix de Ricardou.
Le mot était composé à partir des 11 titres de chapitres d'un roman imaginaire, Un cercueil s’ouvrira, traduction d’un roman étranger qui dans mon esprit était The Greek Coffin Mystery, dont le titre en 21 lettres était donné en acrostiche par les titres des chapitres de la 1e partie, la seconde partie en 13 chapitres donnant l'auteur, By Ellery Queen.
Ceci faisait partie du projet Novel Roman, initié par mes spéculations sur Lupin et la Rose-Croix. Il m'avait donc semblé indispensable de faire figurer dans ma grille ARSENELUPIN, en 11 lettres comme ROSENCREUTZ, dans une continuité oblique mais brisée :

R A I S O N A U T E L
Y O U S I R E L T A N
E T S U S A L O R I N
U L C E R A T I O N S
E O N I N T R U S L A
N E L U I C A S T O R
L A D U N E R O S I T
Q U I S O R T E L A N
E S P O I R A L U N T
E B R I S U N A L T O
L O I U N E S T R A Z


Par ailleurs ELLERYQUEEN apparaît en anagramme dans la 1e colonne.
La grille imitait les hétérogrammes de Perec, avec chaque ligne formée de ESARTULINO (les 10 lettres les plus fréquentes en français, de valeur 134 comme ARSENELUPIN), + 1 autre lettre, souvent imposée par les mots choisis. De plus, la valeur totale de la grille devait être 1604, date de l'ouverture du tombeau de Rosencreutz.
Je n'avais composé la grille ci-dessus que pour vérifier la faisabilité de l'entreprise, et certains titres sont inintelligibles. Je suppose que je l'aurais améliorée si j'avais finalisé le projet Novel Roman.

Je mesure aujourd'hui ma naïveté d'avoir imaginé que plus d'une poignée de lecteurs aurait eu l'idée de disposer ces titres de chapitres énigmatiques en une grille, pour y déchiffrer les mots encodés. Peut-être la démarche de Ricardou relevait-elle d'un même optimisme, à moins qu'il n'ait souligné en gras les lettres importantes comme l'avait fait Queen dans la table du roman de 1932.
Attendant un passage en bibliothèque pour lire Lieux-dits, je ne peux mesurer l'importance qu'y tient le jeu sur Belcroix. Je sais en revanche exactement pourquoi j'ai croisé Rosencreutz et Arsène Lupin dans la table de la traduction tronquée d'Ellery Queen, à cause de spéculations diverses sans rapport avec la présence de "croix" dans le nom Rose-Croix.
Pour la forme, je venais de découvrir les hétérogrammes de Perec qui avaient été pour moi une révélation.

Une recherche "Belcroix" "lieux-dits" "ricardou" livre une dizaine de pages, m'apprenant notamment que dans le roman lui-même est donnée l'interprétation de Belcroix, et que BEL y représente d'abord la guerre, CROIX l'alphabet. Mais les sens plus immédiats sont présents aussi, et Atta finit crucifiée, "belle en croix", à la fin du dernier chapitre, sur le X de Monteaux qui est aussi celui de Belcroix en diagonale.
J'apprends aussi que le livre est entièrement surdéterminé par le nombre 8, un exemple en étant l'abondance du mot "aujourd'hui(t)", 18 occurrences dans le roman, un autre la mention de l'année 1908. Je pense aussitôt à mes considérations sur Les huit coups de l'horloge, le recueil de Leblanc où j'ai vu le 8 jouer le rôle de "centre d'irradiation ricardolien", expression notée je ne sais plus où, alors que je ne connaissais rien de l'oeuvre de Ricardou.
J'y avais repéré des allusions à l'année 1908, mais n'avais pas songé à la possibilité "aujourd'hui(t)"; sur un texte en ligne, je relève 22 occurrences de "aujourd'hui", dont 9 dans la première histoire...
Ici, je vois que dans une nouvelle de La cathédrale de Sens, de Ricardou, un personnage révèle sous hypnose que son père spirituel est Paul Ryvéla; dans un roman de 1930, Ellery Queen a imaginé un architecte français nommé Paul Lavery...
Bref, mes croisements de Rose-Croix avec Lupin et Queen apparaissent après coup éminemment ricardoliens, ou plutôt Ricardou n'a-t-il fait que rouvrir des sentiers déjà explorés par les maîtres du polar...

Mon projet Novel Roman se passait en 1908, non à cause de 8 mais de L'Aiguille Creuse où je voyais l'année 1908 = 18 x 106 pointée par un motif rosicrucien.
Si en 1998 j'avais reconnu un rapport fibonaccien 21/13 entre les deux parties du Greek Coffin, ceci n'avait alors pour moi aucune importance spéciale, et j'ignorais que 10 ans plus tard j'allais découvrir le rapport Haemmerli/Jung = 84/52 = 21/13, rapport également présent dans le seul prénom CARL, avec CR/AL = 21/13.
Lors de la déferlante des coïncidences 13-21-34 débutée en mai 2009, j'ai repensé à l'acrostiche de Queen, ainsi qu'aux initiales d'Arsène Lupin et de Rose-Croix, qui m'ont inspiré le billet Signé AL RC.

J'y citais l'acrostiche de Queen ainsi que mon projet Novel Roman, mais j'avais alors oublié que ma composition hétérogramme faisait croiser ELLERY QUEEN avec AL et RC !
Alors qu'un billet parallèle était intitulé Un Razès loti, allusion au dernier vers d'Alphabets, un raz est Loi, démembré dans le dernier "chapitre" de Un cercueil s'ouvrira en Loi Un est raz. !!
Je rappelle que c'est dans la revue L'ARC (!!!) que j'ai appris l'existence de la diagonale BELCROIX (dans l'article de Ricardou Le Nouveau Roman est-il roussellien ?)

