23.5.18

la théorie des signes de vie


  Quelques lectures récentes.
  Un pavé de mai était Signe de vie, de JR Dos Santos, un émule portugais de Dan Brown, dont le héros, Tomas Noronha, est comme il se doit professeur de cryptologie.
  J'avais commenté ici son premier succès, La formule de Dieu, intéressant par sa comparaison avec un autre roman où est recherchée une ultime formule laissée par Einstein. Dans les deux romans le secret était lié à la lumière, or en hébreu, et le nombre d'or était présent, anecdotiquement chez Dos Santos, au premier plan dans l'autre roman.

  Les romans de Dos Santos semblent calqués sur ceux de Brown, chapitres courts se terminant très souvent par un climax, ce qui permet de débuter le chapitre suivant par un rappel d'une dizaine de lignes, et augmenter artificiellement la taille du pavé. Ceci devient horripilant quand on dépasse la centaine de chapitres, surtout lorsque les climax sont de purs artifices.
  Les romans des deux auteurs débutent aussi par un avertissement du genre Toutes les informations scientifiques présentées dans ce roman sont vraies. Si pour Dan Brown, "vraies" signifie "trouvées sur le web", il m'avait semblé que Dos Santos était mieux documenté, et la vulgarisation des théories physiques présentée dans La formule de Dieu recoupait ce que j'avais lu ailleurs.

  Je n'ai pas attendu la parution en poche pour lire Signe de vie, car son thème m'intéressait au plus haut point. Dos Santos y imagine que les radiotélescopes du projet SETI viennent de capter un signal venu de l'espace, sur la même fréquence que le réel signal dit "Wow!" en 1977.
  Wow! est le commentaire fait par l'astrophysicien JR Ehman dans la marge des résultats du 15 août 1977, où un signal puissant est apparu sur la fréquence 1,42 GHz, précisément la fréquence sur laquelle on s'attend à recevoir d'éventuels signaux de civilisations extraterrestres, je passe sur le pourquoi.
  Le radiotélescope qui a capté le signal bouge en permanence, et 6EQUJ5 correspond à la croissance et à la décroissance du signal pendant les 72 secondes où il était dirigé vers un secteur de la constellation du Sagittaire (selon un code allant de 1 à 9 puis de A à Z). Comme le résultat n'a été observé que quelques jours plus tard, il a été impossible d'obtenir d'autre précision concernant ce signal exceptionnel qui n'a pas eu d'équivalent depuis, et dont aucune tentative d'explication n'a trouvé de consensus.

  C'est un bon point de départ pour un roman, et Dos Santos a imaginé la réception d'un nouveau signal sur cette fréquence 1,42 GHz, en provenance d'un objet en mouvement vers la Terre, mais cette fois le signal est continu et porteur d'un message, 42 chiffres se répétant en boucle, qui ne sont autres que les premiers chiffres de Pi dans le système décimal, 3141592653589...
  Pourquoi Pi? parce que c'est en principe une constante universelle.
  Pourquoi 42? Je m'attendais à ce que le cryptologue s'aperçoive que le message impliquait d'ajouter un signe, la virgule après 3, pour obtenir la réelle constante, et que ces 42 symboles en impliquant 1 autre étaient une allusion à la fréquence 1,42 qui les transmettait.
  Non, c'est un autre personnage, l'astrophysicien Seth Dyson, qui prétend avoir effectué le calcul, et trouvé que ces 42 premiers chiffres "permettent d'établir avec une précision millimétrique le périmètre d'un cercle qui couvre la dimension de tout l'univers visible à partir du rayon d'un électron" (page 205).
  Selon un réel astrophysicien (Gef), cette formulation est fort sujette à caution, et "précision millimétrique" signifie ici "très précis" et non "au millimètre". Le fait réel probablement visé est qu'il y a effectivement un facteur d'environ 1042 entre le rayon classique de l'électron, 2,8 x 10-15 m, et le périmètre actuel de l'univers observable, environ 2,8 x 1027 m, en constante croissance.
  De toute manière, un scientifique n'utiliserait pas ceci pour communiquer avec d'autres scientifiques, ce rapport entre les deux grandeurs étant anecdotique. Je pourrais imaginer que l'auteur ait pensé au 42 de Douglas Adams, mais ceci discréditerait tout le discours à prétention scientifique qui occupe au moins les trois quarts du livre.

  Il n'y a de toute façon pas besoin d'aller beaucoup plus loin pour trouver des aberrations, car dès la page 207 on trouve
Par exemple, si nous choisissons deux nombres entiers, la probabilité que ces deux nombres entiers soient premiers est de six divisé par Pi au carré. Qu'est-ce que Pi a à voir avec le choix aléatoire de nombres premiers? C'est incompréhensible!
  Or, d'une part, s'il existe bien certain "théorème de Cesaro" qui donne ce résultat, il touche des nombres premiers entre eux, ce qui est tout à fait différent, et, surtout, ce "théorème" est contesté, ce que je découvre aisément sans être mathématicien (mais Gef me dit qu'il est exact, et il a certainement raison).

  Il est possible que certaines de ces aberrations viennent d'erreurs de traduction, mais tout cela reste quand même bien approximatif. Le chapitre 34 vient me conforter dans mes doutes, car Noronha y avance que le nombre d'or pourrait être un autre moyen de communiquer avec une intelligence extraterrestre, car ce serait un facteur d'harmonie présent dans tout l'univers. Et tout le folklore de bas étage y passe, Léonard de Vinci et Phidias, la suite de Fibonacci miraculeusement présente dans le monde végétal (ce qui pouvait effectivement être vu comme miraculeux jusqu'aux expériences qui l'ont parfaitement expliqué).