En-dehors des multiples anagrammes de NOVEL ROMAN, la gématrie des autres noms de mon roman était gouvernée par deux nombres, 106, pour les 106 ans de Rosencreutz, et 171, somme des 18 premiers nombres et valeur de
ELISABETH LOVENDALE = 81 + 90
Je suis abasourdi par le nom de l'autre principal protagoniste de Lieux-dits, avec Atta la fourmi rouge,
OLIVIER LASIUS = 90 + 81
(Lasius est un autre genre de fourmi).
J'ignorais alors que 106 était la section d'or entière de 171, mais il m'était important que 171 soit la somme des 106 ans de Rosencreutz et des 65 ans de Bach, son supposé disciple.
Je ne sais quel qualificatif trouver pour rappeler que c'est la commune bévue SUIVANT-SELON qui m'a amené à Ricardou, et que les récents rebonds m'ont amené à leurs valeurs 106-65 !!!!
Sachant ce que je sais maintenant, je peux comprendre que Ricardou n'ait pas été enthousiasmé par le Numéro 24 de Magné, double diagonale composée avec des X (!!!!!), lui-même ayant sursaturé de sens sa belle croix...

Je ne sais plus si ceci a influé sur ma composition croisée de 1998, mais j'étais alors aussi marqué par le récent "code biblique", et les possibilités de lire des messages croisés dans des grilles de lettres. Je ne pouvais évidemment savoir que la couverture du second livre de Drosnin montrerait les TOURS (migdalè en diagonale, avec un saut de 73 lettres) JUMELLES (hatoumim vertical, saut de 36 lettres) et l'AVION (matos, dans les 4 carrés, saut -39). Je m'expliquerai plus loin sur les deux éléments que j'ai ajoutés.
Drosnin est un truqueur qui ne dit que ce qui l'arrange, aussi je n'ai pas une totale confiance en son récit, selon lequel il a trouvé cette grille dans l'heure suivant l'attentat, à New York, tandis que l'inventeur du code Rips la trouvait indépendamment en Israël.
Dans ce second livre, Drosnin ne donne pratiquement aucun détail pratique permettant de retrouver ses grilles, peut-être pour favoriser le logiciel qu'il vendait parallèlement... Pourtant cette première grille est remarquable car une éventuelle validité du code dépend de la brièveté du texte porteur, ce qui est le cas ici où les messages sont contenus dans moins de 500 lettres, alors que la fameuse "prédiction" sur l'assassinat de Rabin impliquait plus de 30000 lettres, sans signification statistique.
De plus, les messages apparaissent dans un épisode significatif, Nb 20,4-12, celui des eaux de Mériba : YHWH dit à Moïse de "parler au rocher" pour qu'il donne son eau, puis assez bizarrement le punit et le condamne à mourir dans le désert, avant l'arrivée du peuple en Canaan. Peut-être la faute de Moïse est-elle d'avoir frappé le rocher de son bâton, et en plus de l'avoir frappé "deux fois", au lieu d'obéir strictement à YHWH.
Toujours est-il que Drosnin reprend ce "deux fois" en clair dans le texte (surligné en jaune ci-dessus), le voyant s'appliquer aux deux frappes contre les tours.
Je suis ébahi de découvrir que le texte en couverture du Bible Code II était l'épisode des eaux de Mériba, car il m'a paru probable qu'il ait été la source (c'est le cas de le dire) du chapitre central du Voyage au centre de la terre, où Hans frappe de son pic le rocher pour en faire jaillir un torrent salvateur, chapitre central qui a inspiré son Domaine d'Ana à Lahougue, lequel ignorait que le code des médiales qu'il y utilise avait été envisagé par l'exégèse juive, spécifiquement pour cet épisode des eaux de Mériba.
Les médiales d'Ana suivant dans l'oeuvre de Lahougue les diagonales d'Atta, je développais ici diverses curiosités autour de Ana-Atta. Je m'explique mal pourquoi Drosnin n'a pas mentionné une double possibilité de lire sur sa grille le nom du chef du commando terroriste, pilote du premier avion qui a frappé la tour Nord. J'ai indiqué la première en soulignant de carrés rouges les 3 lettres de Atta (עטא, saut -38), croisant orthogonalement les migdalè, "tours". L'autre possibilité (saut -30) croise avec le teth de matos, "avion".
Certes des ELS de 3 lettres peuvent être jugées peu significatives, mais celles-ci le sont certainement plus, dans ce court passage, que la plupart des ELS données par Drosnin, portant sur des dizaines de milliers de lettres, d'autant qu'une des lettres impliquées, ט, teth, est la moins fréquemment utilisée dans la Bible (fréquence 0.6 %). De fait les deux ELS Atta utilisent 2 des 3 teth du passage, tous dus à l'emploi du mot matè, le "bâton" avec lequel Moïse frappe "deux fois" le rocher.
Si le 2 est important ici, il est époustouflant que le premier teth, celui encadré de rouge ci-dessus, soit la 222222e lettre de la Bible, du moins de la version utilisée par Drosnin (qui est loin d'être la seule, contrairement à ses allégations).