  Il y a d'ailleurs de sérieux problèmes de traduction dans ce livre, où je relève notamment, bien qu'ayant sauté bien des paragraphes:
page 299: Einstein a déclaré que Dieu ne jouait après aux dés.
page 535: Et ce qu'ils voyaient était un invraisemblable.
  Je trouve pour ma part invraisemblable qu'une intelligence humaine ait pu commettre ces bourdes, et je soupçonne l'utilisation d'un logiciel de traduction, suivie d'une vérification sommaire.  

  Enfin Quaternité n'est pas le lieu de l'analyse des dérives de l'édition des best-sellers, et cette aventure de Noronha est tout de même bien plus intéressante que les trois précédentes parutions françaises de Dos Santos.
  Si je commente Signe de vie, c'est pour ses coïncidences avec ma démarche, et d'abord ceci.
  En mars 2017, j'ai publié le billet Wow! dont le titre venait de la grille 9x9 publiée en 2005 par Cyril Epstein, où il m'avait semblé très significatif de trouver en colonnes les lettres WOW et AMAN. Je n'y reviens pas, et invite à se reporter à ce billet.
  Wow était pour moi une forme de la lettre hébraïque waw, effectivement courante, et la vérification de son usage m'avait fait découvrir le signal "Wow!". J'avais noté que ce signal était apparu un 15 août, date mariale, alors que la grille de Cyril est aussi marquée par son intérêt pour les apparitions mariales, et que son découvreur se nommait Ehman (אהמן en hébreu), à rapprocher de Aman (המן en hébreu, qu'on transcrit aussi Haman).

  Une autre curiosité de la grille de Cyril était sa colonne centrale, où j'ai vu l'anagramme de NOM PRENOM, ce qu'il m'a assuré n'avoir pas été intentionnel. J'ai représenté ci-contre cette colonne en gras, alors que la seule accentuation de la grille publiée était son M central.
  En juin 2017, j'étais conduit à rouvrir le Ferrocarril de Santa Fives de Robert Rapilly (2011), à y redécouvrir une grille 9x10, et à m'apercevoir que sa colonne centrale contenait aussi une anagramme de NOM PRENOM, avec en plus la lettre I. J'avais remarqué que cette grille avait deux lettres centrales, et que ces lettres étaient PI. Se reporter à ce billet récapitulatif.

  Alors Dos Santos a imaginé que les auteurs du signal "Wow!" récidivent avec un signal Pi...

  Les 42 chiffres de Pi me rappellent une curiosité du roman de Sinoué, Les Silences de Dieu, ayant joué un rôle important dans mes découvertes de septembre 2008. On y trouve les mêmes faits controuvés concernant Fibonacci et le nombre d'or, qui y est donné avec 42 décimales. Dieu s'y incarne sur terre (pour la première fois!) sous la forme d'un jeune homme, MORCAR, dont est calculée la valeur numérique, 68, et j'avais vu 42/68 = 21/34, deux nombres de Fibonacci.
  Signe de vie a un prologue, 108 chapitres, et un épilogue, soit en tout 110 éléments, 42+68, mais je ne vois rien justifiant un partage 42-68 de ces éléments. Je pense à la gématrie de l'hébreu hayim, "vie", 68 (son "signe" étant les 42 chiffres de Pi).

  Le chapitre 34 de Signe de vie dédié au nombre d'or et à Fibonacci me rappelle les 34 chapitres du Labyrinthe de la Rose, où 34 est décliné à toutes les sauces, avec notamment son appartenance à la fameuse suite.

  La NASA remet en service la navette Atlantis pour aller voir le mystérieux objet, en fait une comète, sur laquelle a été fixé un cube bleu clair, que Noronha parvient à détacher et à amener à la navette. J'ai lu ceci au moment où j'étais en train de rédiger le chapitre 7 de Novel Roman, où je fais intervenir aussi un cube bleu, inspiré par le mystérieux cube bleu de Mulholland Drive, et je me demande si Dos Santos n'y a pas pensé aussi, car son cube abrite des créatures aussi inquiétantes que celui de Lynch...

  Voilà pour Dos Santos, auquel je me permets de contester le titre de "roi du thriller bien informé.
  Pendant sa lecture, je suis passé à la médiathèque de Gréoux où quelques polars étaient mis en évidence, dont Hortense (2016), de Jacques Expert, un auteur que je ne connais pas. J'aime le nom HORTENSE, m'évoquant aussitôt la Dame à la hache, une nouvelle de Leblanc qui m'a semblé receler une clé pour aborder le recueil dont elle fait partie. Je compte introduire prochainement une Hortense dans Novel Roman, en fait déjà présente dans ce chapitre 7, où il n'est pas indiqué le nom de l'actrice qui interprète Ornella.

  Je n'ai pas grand-chose à dire de ce Hortense, sinon que le nom du commissaire chargé de l'enquête sur la disparition d'Hortense se nomme Bernard Dupouy, un nom probablement choisi en hommage à Jean-Bernard Pouy.
  Ceci fait écho à une curiosité d'il y a quelques mois, où la 4e de couverture du polar Avant l'aube de Xavier Boissel m'avait conduit à le lire, parce que le héros du roman en était l'inspecteur Philippe Marlin, exact homonyme de l'éditeur de L'Oeil du Sphinx, auquel je suis redevable de m'avoir édité, de même que l'a fait JB Pouy.
  Tiens, l'écriture du chapitre 6 m'a fait employer l'expression "avant l'aube", sans penser à ce polar déjà presque oublié.
  La nouvelle que j'ai écrite pour Phil, L'enchanté réseau, fait aussi grand usage de l'anagramme, et elle s'achève le 16 avril 1908, le jour J (ou plutôt la nuit N) de Novel Roman. Sa publication en mai 2009 a été fortement synchronistique.
  Lorsque j'ai cherché en ligne des confirmations de l'assertion de Dos Santos sur le "périmètre de l'univers visible", je n'ai trouvé que des références à Signe de vie, et, parmi elles, le compte-rendu de lecture de Philippe Marlin (plus positif que le mien).


  Parmi le petit lot de polars en évidence à Gréoux, il y avait un autre Jacques Expert, La théorie des six (2008), que j'ai aussi emprunté.
  C'est plus intéressant, surtout pour l'amateur de structures fibonacciennes. Le roman a un prologue, 33 chapitres, et un épilogue assez particulier, car il compte près de 60 pages alors que les 33 chapitres font moins de 6 pages en moyenne. Par ailleurs l'intrigue principale d'un roman s'achève généralement dans son dernier chapitre, et l'éventuel épilogue n'est qu'un... épilogue, précisément.
  Ce n'est pas le cas ici, où le dénouement apparaît à la fin de l'épilogue, et où il y a une dernière section qui tient lieu de réel épilogue, Deux ans plus tard.
  C'est que dans les chapitres courts la narration suit une seule personne, tandis qu'elle passe de l'une à l'autre dans l'épilogue.
  Toujours est-il que les 34 sections constituant l'essentiel du récit peuvent se découper ainsi:
- 21 sections où l'assassin se confie, à la première personne
- 13 autres sections, et parmi ces 13 sections il y en a 8 consacrées au récit du commissaire chargé de l'enquête, également à la première personne.
  Donc, 5-8-13-21-34, c'est parfaitement fibonaccien, mais probablement sans intention car il n'y a pas d'harmonie interne séquentielle, les chapitres "assassin" étant prépondérants au début de l'intrigue.
  J'ajoute que l'intrigue se passe de janvier à mai 2008, sans guère de dates précises dans le texte. Je suis très attentif aux romans se passant en 2008 ou publiés en 2008.

  Pour le titre du roman, je vais laisser la conclusion à Dos Santos, toujours au chapitre 34:
— Or le 6 ne fait pas partie de la suite de Fibonacci
—Non, mais c'est un multiple d'un chiffre de Fibonacci. Six est le double de trois.
  Je ne résiste pas à remarquer ici "chiffre" au lieu de "nombre". Il y a de toute façon des fleurs qui obéissent à une suite de Fibonacci double, avec par exemple 6 spirales dans un sens et 10 dans l'autre.

21.5.18

Un coup de pouce égaie le hasard


Chapitre 7: GRIFFE LES AMBIANTES !

  Nemo Vorlan, au nom inspiré par Remo Forlani, faisait aussi partie du projet de 1998. C'était aussi un dramaturge, mais sa pièce se nommait Je vous M, monsieur V, V étant Voltaire, avec certains autres éléments issus du texte de Roussel L'allée aux lucioles, où il est question de Voltaire.   Le titre avait aussi un rapport avec The Long Good-Bye, de Chandler, et son I don't like you, doctor V. Mes souvenirs s'arrêtent là, sinon qu'il aurait été aussi question de trucages électriques.

  Ici, c'est le choix d'un titre qui a été grandement responsable du contenu du chapitre. J'avais un mannequin
G.....L....B......
  J'ai décidé d'avoir un S en finale, ce qui m'a suggéré LES ..B.....S, mais j'aurais du mal à justifier comment je suis arrivé à LES AMBIANTES; ensuite il fallait trouver un mot de 6 lettres débutant par G pour arriver à la gématrie 171, GRIFFE m'a semblé le meilleur choix, et il fallait arriver à justifier ce titre bizarre...
  J'ai parlé ici du roman français imaginé par Leblanc, Paule la pécheresse, devenu PAULE SINNER dans sa traduction anglaise, anagramme d'ARSENE LUPIN. Lupin y a une tigresse apprivoisée, Saïda, laquelle intervient de façon incongrue à la fin du roman pour mettre en déroute les ennemis de Lupin. J'ai donc imaginé le tigre Popaul venant griffer les pêcheresses, devenues des "ambiantes"...

  Depuis 1998 il s'est passé des choses, notamment l'écriture en 1999 et la parution en octobre 2000 de Sous les pans du bizarre, et la découverte pas mal d'années après qu'il était paru en septembre 1999, au moment où j'achevais les Pans, un "romans" intitulé Pandore et l'ouvre-boîte, offrant d'inimaginables collisions avec le mien.
  Je les étudie en détail ici, mais voici une brève présentation des principales.
Dans Pandore
- trois académiciens sont assassinés, avec dans chaque cas un message en grec;
- une grille complète de mots croisés est donnée, avec des définitions concernant Mozart et Rimbaud;
- l'un des académiciens, prénommé Virgile, habite rue Simon-le-Franc, et il est dit "n'avoir écrit aucun de ses livres".
Dans les Pans
- trois latinistes spécialistes de Virgile sont assassinés, avec dans chaque cas un message évoquant un mot latin, le nom d'un dieu grec;
- une grille incomplète de mots croisés est donnée, avec des définitions concernant Mozart et Rimbaud;
- un autre spécialiste de Virgile est soupçonné; il habite rue Simon-le-Franc, adresse que j'avais choisie en pensant au latiniste oulipien Marcel Bénabou, auteur entre autres de Pourquoi je n'ai écrit aucun de mes livres.