S'il est extrêmement difficile de faire comprendre l'exacte portée de ceci à qui n'est pas familier de l'hébreu et du code biblique, il me semble utile de le relativiser par un exemple accessible à tous, développé ici.
Dans sa courte nouvelle La mort et la boussole (1942), Borges fait assassiner un rabbin d'initiales MY dans une tour au nord de la ville. Suivent deux autres morts à l'est et à l'ouest, d'initiales DA et G, puis la mort au sud de EL, dans le mirador d'une villa.
Les initiales des noms forment YGAL, prénom d'Ygal Amir, l'assassin de Rabin (soit "rabbin"), en couverture et sujet essentiel du premier Bible Code.
Toutes les initiales forment le mot MYGDALE, ou migdalè, exacte transcription du mot "tours" (forme construite de migdalim) en couverture du second Bible Code.
Nul besoin ici d'ordinateur, nul besoin de devoir faire confiance à quiconque, et surtout nul besoin de s'agenouiller devant un miracle divin. A mon sens, l'extraordinaire ne réside pas dans une éventuelle prémonition de Borges, qui a pu inscrire consciemment le mot migdal dans son schéma, mais dans la coïncidence avec les deux couvertures de Drosnin.

La seconde grille supposée décrire l'attaque terroriste fait croiser, à distance, l'ELS "crime de Ben Laden", avec les extraits bibliques "la cité et la tour" (sans signaler qu'il s'agit de Babel) et "Ils ont vu la fumée s'élever au-dessus de la terre" (sans signaler qu'il s'agit de la destruction de Sodome et Gomorrhe).
L'ELS est de saut -2168, sans valeur statistique, mais la présence du nom Ben Laden en hébreu, בן לאדן, exacte transcription de l'arabe بن لادن , m'a fait calculer sa valeur selon l'alphabet numéral hébreu, la même d'ailleurs selon l'abjad arabe, très proche :
BN LADN = 52 85
C'est selon mes critères un "nom doré", pas aussi parfait que 52-84 (Jung-Haemmerli), mais Drosnin signale qu'il y a une autre façon d'écrire Ben Laden en hébreu, qu'il ne précise pas. Je me permets de supposer qu'il s'agit de
BN LDN = 52 84
et ceci montre sans équivoque que cette graphie est employée.

La graphie BN LADN (52-85) est cependant très nettement majoritaire, et cette forme particulière de "nom doré" m'évoque aussitôt New York (42-69) auquel m'avait fait penser le saut -4269 de la grille suivante donnée par Drosnin.
L'ELS est "terroriste Atta", croisant (presque) avec les réels mots "homme égyptien", et Atta était égyptien.
Incidemment mihabel, "terroriste", se prononce à peu près comme "mirabelle", et Yolande Villemaire, rêveuse au Caire de New York et d'Atta, est née à Mirabel.
En hébreu, les mots mihabel et Atta ont même valeur 80, et les commentaires sur Lieux-dits m'ont appris que ses 4 premiers chapitres (jusqu'à Belcroix où les routes de Lasius et Atta se croisent) occupaient exactement 80 pages, de même que les 4 autres chapitres.
Ricardou a employé une sorte de gématrie dans un autre roman, où le nombre 4031 fait allusion au personnage DOCA (soit avec D=4, O=0, C=3, A=1). J'y vois un écho frappant avec les 4 lettres "gratuites" de ma grille ROSENCREUTZ, celles qui n'étaient motivées ni par ESARTULINO, ni par les noms codés; j'avais choisi ABCD, dans l'ordre ACD-B pour faire à nouveau apparaître la séquence 134 correspondant à ARSENELUPIN et ESARTULINO.

85/52 et 69/42 (Ben Laden et New York) correspondent à des +1 de ma série fétiche (84/52 et 68/42, rapports fibonacciens 21/13 et 34/21). Identiquement, j'avais trouvé l'an dernier
SEPTEMBER ELEVEN = 103/63 (102/63 = 34/21)
à l'occasion de la lecture d'un thriller de Chattam, où le réel instigateur du 11 septembre était
JAMES GOATHERD = 48/78 = 8/13 (toujours Fibo, et je connais aussi un 48/79 remarquable, pour UNICA ZURN).

Incidemment SUIVANT/SELON = 106/65 fait partie de la même famille (105/65 = 21/13).