  J'imagine qu'il est très difficile d'admettre que des coïncidences aussi précises sont fortuites. Je suis pour ma part obligé de le croire, n'ayant rien su des auteurs en question lors de l'écriture de mon roman, dont je peux prouver que le manuscrit était achevé début septembre 1999.

  Alors mon dramaturge qui vient d'être adoubé quai Conti meurt par l'épée de l'uniforme de l'Académie, comme la première victime de Pandore, il meurt dans sa loge comme la seconde victime, et il habite rue Simon-le-Franc comme la troisième.
  J'ai emprunté quelques autres éléments, comme le chat lapant le sang de son maître (c'était un chien dans l'original). Le nom du siamois, Sibsi, signifie "quatorze" en thai (สิบสี่).

  Voltaire apparaît à plusieurs reprises dans Pandore,  et comme vu supra il apparaissait aussi dans mon projet de 1998, projet interrompu par l'écriture des Pans. J'aurais pu y faire écho en octroyant à Vorlan le fauteuil de Voltaire, le n° 33, mais j'ai préféré le n° 14, au coeur de mon affaire. Il y a aussi Victor Hugo, déjà mentionné et qui le sera encore.

  La scène de Mulholland Drive au club Silentio m'a bien sûr inspiré pour les illusions visuelles et sonores de la pièce de Vorlan.
  J'ai aussi donné au début de la pièce quelque ressemblance avec En attendant Godot, car il y a pas mal d'années j'écoutais en voiture une émission sur Beckett, assez peu attentivement jusqu'à ce qu'il y soit question d'un texte où figurait un cube bleu nommé Silentio... Les intervenants ne semblaient pas connaître Mulholland Drive, où il apparaît aussi un mystérieux cube bleu.
  Je n'ai pas alors trouvé de lien en ligne entre Beckett et David Lynch, je n'en trouve pas non plus aujourd'hui.
  J'ai nommé le cube Inferno en référence à la marelle, allusion à la nouvelle Gravité de Ricardou, récrite sous le titre L'enlèvement, où il s'agit d'enlever la lettre N, au coeur de mon dispositif.

  La pièce débute par le mot "Pollop" (qui s'écrit aussi "polop"), lequel à divers sens, notamment chez Léo Malet "rien à faire", les premiers mots d'En attendant Godot. J'ai eu aussi une pensée pour La prise de Constantinople de Ricardou, débutant par "Rien.", et il me semble intéressant que "pollop" soit un palindrome.

  Les noms des "ambiantes",
Ornella
Vraneska,
Erica
Lolita
forment avec Nemo l'acrostiche NOVEL. Ce sont des marchandes d'amour, LOVE, et la somme des valeurs de leurs quatre noms est
ORNELLA VRANESKA ERICA LOLITA = 77+91+36+69 = 273,
gématrie de arba', "quatre en hébreu, aussi produit de 13x21, mes deux fibos favoris.

  Le réalisateur des effets spéciaux de Griffe les ambiantes! est donc Luca Fellin, un nom que j'avais déjà utilisé dans cette nouvelle. C'est une anagramme de Fulcanelli, offrant quelques échos avec deux célèbres cinématographistes (pardon, cinéastes, je ne suis plus en 1908), George Lucas et Federico Fellini.

  Ce billet étant le 254e de Quaternité, j'ai choisi comme pour mes commentaires précédents de lui donner un titre correspondant à son rang, et, comme il a été pour moi d'une certaine importance que le pouce anglais soit équivalent à 2.54 cm, je suis parvenu à cette formule
Un coup de pouce égaie le hasard = 254.

14.5.18

Deux cent cinquante tro..


  Voici donc ce 253e billet de Quaternité, 253 somme des nombres de 1 à 22, alors que
DEUX CENT CINQUANTE-TROIS
s'écrit avec 22 lettres, mais il faut supprimer les deux dernières pour obtenir la gématrie 253.

  J'en suis arrivé au chapitre 6 de Novel Roman, et à la mort de la 8e victime, Lor Ménavon, 36 jours après la mort du milliardaire V-A Monlorné.
  Cette histoire de l'archéologue perdant sa femme dans une stupide partie de dés était déjà présente dans mon projet de 1998, mais le passage à l'écriture m'a conduit à quelques trouvailles.
  Ainsi la haine du D au point de ne plus pouvoir l'entendre m'a conduit à une évidence: il était impératif que tout le discours de l'infirmier chargé de Lor Ménavon soit un lipogramme en D. Du coup, ce chapitre qu'il ne m'emballait guère d'écrire est devenu un jeu.

  Le prénom du gouverneur de Louxor est une réminiscence de la chanson de Bob Azzam, Mustapha (1960), dont les paroles sont un sabir composé de français, d'arabe, d'italien, d'espagnol, d'anglais, d'hébreu...
  Comme on l'a vu dans d'autres chapitres, HV semble avoir un pied dans le futur, ce n'est pas le moindre trait de sa mystérieuse personnalité.
  HV tire ses exclamations de la gnose valentinienne. Sigê, "Silence", est la parèdre du Propater, le premier éon de l'Ogdoade. Buthos, "Abîme", est le premier éon de la Décade.