Qu'est-ce que le nombre d'or pourrait avoir à voir avec le 11 Septembre ? Difficile d'imaginer que Ben Laden ait choisi d'attaquer New York en raison de l'harmonie gématrique avec son nom, et le Pentagone parce que le côté d'un pentagone est en rapport d'or avec la corde le sous-tendant...
C'est peu avant le 11 Septembre que je me suis intéressé particulièrement au nombre d'or chez Queen, à la suite de quelques hypothèses venues des 21-13 chapitres des deux parties de The Greek Coffin Mystery. Le 10 j'avais reçu un colis des USA avec certains Queen en VO qui me manquaient, ce qui m'avait permis de vérifier mon hypothèse que les 9 premiers Queen totalisaient 233 chapitres (13e Fibo), et était au coeur de mes réflexions le lendemain au moment fatidique, en vélo.
J'étais aussi en pourparlers avec un vendeur à New York du rare livre de Daniel Nathan, The Golden Summer, et son envoi fut évidemment reporté.
Il y a souvent des "tours" dans les romans de Queen, culminant avec les 4 tours de l'échiquier de York Square dans L'adversaire, dont la stèle centrale de Nathaniel m'occupait bien avant que je ne découvre le surnom de Daumal.
Dans ce roman inspiré par La mort et la boussole de Borges, les crimes sont signés successivement des lettres du Tétragramme, selon une distribution spatiale inscrivant dans l'échiquier de York Square l'initiale de l'identité seconde du meurtrier, Nathaniel, croisant avec l'emplacement de sa stèle.
Borges et Queen m'ont inspiré pour écrire la nouvelle Le Cas Nard, qui fut publiée en mars 2001. J'y imaginais un quatuor de tueuses dont le modus operandi était de couper les mains et pieds de leurs victimes. La dernière parvient à les dénoncer en écrivant les 4 lettres du Tétragramme avec ses moignons sanglants. Ceci, seul, ne peut en rien constituer une quelconque prémonition du 11 Septembre, mais les échos sont frappants avec le roman Serial Eater (2004) de Tobie Nathan, que je n'imagine pas avoir lu ma nouvelle.
Au plus bref (voir ici et ), le nazi Ullmann et son élève Muller préparaient de longue date un plan destiné à porter un coup fatal aux Juifs, mais Ullmann séduit par Al Qaïda était dans le vol AA 11 piloté par Atta...
Muller déboussolé exécute confusément l'étrange plan d'Ullmann, qui consistait à écrire une obscure formule biblique avec des fragments humains. Je crois que le but réel de Nathan était d'interrompre la formule après ses 4 premières lettres, ATTA écrites avec deux mains et deux jambes de 4 victimes, l'assassin étant capturé avant d'avoir sacrifié la victime suivante destinée à devenir un L (attal signifie "assassin" en arabe égyptien).

Je suis beaucoup moins certain que Nathan ait choisi les initiales UM de ses comploteurs pour leurs rangs fibonacciens, 21-13.
Perec a composé un seul hétérogramme avec deux diagonales, le "sonnet" en F de Métaux, dont voici la grille ci-contre, et il s'agit de diagonales isogrammes en M et U, mystère ultime...

J'ai évoqué à diverses reprises (d'abord ici) les échos entre la diagonale perecquienne de la rue Simon-Crubellier et mon roman Sous les pans du bizarre.
Queen et Lupin étaient aussi des influences majeures du roman, avec ses meurtres initiaux explicitement calqués sur ceux de L'adversaire, et le personnage d'Irène Lapnus anagramme d'Arsène Lupin.
Je devais découvrir 5 ans plus tard que j'avais réalisé ainsi le partage doré idéal 51-83 de la valeur 134, qui se retrouvait dans le partage voyelles-consonnes des lettres ESARTULINO, ce qui m'amena a de prodigieuses découvertes sur le recueil Alphabets.
Mon éditeur fut extrêmement surpris de vendre les droits de no code in the Spanish translationtraduction des Pans, livre d'un auteur inconnu paru dans une nouvelle collection, sans spécial écho médiatique. Toujours est-il qu'une traduction espagnole parut en novembre 2001 chez l'éditeur Diagonal, à Barcelone, et devait donc être en cours de fabrication en septembre.

Je reviendrai dans le prochain billet sur le nom de cet éditeur.

Avant de m'être souvenu de ma diagonale ROSENCREUTZ, juste après avoir appris le lien des diagonales Atta de Ricardou et Lahougue, j'ai remarqué que la valeur de BATHMOSTICHE (appellation suggérée par Bernard Magné) était 123, identique à celle de GEORGESPEREC, qui a donné ses lettres de noblesse au procédé.
Comme les deux expressions ont 12 lettres, comme les chiffres 1-2-3 interviennent aisément dans la description du procédé, il m'est venu l'idée d'un double bathmostiche dans un carré de 12x12, composant une "belle croix", et j'ai composé rapidement un quatrain d'alexandrins le 30 juin dernier, posté sur la liste Oulipo.
Il se trouve qu'un site sauvage archive une partie des messages de nombreuses listes, dont la liste Oulipo en principe réservée à ses seuls membres, et mon post est accessible à tous ici. J'ai été étonné de son indexation 2012-06/00123/, puisque le nombre 123 était une raison de ma composition.
La consultation de l'index du site pour juin montre qu'il a compté 124 messages, indexés de 0 à 123 (le mien était donc le dernier).
Curieusement, mon précédent message était intitulé n° 123, et il signalait la publication du 123e billet de Quaternité, qui, en partie par hasard, s'était trouvé concerner Perec. Plus bizarrement encore, l'index précité contient des Message not available, au nombre de 7 avant mon n° 123, indexé 115 et qui est donc le 116e message "available", et le 123e en comptabilisant les autres...
J'ignore ce que sont ces Message not available, peut-être des messages réels non validés par le serveur de la liste, en tout cas les archives officielles de la liste pour juin (accessibles aux seuls membres) ne contiennent que les 124 messages donnés sur le site sauvage.
Voici la grille avec des couleurs :
B E L L E C R O I X A G
L A N E R D A N S C E S
L E T T R E S G R O S S
I E S H E X A G R A M M
E S I M M E R G E S E N
Q U E L N O E U D D O U
B L I M A S S A C R E E
S T O M P A N T S A N S
E R R E U R B H I M A L
E G R I S A T T A C R A
N E E T F A I T E C H E
C A T O U R A B O L I E


Et voici le quatrain dont je ne suis pas fier :
Belle croix à glaner dans ces lettres grossies,
Hexagrammes immergés en quel noeud d'oubli,
Massacre estompant sans erreur Bhima le gris,
Atta crâne et fait échec à tour abolie.
Les initiales BH des 2 premiers vers m'ont incité à poursuivre l'acrostiche en BHMA, les lettres oghamiques correspondant à 1 encoche (en pensant au vol AA 11), et à faire intervenir Bhima.