  J'ai d'abord pensé à Charif comme nom du gouverneur, pour Charif je t'aime, Charif je t'adore, et puis j'ai opté pour Nahik, le livre dont Frank Giroud a fait le pivot des 11 albums de sa série Le Décalogue, et 11 autres albums des séries connexes.
  Il y a d'une part le fait que Nahik est signé Alan D., anagramme de Nadal (Eugène) son réel auteur, devenu fou en Egypte et exploité par son frère Hector qui le force à écrire pour son compte. Ainsi nahik signifie "Non, Hector" dans la bouche du pauvre Eugène massacrée par le sabre d'un mamelouk. Je me demande si Giroud n'avait pas quelque arrière-pensée, car Nahik est aussi un prénom arabe.
  Mais NAHIK est aussi l'anagramme de KNIHA, "livre" en slovaque.

  Je connais Lorna Doone grâce à un roman d'Ellery Queen, Le quatrième côté du triangle, où une styliste baptise chaque année sa collection par une anagramme de son amant du moment, ainsi RONALD est honoré par la collection LORNA D.

  Curieusement, mon projet initial de 1998 faisait aussi intervenir le lipogramme, mais un lipogramme en T. Dans l'affaire Omar, le mari de sa maîtresse était encore vivant, c'était un infirme inspiré par lord Chatterley dans le roman de DH Lawrence, et qui détaillait dans sa prose toutes les frasques de sa femme. Je m'étais inspiré d'un autre roman de Queen, L'arche de Noé, où la touche T d'une machine à écrire est cassée.

  J'ai encore rendu hommage dans ce chapitre à phrère Laurent, Laurent Cluzel à qui je dois une aide inappréciable, notamment pour l'épisode Daumal.
  En septembre 2015, la curiosité de Laurent l'amenait au blog Madame Tomato d'un.e Japonais.e vivant à Paris, s'intéressant notamment à la rue "Cluzel" (sic, pour Clauzel), et à son numéro 7 ter, dont le porche était surmonté par un curieux caducée, exaltant la lettre H.
  Sa recherche l'avait conduit à un autre blog, aujourd'hui disparu, donnant des détails sur cette sculpture: 
Le bas-relief qui surmonte la porte est une réinterprétation originale  du caducée d'Hermès. Le propriétaire de cet hôtel construit en 1898, Mr. Hamonec, exerçait la chirurgie. Ainsi a-t-il mêlé son monogramme à cette figure. Si le caducée d'Hermès symbolise la médecine en Amérique, en France il représente l'éloquence et le commerce. Etait-ce prémonitoire ? Aujourd'hui un cabinet d'avocats occupe les lieux.
  Laurent avait encore été voir la rue sur StreetView, et y avait repéré un magasin au numéro 9, l'immeuble voisin du 7 ter, Mr Fish.
  Je lui avais fait remarquer la proximité de FISH (dont le gérant se nomme Poisson), et de HAMONEC, anagramme de HAMECON...
  D'où la poissonnerie imaginée  au 9 rue Clauzel en 1908. Je rappelle que le poisson serait le pictogramme à l'origine de la lettre sémitique N.

  Par ailleurs l'introduction de Wagner parmi les nouveaux éléments du roman m'a fait découvrir qu'il avait habité rue d'Aumale, juste en-dessous de la rue Clauzel, d'où l'utilisation de ces deux rues dans ces chapitres 5 et 6.
  Je rappelle que j'ai écrit une nouvelle faisant intervenir Parsifal, L'or du Rhin et ses créatures aquatiques, ainsi que diverses anagrammes dont l'adéquation m'a éplapourdi.

  Tiens, à propos de Mme Tomato, le début de la chanson Mustapha est
Chérie je t'aime, chérie je t'adore,
Como la salsa de pomodori. (comme la sauce tomate)

  La recherche d'un titre en 18 lettres de valeur 171 (avec quelques lettres imposées) m'a conduit à FATALE AUBE EN EGYPTE, ce qui a quelque peu orienté le récit. Je ne sais plus trop ce que j'avais prévu en 1998, je crois que la femme de Menavon se suicidait, je ne suis pas très sûr du prénom que je lui voyais, en tout cas son prénom actuel LORNA couplé au VENOM ("venin") causant sa mort est une nouvelle anagramme NOVEL ROMAN, comme j'essaie d'en caser dans chaque épisode.

  Je n'ai pu résister à la tentation d'introduire Jung dans l'affaire, puisqu'il était à Paris en 1902-03, un peu tard pour le rôle que je lui attribue en 1901, mais la stricte vérité historique n'est pas mon souci primordial.
  Je rappelle que sa carte d'étudiant était établie au nom de Charles Juing, dont les valeurs 66-61 semblent prémonitoires de sa mort, le 6/6/61.
  D'autant que "juing" est une ancienne orthographe de "juin", celle dont se souvient frère Laurent (à moins que ce ne soit une erreur du narrateur).

  Je crois avoir imaginé tout seul cette histoire d'une femme jouée aux dés, mais je crois avoir déjà lu des histoires similaires, avec d'autres jeux, sans pouvoir mieux préciser.
  Comme je le disais ici en 2009, je ne crois pas avoir connu en 1998 la trame du Mahabharata, une guerre entre les Pandavas et leurs cousins les Kauravas, qui, en trichant aux dés, ont gagné l'unique épouse commune aux 5 Pandavas, Draupadi (Débutant par D).
  J'étais parvenu à cette trame en voyant le journal grec TO BHMA dans un téléfilm adapté de Des jours et des nuits, le roman de Sinoué dont Jung est un personnage, ce qui m'avait rappelé une exégèse sur les noms des Pandavas, dont le premier est Bhima.
  Très bizarrement, mon programme de TV donnait pour résumé du téléfilm celui d'un autre téléfilm, où l'un des personnages se nomme Noël Morvan. Deux de mes anagrammes NOVEL ROMAN prévues en 1998, et que je vais réutiliser, sont NOEL NAVROM et MORVAN LEON.

9.5.18

Du Novel Roman à Villers


Chapitre 5 : ELLE CHERCHAIT NOISE
 Elle, c'est Clarissa Abadanlost, qui comme Elisabeth Lovendale dans la nouvelle de Leblanc recherche le volume 14 d'une certaine édition, et plus particulièrement la lettre cachée dans ce volume 14.
  Ces deux Anglaises ont des noms de 18 lettres de valeur 171, comme la somme des 18 premières lettres, avec le N placé en 14e position, mais j'avais forgé le nom de telle manière à ce que les 14 premières lettres aient la valeur 105, somme des 14 premières lettres.
  Il n'était pas trop facile de trouver ensuite 4 lettres de valeur 66, et je m'étais réjoui de trouver LOST, succédant à N, la lettre "perdue".

  J'avais résolu de transformer le jeu que j'attribue à Leblanc, N disparu parmi 18 lettres laisse un blanc entre A-M et O-R, soit AMOR qui additionné à N peut donner ROMAN, en un jeu permettant d'arriver à NOVEL.
  Il fallait donc une édition en 17 volumes numérotés de 5 à 22, sans volume 13, pour que l'omission de N=14 laisse les ensembles 5-12 et 15-22, soit EL et OV.
  J'ai donc imaginé le superstitieux Valmoreno à partir de Nerval, pseudo de même signification.
  Valmoreno est une innovation de 2018, inspiré par la liste Oulipo où le Desdichado de Nerval est un poème fétiche, dont il existe des centaines de récritures recensées ici par Nicolas Graner.
  J'ai imaginé le quatrain suivant, avec quelques échos nervaliens.
Voici que s'est perdu le poisson d'or pérenne,
L'énième et seul gardien de ma noire prison,
L'unique clef ouvrant le jardin de la reine,
La limite arbitrale où finit l'horizon.
  Chaque vers fait allusion à la lettre N:
- "poisson" serait le sens de la lettre sémitique noun;
- "énième" s'écrit aussi Nième et fait référence au Nombre N;
- pour les esséniens N était une "clef";
- "horizoN" finit par un N.

  Par ailleurs le quatrain a 138 lettres totalisant la valeur 1604 selon notre alphabet. 1604 est l'année de la découverte du tombeau de Rosencreutz selon la Fama Fraternitatis, et c'est aussi la valeur des 138 lettres des diverses inscriptions du tombeau (selon l'alphabet latin).

  Je scinde aujourd'hui volontiers 138 en 13-8, deux nombres de Fibonacci auxquels je m'intéressais assez peu en 1998. Je remarque aujourd'hui que le jeu pour obtenir N-OVEL fait que la lettre perdue est  la 13e parmi les 21 lettres cachées dans les 21 volumes.  On peut aussi envisager un partage 13-8 de ces lettres.

  Il y a une autre chose que je n'avais pas prévue. Après coup, je me suis avisé que les 4 lettres initiales des vers, VLLL, étaient aussi des chiffres romains, 5-50-50-50, totalisant 155, ce qui n'est autre que la valeur de ROSENCREUTZ selon l'alphabet Schwenter (un alphabet de 24 lettres, ou IJ sont confondus, de même que UV, mais W en est la  21e lettre).

  C'est cette valeur 155 qu'utilisent Van Houten et Kasbergen dans leur Bach et le nombre, où ils avancent l'hypothèse saugrenue que Bach ait été un initié rosicrucien, ce dont témoigneraient de multiples indices codés dans sa musique. Leurs trouvailles sont cependant si ingénieuses, à commencer par l'analyse des 138 lettres des inscriptions du tombeau de Rosencreutz, que j'ai creusé à mon tour l'oeuvre bachienne, et trouvé à mon tour des relations troublantes, au point de poser des questions allant bien au-delà de leur interprétation.

  J'y reviendrai dans un prochain chapitre de Novel Roman.

  Mes analyses m'avaient conduit à utiliser aussi la valeur 154 des 11 lettres ROSENCREUTZ selon l'alphabet latin, 11x14 que je reliais à BACH=14, et à l'une des premières utilisations de la gématrie latine, lorsqu'un père de l'Eglise reliait au 5e siècle la valeur 154 de ANTICHRISTUS au nombre 616 de la Bête de l'Apocalypse (selon une variante), 616 = 4x154. Il est en outre question du nombre 616 dans le paragraphe 616 de ce texte:
616.Sed haec ad certum computationis numerum discrepare videtur, iuxta quod alii doctores de numero bestiae tractaverunt.  sic enim ait sanctus Victorinus episcopus:  numerus eius, ait spiritus sanctus, nomen hominis est et numerus nominis eius DCXVI, id est Antichristus.