6.7.12

Dodor le héros

aux obscurs

Voici Dodor, ma mascotte qui a longtemps veillé sur mon bureau avant d'être reléguée dans un coin obscur. Dodor s'est rappelé à mon souvenir lorsque s'est imposé un rapprochement entre les syllabes Dau et Dor.
Le document Daumal, montrant qu'il s'était intéressé à Fibonacci, mis en vente au moment même où j'envisageais des relations fibonacciennes sur son nom, m'avait causé une telle stupeur que je ne me suis avisé qu'il y a quelques jours du voisinage des noms Daumal et Dormal.
C'est ainsi que se prononce le nom du cinéaste belge Jaco Van Dormael, réalisateur de Mr. Nobody que j'ai vu en mars 2011 (son premier film était Toto le héros). J'y ai été frappé par une image montrant un numéro de téléphone formé des 8 premiers termes de la suite de Fibonacci.
Ceci m'a conduit à m'intéresser plus avant au film, et découvrir que son personnage principal avait ce que j'appelle un "nom doré", où les valeurs gématriques des prénom et nom correspondent au découpage idéal de leur somme:
NEMO NOBODY = 47 75
Ceci était particulièrement frappant en mars dernier, où je venais de découvrir la même propriété pour deux voyageurs temporels dont le nom était présent dans le titre de la fiction leur ayant donné corps:
MARINA SLOTY = 56 91 (du roman de Warren L'insolite aventure de Marina Sloty)
ENOCH SOAMES = 45 72 (de la nouvelle éponyme de Max Beerbohm)
Nemo Nobody, assimilable à un voyageur temporel, m'avait mené à ce billet d'avril 2011, où la piste dorée se bornait à peu près à ces constatations. Le nom de l'acteur incarnant Nemo, Jared Leto, m'y avait mené à des développements qu'on peut juger fantaisistes, en tout cas sans rapport avec le film.
J'y avais remarqué que la légère perturbation apportée à la suite de Fibonacci et sa présentation en numéro de téléphone soulignaient la paire des deux premiers nombres de 2 chiffres, 13-21, correspondant au rapport 52/84 (Jung/Haemmerli).
J'avoue que ça m'était un peu sorti de l'esprit quand j'ai découvert le document de Daumal, montrant ces 8 premiers termes et le suivant, 34, un peu à part:Les autres calculs du document montraient un intérêt particulier pour la paire 13-21.
34 était aussi présent dans le film avec l'âge que s'y donne le vieillard Nemo, 34 ans. J'avais avancé l'idée que ce nombre résultait de l'année de sortie du film, 2009, Nemo étant né le 9 février 75, date évidemment liée à la naissance de Dormael, le 9 février 57.
Il me l'a confirmé, en octobre dernier, car j'ai pu le rencontrer, dans des circonstances pas aussi extraordinaires que l'apparition du document Daumal, mais tout de même...
Je rappelle que mes coïncidences dorées ne résultent généralement pas de recherches systématiques, mais plutôt de hasards divers, et c'est ainsi que j'ai découvert le même mois Marina Sloty (du moins ses valeurs car je connaissais depuis longtemps le roman), Enoch Soames et Nemo Nobody.
Un autre hasard a fait que Dormael soit ami avec Claude Rocher, le responsable de l'atelier BD des Beaux-Arts de Digne, lequel a organisé une projection de Mr. Nobody en présence du réalisateur en octobre 11. Ceci aurait été suffisant pour que j'en fusse informé, mais il se trouve encore que Rocher partage l'atelier d'aquarelle de Danièle Couton, suivi par ma compagne Anne, que je viens souvent y chercher, en conséquence je connaissais au moins de vue Rocher, qui a étudié le dessin jadis dans le même atelier que Dormael.
Bref, nous sommes venus à la projection, et j'ai pu bavarder avec Dormael, grand créateur qui a gardé une sympathique simplicité. Je n'en ai pas parlé alors car cet échange n'a rien amené de neuf: il avait utilisé la suite de Fibonacci histoire de ne rien laisser au hasard, pour donner un surcroit de signification à l'épisode téléphonique déterminant tout un pan du récit.
Dormael a donc utilisé la suite de Fibonacci pour son aspect fractal, et ce sont les 10 chiffres d'un numéro de téléphone US qui ont limité la citation à ses 8 premiers termes.
La légère perturbation introduite, le déplacement d'un 1 après le 8, n'avait pas pour lui de signification en soi. Certains y ont imaginé que c'était une allusion aux 9 ans de Nemo au moment du premier dédoublement de sa vie, lorsque ses parents se sont séparés; 8+1 pourrait aussi faire référence aux 8+1 nombres de Fibonacci présents, les 8 premiers dans le numéro de téléphone, et 34 âge de Nemo.
C'est une petite curiosité de retrouver cette séparation dans le document Daumal. C'en était une bien plus grande pour moi de découvrir ce document au moment même où j'avais vu les rapports 21/13 et 34/21 dans les noms des deux inventeurs du Mont Analogue:
- celui qui en a vu la nécessaire existence symbolique, le narrateur Théodore, équivalent grec de Nathaniel, "don de Dieu", surnom bien connu de René Daumal;
- le père Sogol qui en a déterminé la nécessaire existence physique par un déficit des masses montagneuses du globe.
NATHANIEL/DAUMAL = 84/52 = 21/13
SOGOL/RENE = 68/42 = 34/21

Trois mois plus tôt, je découvrai les mêmes valeurs pour les 4 personnages principaux du film La cité des anges,
NATHANIEL/SETH = 84/52 = 21/13
CASSIEL/MAGGIE = 68/42 = 34/21
Je rappelle qu'il s'agit d'un remake des Ailes du désir, de Wenders, où le nom Cassiel était déjà présent. J'ai appris depuis que dans sa suite tournée par Wenders, Si loin, si proche..., Cassiel s'incarne à son tour, pour devenir Karl.
CASSIEL/KARL = 68/42 encore.
Je rappelle aussi que Karl et Théodore sont 2 des 8 explorateurs du Mont Analogue, ce qui avait été le premier déclic m'évoquant l'échange entre Carl Jung et Theodor Haemmerli, première source de mon intérêt pour la paire 84/52 (HAEMMERLI/JUNG).
Je répète que je conçois parfaitement que ces jeux numériques puissent paraître gratuits, et que je serais bien en peine de les justifier sinon par le fait que ça marche. S'il est souvent nécessaire de me faire confiance pour les circonstances de leurs découvertes, cette question est parfois secondaire devant le résultat, par exemple le cas de Jung-Haemmerli, protagonistes de la première NDE répertoriée, de mêmes valeurs que Elie-Enoch, seuls personnages de l'Ancien Testament montés au ciel sans avoir connu la mort (je rappelle ce document donnant ensemble leurs valeurs en hébreu, à la suite d'un 4-4-4-4).
En fait il y a eu au moins un cas antérieur de NDE répertorié, celui de Daumal, un peu particulier puisqu'il résultait d'une expérience volontaire et ne comportait pas de rencontre avec une personne identifiée dans l'autre monde, mais Daumal = 52 est aussi Nathaniel = 84.

Dormael = 68 vient apporter le nombre manquant à René-Daumal-Nathaniel, 42-52-84, et c'est de plus un nom en "el", terminaison angélique comme Cassiel.
Si ce "el" ne se prononce pas, une autre curiosité est le constat que les noms Dorma(e)l et Daumal diffèrent par les phonèmes OR et AU, or Au est le symbole chimique de l'élément or.

A ce stade il convient de se demander s'il existe un rapport entre Daumal et Dormael, et un nom me vient immédiatement, François Schuiten (à prononcer skɔjtən). Il a conçu pour Dormael le monde de 2092 de Mr. Nobody (et a aussi collaboré à Toto le héros), mais est essentiellement connu pour le cycle des Cités obscures, avec Benoît Peeters.
Dans le Guide des cités (1996) apparaît l'île du Mont Analogue:On y voit Port-des-Singes, présent chez Daumal, mais les noms des parties nord et sud de l'île sont des nouveautés, Ard et Ithy. Hard ithys ? anglais "raide" et grec "droit", tous deux aux connotations phalliques... Haïti ? le tracé de l'île en semble proche, et ceci a peut-être été dans l'esprit de Daumal, car le nom local Ayiti signifierait "pays des hautes montagnes", et Port-des-Singes pourrait être inspiré de Port-au-Prince, sans oublier le nom Saint-Dom(al)ingue. Une carte très voisine des Cités avait déjà été donnée dans La fièvre d'Urbicande (1985), où était présent le nord de l'île, sans toponyme associé.
A remarquer le serpent de mer à l'ouest de l'île, allusion probable au Hic sunt dracones pour les régions inexplorées des cartes anciennes, dont une variante est Hic sunt leones; la lecture des médiales de la première phrase du 4e chapitre du Mont Analogue m'avait mené à l'étonnant NELOSE, ne l'ose !, dont une anagramme est leones.

Si le Mont Analogue n'est jusqu'ici pas mentionné plus directement dans le cycle des Cités, Peeters lui a rendu hommage dans René Daumal : L'ascension continue (2008), et je crois déceler une nette analogie dans L'enfant penchée (1996), où le savant Axel Wappendorf déduit de diverses anomalies l'existence d'une planète occulte, invisible car si dense qu'elle absorbe son propre rayonnement. Il peut néanmoins en calculer la masse et l'emplacement, et prépare une expédition vers elle.
Lorsque j'avais pris contact avec Peeters en 2001, à propos de La bibliothèque de Villers, je lui avais aussi demandé si le modèle de Wappendorf n'aurait pas été Jung. Non, m'avait-il répondu, mais je crois que ma méprise était compréhensible, même si les indices essentiels, moustache et lunettes cerclées d'acier, pourraient s'appliquer à maints personnages.

L'enfant penchée est donc Mary von Rathen, qui devient en un instant inexplicablement "penchée". Après bien des tribulations, elle est envoyée vers Wappendorf qui comprend que son inclinaison découle du fait qu'elle est soumise à l'attraction de la planète occulte, et qui lui en fait une démonstration rappelant le croquis de Sogol expliquant l'invisibilité du Mont Analogue.