  Comme le Gématron offre aussi la possibilité de calculer la somme des lettres correspondant aux chiffres romains, procédé classique utilisé dans les épitaphes, j'ai eu la curiosité d'y soumettre mon quatrain, et d'en découvrir la valeur 6776, soit 11 fois 616, ou encore 44 fois 154, la valeur que je privilégie de ROSENCREUTZ.

  Je rappelle que ce nombre 616 est réapparu il y a deux ans pour la gématrie du premier message codé dans Le secret dévoilé, message de 11 mots et 56 lettres alors que 616 = 11 fois 56. Dans ce livre est évoqué le tombeau de Rosencreutz.
  La récente découverte d'un sonnet codé dans un texte de Ricardou m'a donné l'envie d'écrire un billet consacré aux différents types de codage utilisés, projet retardé par d'autres découvertes ricardoliennes.
  J'ai constaté dans le précédent billet, 251e de Quaternité, que les trois éléments du nom nouvellement adopté de mon milliardaire mort à 106 ans coïncidaient admirablement avec la fable rosicrucienne:
VALENTIN ANDREAE MONLORNE = 97+48+106 = 251,
permettant d'une part le découpage 97-154 correspondant à
CHRISTIAN ROSENCREUTZ = 97+154 = 251,
selon l'alphabet latin, et 106 l'âge idéal du rosicrucien. 48 ressortirait plutôt du domaine ricardolien...
  Ce billet, qui est bien entendu le 252e de Quaternité, me conduit donc à la forme
CHRISTIAN ROSENCREUTZ = 97+155 = 252,
selon l'alphabet Schwenter, 252 qui apparaît notamment pour Van Houten et Kasbergen dans les Canons de L'Art de la fugue.

  Je consacre ce billet entièrement au chapitre 5 de Novel Roman car je ne sais encore comment vont s'organiser les chapitres 6 à 10, la suite étant déjà bien établie.  
  Le jeu LOVE-N-OVEL m'est encore l'occasion de revenir sur le roman de Benoît Peeters déjà mentionné à diverses reprises, La bibliothèque de Villers (1980), dont de nouveaux aspects me sont apparus récemment.
  Dans ce roman, plus court que beaucoup de "nouvelles", quatre personnes sont assassinées, tous les 25 jours, aux quatre coins de la ville de Villers. Les initiales des victimes sont II, VV, RR, EE.

  La découverte de ce motif géométrique conduit les enquêteurs à s'intéresser à la bibliothèque de la ville, située à l'exact centre de ce quadrilatère, mais ils y découvrent un nouveau mort, le conservateur Lessing.
  C'est au lecteur de comprendre que le coupable est le L-IVRE, la fiction, et de relire le texte pour y constater l'abondance des indices pointant vers les 5 lettres L-I-V-R-E, et vers le nombre 5 et ses multiples.


  J'ai découvert ce livre en 2001, et vu que son dénouement, ou plutôt son absence de dénouement, était fort proche de ce que j'avais prévu pour Novel Roman. Par ailleurs le mot visé était encore un mot de 5 lettres.
  Mais il y a davantage aujourd'hui.
  J'ai relaté ici les circonstances où j'ai découvert en 2001 ce "livre", en relation avec ma signature au Salon du Livre de Sous les pans du bizarre, or c'est la commande ferme de ce roman par Pouy qui m'a fait abandonner le projet Novel Roman.
  Le jeune Peeters, 23 ans lors de l'écriture du livre, était très influencé par le Nouveau Roman et par Ricardou, que Peeters accueillera plus tard dans son équipe aux Impressions Nouvelles, où il a notamment publié Révélations minuscules, où Ricardou a fait se tenir en un espace des plus réduits les lettres "roman novel", sans relation immédiate avec mon projet.

  Il y a encore davantage, et il m'aurait été loisible de le voir dès 2001 car l'idée de former le mot NOVEL par la disparition de la lettre N d'une collection de 17 lettres faisait partie de mon projet de 1998.
  J'avais donc vu que les lettres IVRE aux quatre coins de Villers formaient le mot VIER, "quatre" en allemand ou néerlandais, l'une des langues de Brüssel où vit Peeters. J'avais pris contact avec lui alors, et il avait dénié avoir songé à cette possibilité.

  J'avais vu d'autres propriétés de ces lettres IVRE. Le rot-13 et l'atbash sont les seuls codages alphabétiques simples où une seconde application du procédé redonne le texte d'origine, or selon ces codages
IVRE devient VIER en rot-13 (puis redevient IVRE);
IVRE devient REIV en atbash (puis redevient IVRE).

  L'avant-dernière victime du livre était Edith Ervil. De même que Peeters a extrait l'initiale L de LIVRE pour l'envoyer en queue, ce qui ressemble fort à ce qu'a pu faire Leblanc avec N entre A-M et O-R, j'avais ôté le N de la collection EV pour laisser un vide entre E-L et O-V, or ces lettres forment deux couples atbash EV et LO, si bien que 
OVEL devient LEVO en atbash, de même que
IVRE devient REIV en atbash.
  Ainsi N-OVEL et L-IVRE offrent une même propriété pour leurs quatre dernières lettres, et deux auteurs, sans en être conscients, ont conçu chacun de son côté des intrigues destinées à faire deviner ces deux mots, en faisant tous deux jouer un rôle à part aux initiales des deux mots.
  J'ai introduit une Bénédict Perrot dans mon chapitre pour rendre hommage à Benoît Peeters.