L'album de 152 pages est formé de 24 chapitres (ou 25, car ce chapitre était absent des premières éditions), chacun débutant par une vignette pleine page et comportant un nombre impair de pages, si bien que chaque illustration pleine page n'a aucun vis-à-vis.
Les chapitres alternent les histoires de Mary et d'Axel, dessinées en noir et blanc, ainsi que celle d'Augustin Desombres, vivant dans notre monde vers 1900, qui s'installe dans une vieille maison de l'Aubrac pour y peindre d'étranges fresques sur les murs. Il s'avère que les oeuvres de cet artiste visionnaire sont en résonance étroite avec le monde des Cités, et qu'un détail de ses fresques est la cause des problèmes qui y sont apparus, tel l'inclinaison de Mary.
L'histoire d'Augustin est contée sous forme de roman-photo, avec des photos retouchées, notamment en ce qui concerne ses fresques. Ci-contre une des dernières cases, page 144, où Augustin retouche la sphère incriminée, après sa rencontre avec Axel et Mary dans un monde intermédiaire.
De cette rencontre témoigne un stigmate: sa main droite, par laquelle Mary a tenté de le retenir dans le monde intermédiaire, est désormais dessinée. C'est avec cette main dessinée qu'Augustin répare dans le "monde réel" le "monde dessiné", mais un détail de cette case est intrigant: à droite le mur à la peinture écaillée paraît appartenir au domaine photographique, tandis qu'à gauche il semble dessiné.
De fait le lecteur a déjà pu voir un état antérieur de la fresque, page 104, avant la rencontre Augustin-Mary-Axel, et il semble que le mur gauche y était aussi dessiné (et que la peinture y était moins écaillée).

Je reviendrai sur ce problème, après quelques commentaires sur le nom de celui qui a prêté ses traits à Augustin Desombres, le réel peintre-dessinateur-écrivain Martin Vaughn-James dont, selon Peeters, La Cage « pourrait être considérée comme une extrapolation radicale de certains aspects de Little Nemo. »
Il s'agit du Little Nemo de Winsor McCay, et non du Nemo Nobody de Dormael, bien entendu, mais il se trouve que NOBODY a même valeur que MARTIN et, mieux encore, que le nom de cet artiste correspond à un cas doré particulier déjà évoqué à plusieurs reprises:
MARTIN VAUGHNJAMES = 75 + 121 = 196
196/121 est une bonne approximation de Phi, remarquable car il s'agit de deux carrés, 142/112, en conséquence 14/11 est une bonne approximation de la racine de Phi. La pente de la pyramide de Khéops étant de 11/14, , il en résulte un excellent rapport d'or entre l'apothème et la demi-base qui a conduit à maintes spéculations sur les connaissances dorées de ses bâtisseurs, alors que 11 et 14 sont des entiers simples, vraisemblablement choisis pour des raisons pratiques.

En me demandant s'il y avait dans L'enfant penchée des cases de proportions dorées, ou autres détails significatifs, le cas le plus immédiat m'a semblé être l'illustration pleine page ouvrant le chapitre 18.
On y voit Augustin qui, ses fresques achevées, peint des portes dans un couloir...
Il me semble que le carrelage mural attire d'abord l'attention, des deux côtés de la porte parfaitement centrée. En-dehors de toute préoccupation dorée, j'avais repéré une bizarrerie dans la dégradation de ces carreaux blancs aux coins noirs (ou du moins d'une couleur sombre) formant un quadrillage de petits carrés noirs.
Trois de ces petits carrés sont invisibles sur la seconde ligne verticale, côté droit de la porte (cliquer sur l'image pour agrandir), soit parce que les carreaux sont cassés, soit parce qu'ils sont recouverts de bistouille. La première bizarrerie est de retrouver ces mêmes carrés manquant symétriquement, côté gauche.
On peut ensuite se demander si c'est par hasard que ces carrés manquent sur une même ligne verticale, selon un motif 2-1-2-1-...
Il faudra s'adresser aux auteurs pour éclaircir ce mystère. Tout ce que je peux ajouter est que cette partie du carrelage est aussi visible page 71, avec les mêmes manques. De plus larges parties du carrelage de la salle sont visibles sur différentes photos, et aucun petit carré noir ne semble manquant, au plus certains sont-ils pâlis.

Ceci contribue à abolir toute certitude sur le réel comme sur l'intentionnel, en continuité avec le problème vu plus haut des côtés droit et gauche de la fresque. Hors de toute hypothèse il reste l'absence de ces 3 carrés (ou plus exactement 2 et demi) de chaque côté de la porte, et le fait que les deux espaces carrelés délimités par la photo sont très proches de rectangles d'or. Si les mesures directes sont légèrement faussées par la perspective, il est aisé de constater que chaque rectangle a exactement 8 carreaux de haut, et un peu moins de 5 carreaux de large, ce qui est conforme au nombre d'or (8/Phi = 4.94...)

L'une des portes peintes par Augustin (The door = Theodor) lui donne accès au monde intermédiaire où il rencontre Axel et Mary, qui y sont arrivés dans des conditions encore plus bizarres, au terme d'un voyage en obus fort proche de celui décrit par Verne dans De la terre à la lune.
De fait Axel rencontre aussi dans ce monde étrange Jules Verne, qui y est arrivé par un autre moyen, la puissance de sa plume visionnaire... Verne a aussi visité les Cités, parfois sous l'apparence du capitaine Nemo.
La raison du numérologue défaille en découvrant les valeurs des deux terriens:
AUGUSTIN DESOMBRES = 112 + 100 = 212
JULES VERNE = 67 + 64 = 131
212/131 = 1.618... est un très bon rapport d'or, déjà remarqué car 131-212 débute une séquence palindrome qui se poursuit par 343-555-898, rencontrée à diverses reprises dans mes recherches dorées.
La valeur 212 du peintre a un écho immédiat avec la photo symétrique où Desombres apparaît peignant des portes entre les deux rectangles de carrelage, avec les petits carrés manquants semblant dessiner un motif 2-1-2, vu pouvoir correspondre à B-A-B, la "porte" en akkadien. C'est précisément un déséquilibre dans les fresques de Desombres qui est jugé responsable de la "porte" ouverte avec le monde des Cités...