  J'ai eu la curiosité de chercher ce que donnait NOVEL en rot-13, soit ABIRY. Une recherche Google m'apprend que c'est un ancien toponyme du Wiltshire, pour un site mégalithique (aujourd'hui Avebury), et surtout que c'est un adjectif signifiant "chevaleresque" en hébreu moderne. C'est aussi un patronyme.
  Ce mot, אבירי, dérive du substantif אביר, "chevalier", issu d'un adjectif souvent substantivé en hébreu biblique, signifiant essentiellement "fort", "puissant".

  D'abord, ce mot m'a rappelé Le domaine d'Ana (1998), de Jean Lahougue, auteur également publié par Benoit Peeters, mais celui-ci est paru chez Champvallon, ainsi que Clés du domaine, où Lahougue livre les codages de son roman, où sont exploités les centres de diverses manières.
  Il s'agit d'abord des mots au centre des phrases, et j'ignorais alors que Ricardou avait été 10 ans plus tôt un pionnier dans ce domaine. Si Ricardou n'a pas donné toutes les clés de ses textes ainsi codés, dont Révélations circulaires où apparaissent les lettres "roman novel", voir supra, Lahougue a eu à coeur de tout révéler, heureusement car l'un des décodages impose de compter les mots de toutes les phrases du roman, 2775, afin d'en prendre les mots au centre des phrases comptant un nombre impair de mot, et de composer ainsi le roman', constituant un dernier chapitre libérant les héros de l'épineuse situation où ils se trouvaient à la fin du roman.
  A partir du roman', le lecteur acharné peut décoder un épilogue, ou roman'', en prenant les médiales des mots comptant un nombre impair de lettres.
  Ce n'est pas fini, car un roman''' apparaît selon le même principe à partir du roman'', et à partir de cet alexandrin, Le centre a reparu de ce monde pliable, il est encore loisible d'appliquer le même principe pour décoder le mot ANA, dont il n'est pas indifférent que la lettre médiale soit un N, l'une des deux lettres occupant le centre de l'alphabet (et si Lahougue était aussi superstitieux que Valmoreno, il bannirait la 13e lettre M pour avoir N seul centre de l'alphabet).
  Mais voilà, tout auteur qui se lance dans des codages aussi complexes s'expose à des erreurs, de sa part ou de la chaîne éditoriale. Comme je l'indiquais ici, l'une des erreurs est qu'un mot est mal orthographié dans le roman', "mousses" impair est devenu "mousse" pair, en conséquence il manquerait un s au mot "chevaleresque" dans le roman", et ceci influerait évidemment sur les décodages suivants.
  Il n'y aurait ainsi plus d'ANA, alors que le roman en préparation de Lahougue a pris un tournant décisif lorsqu'une thésarde espagnole l'a contacté pour travailler sur son oeuvre, Ana Roman. Et c'est le personnage Ana du roman qui reprend dans le roman'' le cours interrompu d'un chevaleresque récit des temps passés. Et "chevaleresque" est en hébreu abiry, rot-13 de novel... (les codages rot-13 sont communs en ligne, et on y trouve aussi bien ABIRY que EBZNA, rot-13 de ROMAN, ou YVIER, rot-13 de LIVRE, ce qui me fait penser que mon "livre" débute en "yvier", ancienne orthographe de "hiver").

  J'ai donné plus haut le logo de la société d'ingénierie israélienne ABIRY. Jadis, il m'arrivait d'intégrer à mes billets des illustrations en utilisant leurs URLs, et puis j'ai constaté que ces URLs pouvaient disparaître, et donc mes illustrations, aussi j'ai soin maintenant de charger d'abord les images sur mon ordi, avant de les transférer sur Blogger.
  Donc l'image ABIRY avait pour titre logo, et je me suis avisé lorsque je l'ai transférée sur Blogger que j'avais une autre image débutant par "logo" sur mon ordi, logo-cheval3, utilisée dans le billet Queval-Utu en juin dernier.
  Ce billet fait partie de la constellation de coïncidences à laquelle est lié le jeu NOVELROMAN, où le cheval trouve sa place (je rappelle le poème ROMAN AMOR, composé pour Jean Queval par Paul Braffort, occulté il y a quelques jours, le 4 mai).

  Chercher abir et abiry dans mes dicos d'hébreu m'a conduit à une nouvelle curiosité. Peu avant abir dans le Sander et Trenel, page 4, mon oeil a repéré page 2 le verbe abad, dont l'acception principale est "perdre". Il était extrêmement difficile de créer un nom de 18 lettres de valeur 171 avec imposées les 8 premières lettres CLARISSA=82 et les 5 dernières NLOST=80. Il fallait trouver 5 lettres de valeur 9, soit pratiquement obligatoirement AAABD ou AAACC. J'avais choisi ABADA, peut-être avec une pensée pour l'hébreu Abaddon, ange de la Destruction, sans que le sens de abad fût présent à ma conscience, et voici donc que c'est lié à "perdre", comme lost (dans la série Lost un personnage se nomme Abaddon; je rappelle que le quatrième message codé dans Le secret dévoilé est issu de Lost, avec semble-t-il une erreur).

  Une petite chose encore, j'ai choisi la deadline du 16 mars rue d'Aumale car René Daumal est né ce 16 mars 1908.