Dans une perspective schuitenienne élargie, ces palindromes 131-212 rappellent une grande réussite de François Schuiten en-dehors de son parcours avec Peeters, l'album Nogegon (1990) réalisé avec son frère Luc, à la construction en cases entièrement palindrome, mais au scénario parvenant à décrire l'évasion du terrible monde de Nogegon où tout est soumis à une obsédante symétrie, des noms et matricules, palindromes, jusqu'aux sentiments...

Je me souviens avoir découvert l'oeuvre de Schuiten dans le numéro 47 de Métal Hurlant qui m'était arrivé je ne sais plus comment entre les mains quelque temps après sa parution (janvier 1980). J'avais été ébloui par les dessins de sa première bande, Aux médianes de Cymbiola, et j'ai plus tard acheté les recueils de la revue contenant les épisodes.
Si j'avoue n'avoir jamais compris grand-chose au scénario de Claude Renard, je crois avoir été fasciné d'emblée par l'idée d'une correspondance opérative d'un lieu avec une figure géométrique, qui figurait sur la première case de l'épisode du n° 47. Je ne sais si cette spirale était reliée au nombre d'or dans l'esprit des auteurs, sa correspondance explicite avec un coquillage constituant un éventuel indice.
J'ignore de même si la couverture du Grand Jeu, dessinée par Joseph Sima, avait un quelconque rapport avec le nombre d'or pour Daumal et ses amis. Elle n'en avait pas besoin, la gidouille de Jarry ayant probablement été la raison essentielle, mais le "daucument" montre l'intérêt de Daumal pour le nombre d'or (hélas on ne sait s'il est ou non antérieur au Grand Jeu).
En revanche la spirale emblématique des couvertures de la revue Formules n'a rien à voir avec le nombre d'or, même si elle est une réminiscence du Grand Jeu.

Gidouilles, gidouilles... J'ai commencé ce billet le jour de mon anniversaire qui est aussi, heureux hasard, la Fête de Gidouille du calendrier pataphysique, et j'ai d'abord eu l'intention de l'intituler At sixes and sevens, ou d'une traduction quelconque de cette expression anglaise qui signifie à peu près "à vau-l'eau", qu'un ami m'a signalée à l'occasion de ce 6/7.
J'ignorais alors que les approfondissements de mon idée de départ allaient me mener aux palindromes en rapport d'or 131/212.
Un épisode de Touch m'a appris en mars que les deux premiers termes de 30 chiffres de la suite de Fibonacci, F141 et F142, débutaient par 131 et 212. Comme je suis particulièrement intéressé par le rapport des Fibos F7 et F8, 13/21 (Jung/Haemmerli notamment), je me suis demandé à quels rangs on trouvait des paires débutant par 13 et 21, et la consultation d'une table a vite fourni la réponse, ainsi que l'explication.
Phi67 est proche de 1014, en conséquence les 2 premiers chiffres d'un Fibo quelconque se retrouveront fréquemment 67 rangs plus loin. En ce qui concerne la paire initiale 13-21, le phénomène se reproduira 9 fois, jusqu'à F610 et F611, les 2 premiers Fibos de 128 chiffres, et c'est une relative curiosité de trouver pour cet ultime cas F610 car 610 est lui-même un Fibo, F15, qui, selon une règle générale pour tous les Fibos impairs, correspond à l'addition des carrés de deux Fibos consécutifs, en l'occurrence 13 et 21!
Je rappelle que Daumal avait noté sur le document l'opération 212 + 132, sans la résoudre.

J'ai été surpris, en consultant la courte fiche Wikipédia consacrée à Mr. Nobody, de cette phrase:
La date de sortie était prévue initialement pour le 20 mai 2009, mais le film est sorti le 13 janvier 2010.
Qu'en a-t-on à faire de quand le film aurait pu sortir ? Il faut creuser un peu pour découvrir que le film était prévu pour être présenté au festival de Cannes, mais que le producteur y a renoncé après l'annonce que cette présentation ne pourrait se faire qu'hors compétition.
Je ne me souviens pas avoir vu cette date l'an dernier, alors qu'elle aurait dû me sauter aux yeux, car c'est le 20 mai 2009, petite section d'or de l'année, que j'ai découvert en pleine nature une pierre semblant taillée en un rectangle d'or.
Deux jours plus tard, j'apprenais la publication de divers de mes écrits dans 3 livres ou revues, portant les numéros 13-21-34. Ma nouvelle parue dans un recueil sur Rennes-le-Château, n° 34 chez l'éditeur, avait précisément pour sujet la découverte d'une dalle dorée...
J'écrivais plus haut que mes développements sur les valeurs de Jared Leto (38 52), incarnant Mr. Nobody, étaient sans rapport avec le film, mais sa sortie envisagée le jour de ma Pierre ajoute une coïncidence car, lors de ma visite en avril 11 à RLC, dont le cimetière aurait abrité la dalle dorée de Marie de Nègre, j'y ai constaté que la commune se situait au km 38 de la D52.

Après le chapitre oublié de l'album, le personnage de Mary la penchée a donné lieu à une autre bizarrerie : sur le forum des Cités obscures, la "vraie" Mary von Rathen a envoyé de nombreux courriels, rectifiant certaines erreurs de ses "biographes", et les courriers échangés entre eux ont été publiés en 2003.